Une église monopolisant le savoir

Depuis que l’homme a inventé Dieu (c’est-à-dire depuis que l’homme est homme), des interprètes auto-proclamés des Cieux (les prêtres) se sont attribué le monopole de l’éducation.

saint bathélémy

Saint-Barthélémy


L’école laïque de Jules FERRY

En complexifiant les cultes, par exemple en interdisant la traduction des textes en Français, il ont su conserver un pouvoir extraordinaire sur les foules en s’affichant comme les seuls aptes à comprendre le message de Dieu, puis en agitant le torchon du châtiment suprême devant les brebis égarées (celles qui ne suivaient pas à la lettre leur dogme).

Un école du par-cœur

madrassa

Une Madrassa

Cette école était fondée sur l’apprentissage mécanique des textes sacrés ; on apprenait certes à lire et à écrire, mais c’était pour mieux s’imprégner de la bible. L’enseignement était basé sur le « par-cœur », c’est-à-dire sur l’endoctrinement (comme c’est encore le cas aujourd’hui dans beaucoup de régions du monde). On devait connaitre, à la virgule prêt, les Évangiles et les réciter, sans réfléchir. L’Église mettait les livres dangereux « à l’index » (liste des livres interdits), pour être sûre que la faculté de lire fusse utiliser à bon escient. Elle coupait les têtes trop pensantes ; Giordano BRUNO, entre autres, s’en souvient encore.

En s’assurant que la masse ne disposât que d’une seule référence (la sienne) intellectuelle, elle prévenait toute tentative de remise en cause de son pouvoir.

Une forteresse à prendre

VOLTAIRE, le premier, puis les révolutionnaires de 1789 ont cherché à attaquer les fondations de l’édifice. A chaque fois, l’Église s’est relevée, le peuple ayant peur de la liberté (lire à ce sujet La Boétie), préférant à l’inconnu, l’habitude rassurante des prêts-à-penser de l’Église.

Des tentatives timides d’émancipation

Il a fallu plusieurs révolutions (1789-1830-1870) pour venir à bout de ces bonimenteurs accoquinés aux pouvoirs en place, pour rompre cette sainte-alliance du sabre et du goupillon, qui avait fait main-basse sur l’école.

Déjà la Convention républicaine, en 1793, sur une initiative de CONDORCET (lire à ce sujet le Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique), s’était cassée les dents en voulant instaurer l’enseignement gratuit et obligatoire.

On doit sans doute la première brèche dans la digue du Clergé, à LAKANAL, membre de la Convention, qui autorisa l’enseignement « à titre particulier » et donc en dehors du sérail de l’Église.

Si l’Université créée par Napoléon Ier et le secondaire basculèrent plus rapidement dans la laïcité, l’école primaire, quant à elle, resta un bastion fort de l’enseignement religieux, dont les filles, par ailleurs, étaient privées

L’école laïque de Jules FERRY

Conscients que l’Église tenait son pouvoir de l’école, Jules FERRY se lança dans un projet totalement novateur : proposer aux élèves (au sens étymologique du terme : ceux que l’on élève dans l’échelle du savoir) un enseignement fondé sur l’esprit critique. Il s’agissait de généraliser le doute cartésien, apprendre aux enfants à ne rien accepter sans une analyse approfondie.

Les écoles normales

Le premier obstacle à lever fut de former des enseignants, puisque, comme nous l’avons, vu, l’Église, et plus particulièrement les curés, disposaient jusque-là du monopole de l’enseignement. Ce fut par la loi de 1879 que fut créées les premières écoles normales, dans l’objectif de former des instituteurs laïcs, en délivrant les brevets de capacité. En 1880, l’Église fut exclue des instances nationales définissant les programmes.

La gratuité des écoles

Ce fut en 1881 (loi du 16 juin 1881) que l’école prit ses qualités définitives en devenant publique, laïque (à partir de 1885-86), obligatoire (6-13 ans), notamment pour les filles, et gratuite.

L’église résignée

Vu de notre siècle, on a l’impression que l’Église catholique est tolérante, que le Pape fait sans cesse preuve d’ouverture. Il convient de rappeler que ce n’est depuis qu’elle n’a plus le choix, c’est-à-dire depuis qu’elle ne dispose plus du pouvoir absolu sur les âmes, quelle accepte la contradiction et le débat. Avant 1789, elle était aussi intolérante qu’on peut l’être et n’avait rien à envier aux MADRASSAS du Pakistan, abusant des buchés comme la marée-chaussée abuse aujourd’hui des PV.

L’école : meilleur rempart contre l’intolérance

Les évènements de Charlie ont remis sur le dessus de la pile, le dossier de la laïcité. C’est une très bonne chose. Car il faut être intolérant avec les intolérants, en diffusant le savoir dans les moindres recoins du pays, en démystifiant les contes écrits il y a plusieurs millénaires par des mains bien humaines, en apprenant aux enfant à ne rien accepter comme une vérité absolue, en leur enseignant la relativité du bien et du mal, en leur inculquant les valeurs républicaines, en leur donnant le gout de l’autre.

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  1. […] de Jules FERRY fut une étape déterminante puisqu’elle installait l’école publique, laïque, obligatoire […]

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  2. […] l’école de Jules FERRY et les hussards de la République ont un rôle majeur dans la lutte contre le fanatisme. En mettant […]

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