La soif de dominer et celle qui s’éteint la dernière dans le cœur des hommes. Machiavel Le Prince.

Le président Turc ERDOGAN a dû lire le Prince de MACHIAEL (1469-1527).

erdogan

ERDOGAN

Dans l’Italie de la Renaissance, Machiavel offrait à Laurent de Médicis, Prince de Florence, ce petit cours de politique, concentré de cynisme, pour l’aider à conserver son poste. Peu importait les moyens, y compris le plus cruels ; seul comptait la fin : durer, s’accrocher aux ficelles du pouvoir comme un morpion à…

Pour Machiavel, Le Prince doit avant tout se faire aimer par son peuple et utiliser les puissants.

Être aimé et être craint ;  voilà le secret d’un Prince qui dure !

Fossoyeur de l’héritage d’Atatürk

La force brutale comme outil politique

Dans sa volonté d’effacer l’héritage laïc d’Atatürk, le père des Turcs qui après la première guerre mondiale avait mis son pays sur les rails de la modernité et de la laïcité, ERDOGAN suit aujourd’hui à la lettre les conseils de Machiavel :

Il est sans doute très louable aux princes d’être fidèles à leurs engagements ; mais parmi ceux de notre temps qu’on a vus faire de grandes choses, il en est peu qui se soient piqués de cette fidélité, et qui se soient fait un scrupule de tromper ceux qui reposaient en leur loyauté. Vous devez donc savoir qu’il y a deux manières de combattre, l’une avec les lois, l’autre avec la force. La première est propre aux hommes, l’autre nous est commune avec les bêtes ; mais lorsque les lois sont impuissantes, il faut bien recourir à la force ; Un prince doit savoir combattre avec ces deux espèces d’armes. Le Prince de MACHIAVEL

La préparation de la guerre pour se maintenir au pouvoir

Les relations extérieures d’un État voulant survivre doivent être construites sur la méfiance. Machiavel conseille donc à EDROGAN d’être toujours agressif dans ses relations avec les autres États et peu importe les outils  :

“ La patrie est défendue soit par l’ignominie, soit par la gloire, soit par tout autre moyen”. Machiavel Le prince

Un etat stable doit donc disposer d’une armée forte et loyale ! Le Prince doit être un chef militaire.

Le citoyen de Machiavel

Seul compte l’État, l’individu étant à son service.

Le Prince ERDOGAN

ERDOGAN est un sunnite proche des frères musulmans, une confrérie née en Égypte dans les années 50, opposant farouche au nationalisme laïc de  NASSER, qui, comme toutes ces confréries, prône un islam radical.

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ERDOGAN prêt à rétablir la peine de mort : un Prince doit être craint.

Nostalgique de feu l’empire Ottoman, dont le cœur battait à Istanbul et qui domina le monde musulman jusqu’en 1918, ERDOGAN se verrait bien en grand champion du monde sunnite. Et pour atteindre cet objectif, il doit faire sauter le verrou chiite (en fait alaouïte) que constitue le président syrien Bachar Al-Assad.

Obsédé par Bachar Al-Assad

Les ennemis de ses ennemis étant ses amis, il finança, dans un premier temps, le Front Al Nosra, branche d’Al Qaïda en Syrie, pour tenter de déstabiliser Bachar. Puis, en 2014, il favorisa l’éclosion de DAECH, toujours dans le même objectif. Par ailleurs, DAECH affaiblissant les Kurdes du PKK (parti des travailleurs), c’était encore du bonus !

Il refusa de faire partie de la grande coalition internationale, préférant concentrer ses tirs sur le régime syrien, interdisant ses bases aériennes à l’aviation américaine, encourageant le commerce, notamment de pétrole, avec DAECH, abattant même un avion russe allié de Bachar !

Cette position lui permit de se protéger contre les foudres de l’état islamique.

Mais voilà. Le régime de Bachar est toujours-là. Et ERDOGAN sent bien que son principal allié, DAECH, est en train de vaciller. Lorsque l’État Islamique ne sera plus qu’un mauvais souvenir, que restera-t-il de la Turquie d’ERDOGAN ? Un pays isolé sur la scène internationale.

Aussi, vient-il d’opérer un virage à 180°. Excuse auprès des Russes, lien diplomatique rétabli avec Israël.

Obsédé par les Kurdes

Comme tout bon, président turque qui se respecte depuis Atatürk, ERDOGAN voit dans la question kurde le principal élément potentiellement destructeur de l’unité nationale. Les Kurdes, à qui on avait promis une Nation à la fin de la première guerre mondiale, sont devenus le principal atout de la coalition international contre DAECH. Respectueux des droits de l’homme et notamment de la femme, ils sont tout ce qu’Erdogan déteste. La Création d’un etat Kurde au nord de la Syrie serait pour lui un cauchemar. Il constituerait une base arrière pour les séparatistes de Turquie.

La réal-politique

Le revirement déjà évoqué coûte cher à ses compatriotes : DAECH jusque-là complaisant vient de lui passer l’addition… 45 morts et ce n’est sans doute qu’un début. Pas de revendication : EI parie sur l’obsession anti-kurde d’ERDOGAN à qui il espère faire porter le chapeau.

ERDOGAN : une plaie pour le moyen orient. Atatürk, la vrai père de Turc, revient nous parler de Voltaire !

Coup d’État

15 Juillet2016

Quelques militaires, putschistes improvisés, viennent de tenter de lui prendre sa place ! Voilà qu’il réapparaît devant les hordes de ses partisans idolâtres ! Le Prince sait se faire aimer et surtout profiter, à son avantage, des impondérables :

“ Les hommes prudents savent toujours se faire un mérite des actes auxquels la nécessité les a contraints.” Machiavel Le Prince

Il va rétablir les peine de mort pour ses opposants : car le Prince sait aussi se faire craindre. 6000 personnes dorment déjà en prison, des magistrats, des juges, des empêcheurs de gouverner en rond.

Des milliers de personnes ont été arrêtées à travers la Turquie pour leur soutien présumé à la tentative de putsch.AFP

La purge d’ERDOGAN a déjà commencé

Atatürk revient !

Dernière minute ou l’épuration selon ERDOGAN

Epuration. Après le coup d’Etat manqué de vendredi soir, de nombreux fonctionnaires soupçonnés d’être impliqués dans la tentative de putsch ont été renvoyés. Selon CNN Turquie, ils sont plus 8770. Trente gouverneurs, cinquante fonctionnaires, 8 770 policiers… Quelques jours après le coup d’Etat manqué de vendredi soir, des têtes tombent en Turquie. Les chiffres cités, évoqués par CNN Turquie, confirment ce qu’avait annoncé un haut responsable dans la matinée : dans l’ensemble du pays, notamment à Istanbul et Ankara, plus de 8 000 policiers ont été limogés, soupçonnés d’avoir participé au putsch manqué.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des militaires ont tenté de chasser du pouvoir le président Recep Tayyip Erdogan. Des affrontements ont eu lieu à Istanbul, et le chef du parti islamo-conservateur au pouvoir a finalement maté la rébellion. Ces événements, et l’épuration qui les suit, devraient renforcer encore plus le pouvoir du l’homme fort de la Turquie.

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actualité, Turquie

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