Depuis Clovis (481) et l’avènement de la Monarchie de droit divin, les Français de basses conditions avaient accepté une servitude volontaire, bien décrite par la Boétie dans son célèbre discours. Cet état de fait reposait sur un marché de dupes : le Tiers État, qui représentait l’écrasante majorité de la population, apportait aux deux autres ordres (le Clergé et la Noblesse) sa force de travail. En retour, le Clergé lui garantissait une place au paradis et la Noblesse, la sécurité du château et la justice. Nul ne songeait alors à renverser l’ordre établi… Mais la terrible famine de 1788 allait faire vaciller cette Monarchie qui semblait alors éternelle…


Du même auteur

Le roman inspiré de MEIN KAMPF racontant l’irrésistible ascension d’HITLER. Le crépuscule des idéaux, la référence sur l’origine du nazisme, vous plonge dans l’Allemagne d’après guerre, tiraillée par les maux du siècle : le péril rouge et la peste brune

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Bref résumé de la Révolution Française

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Frise chronologique de la Révolution française

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Une introduction par Étienne de La Boétie

La Boétie, dès le XVIème siècle,  s’était étonné de voir les masses asservies par quelques uns.

Chose vraiment surprenante […] : voir des millions de millions d’hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu’ils soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient redouter, puisqu’il est seul, ni chérir, puisqu’il est, envers eux tous, inhumain et cruel. La Boétie. Discours sur la servitude volontaire.

Comment un tel édifice pouvait-il tenir ? Par quel mystère la Noblesse et le Clergé tenaient-ils en laisse un peuple entier ? Pourquoi les paysans acceptaient-ils de servir le Prince alors que, comme La Boétie le disait lui-même, il aurait suffi de ne plus servir pour que le système s’écroulât faute de ressources (apportées par la seule force de travail des paysans) et être libre.

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Scène paysanne par Le Nain

La tradition et l’habitude

La Boétie montra comment ces deux artifices  avait maintenu chacun à sa place.

On ne plaint jamais ce que l’on n’a jamais eu.

La Boétie. Discours sur la servitude volontaire.

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Saint-Louis guérissant les écrouelles

Le gueux était né gueux, comme son père l’avait été avant lui, et le père de son père et ainsi depuis des dizaines de générations. On avait perdu la mémoire du temps où chaque homme était libre. Le gueux n’imaginait pas qu’il puisse en être autrement. Il servait volontiers le Monarque, car il était fasciné par ce personnage qui tenait son pouvoir directement de Dieu. N’était-il pas le lieutenant de Dieu sur terre ? N’avait-il pas le pouvoir de guérir les écrouelles ?

Il aurait suffi pourtant que le gueux misse un terme à cette « servitude volontaire » pour, qu’en un instant, le fragile équilibre vacillât et que la féodalité disparaisse.

 

Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres. La Boétie. Discours sur la servitude volontaire.

Or, pendant des siècles, il n’en fut pas question. Le serf accepta sa servitude. Et 99 pour-cents de la population furent asservis par le dernier pour-cent. Que s’est-il donc passé le 14 juillet 1789 ?  Tocqueville va nous aider à y voir plus clair.

Noblesse et Clergé – des alliés de circonstance

clergé et nobelles

Les trois ordres

La Noblesse et le Clergé avaient mis tout en œuvre pour maintenir ce statu-quo évidemment à leur avantage. Le Roi était adoubé par les autorités religieuses, ce qui lui conférait un caractère sacré que nul ne pouvait ainsi contester. Depuis saint Augustin (La citée de Dieu – Vème siècle), le roi était « de droit divin ». Détenteur du pouvoir temporel, il distillait des privilèges à la Noblesse qui le servait ainsi bien volontiers en retour dans un système d’échanges de bons procédés.

Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté qu’apitoyé par leur sottise. La Boétie. Discours sur la servitude volontaire.

En contre-partie, le Roi, volontiers premier défenseur de la religion chrétienne, octroyait au Clergé l’exclusivité du pouvoir spirituel. Il lui garantissait des privilèges, dont la possibilité de lever l’impôt (la Gabelle).

Les premières fissures

Pour quelle(s) raison(s) ce qui semblait si solide se mit à vaciller ?

Tocqueville, dans L’Ancien régime et la Révolution, a identifié les causes profondes de la Révolution : la servitude volontaire, pilier de la Monarchie, était fondée sur un marché plus ou moins tacite entre les trois ordres :

  • le Tiers-Etat (comme déjà évoqué) apportait sa force de travail ;
  • La Noblesse assurait la sécurité au groupe en entretenant ses talents militaires. Elle rendait également la justice ;
  • Le Clergé, quant à lui, apaisait les âmes ou plus exactement embrigadait les esprits en s’appuyant sur les peurs ancestrales. Il promettait le pire (l’enfer) aux mauvaises ouailles (qui par exemple contestaient l’autorité royale) et exerçait une sorte de police secrète par l’intermédiaire de la confession. Le peuple, alors très croyant, ne pouvait que se soumettre : l’ordre sur terre était à l’image de l’ordre dans le ciel, comme saint Augustin l’avait décrit dans sa Citée de Dieu.

Les « services » assurés par la Noblesse et le Clergé justifiaient leurs privilèges et notamment leur exemption de l’impôt.

Les despotes eux-mêmes ne nient pas que la liberté ne soit excellente ; seulement ils ne la veulent que pour eux-mêmes et ils soutiennent que tous les autres en sont indignes tout à fait. Tocqueville L’Ancien régime et la Révolution.

Louis XIV – le soleil couchant

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Louis XIV

Ce fut Louis XIV qui rompit, sans le vouloir, cet équilibre : échaudé par la Fronde des grands seigneurs vécus par Louis XIII, il décida de rapatrier les potentiels agitateurs (les Nobles) à la cour de Versailles pour mieux les contrôler. La Noblesse d’épées se transforma progressivement en Noblesse de robes. Elle bénéficiait toujours de ses privilèges, mais n’exerçait plus de charges dans les provinces. Ce déséquilibre devint insupportable pour le peuple des miséreux. L’exemption d’impôt devint injustifié. Pour pallier l’absence des Seigneurs dans les provinces, une bourgeoisie éclairée se constitua, notamment pour exercer les charges régaliennes (justice, commerce,…). De cette élite jaillirent les premières lumières et surtout les premières critiques de l’ordre établi : Jean-Jacques ROUSSEAU, VOLTAIRE, CONDORCET, DIDEROT et bien d’autres remirent en question les pouvoirs temporels et spirituels.

Les pères de la Révolution française

La critique porta sur les tyrannies :

  1. politique (exercée par le Roi) et
  2. spirituelle (exercée par l’Église).

Les « anti-monarchie »

Montaigne au XVIème siècle (Des cannibales) avait dénoncé l’absurdité du régime monarchique, où l’hérédité primait sur le talent.  Montesquieu (Les Lettres Persanes), un siècle plus tard, proposa une satire équivalente, les Persans s’étonnant de voir un enfant commander à de vieux sages. Dans (De l’Esprit des lois), il plaida pour une séparation du pouvoir législatif et exécutif, seule garantie contre la tyrannie.

Locke puis Rousseau (De l’origine des inégalités parmi les hommes) dénoncèrent la confiscation du pouvoir par quelques-uns. Dans son Contrat social, Rousseau proposa un régime parlementaire où les lois seraient faites par le peuple, pour le peuple, dans le seul intérêt général. Kant fut également novateur en proposant de définir une morale et donc une justice humaniste (en partant de l’homme) en la débarrassant ainsi de toute dimension religieuse.

Les « anti-religieux »

voltaire

Voltaire

Dès le XVIIème siècle, Voltaire, dans Candide, avait mis la Providence devant ses contradictions. Dans son Traité sur la tolérance, il avait dénoncé l’absolutisme religieux.

Au XVIème siècle, d’Holbach, le Marquis de Sade, Diderot ou l’abbé MESLIER allèrent plus loin en affichant clairement leur athéisme. Ils étaient tous des enfants de Montaigne (Les Essais) et de Spinoza (L’éthique) qui déjà avaient ébranlé sérieusement le dogme chrétien.

Montaigne se disait simplement fidéiste : il était chrétien car était « né en terre chrétienne » et aurait été mahométan en terre d’Islam. L’athéisme n’était plus très loin.

Spinoza refusait un Dieu personnifié (en vieillard barbu). Il assimila Dieu à la nature dans un grand panthéisme : DEUS SIVE NATURA : Dieu ou la Nature.

newton

Newton

Les scientifiques (Kepler, Galilée, Descartes, Newton, Leibniz), en montrant que la nature pouvait être enfermée dans des formules mathématiques, désacralisèrent le monde, débarrassèrent l’Univers de la magie miraculeuse de la Bible. Notons d’ailleurs qu’au moment de la Révolution, tous ces penseurs, à l’exception du Marquis de Sade, étaient morts. La rédaction de L’Encyclopédie, à partir de 1751, fut l’occasion d’une diffusion plus large des idées philosophiques.

Les ferments de la Révolution étaient donc là. Un hiver un peu trop rude (1788) fit le reste. Maximilien Robespierre était alors élève au Lycée Louis-le-Grand de Paris avec Camille DESMOULINS.

Une révolution finalement bourgeoise

La haute-bourgeoisie (Voltaire Danton, Desmoulins, Mirabeau, Marat, Robespierre…) était tout aussi cultivée que la Noblesse et parfois plus riche. Elle fut à l’origine du soulèvement. Le petit-peuple des sans-culotte fut un relai précieux dans les grandes heures (la prise de la Bastille, la prise des Tuileries ou l’élimination des modérés (Les Girondins).

barras

Barras

Toutefois, à partir de 1795, lorsque la situation fut plus ou moins stabilisée, la haute-bourgeoisie (BARRAS) fit son possible pour écarter ce petit-peuple des acquis de la révolution.

Grachus Babeuf, l’auteur de la Conjuration des égaux (1796), le premier vrai communiste, fut le dernier à réclamer l’abolition de la propriété privée. Ce n’était pas concevable pour les bourgeois enrichis et alors au pouvoir.

La Révolution Française s’acheva sur un demi-échec : le Directoire. Une classe de maîtres (les bourgeois) en remplaça une autre (les Nobles), pour le malheur du petit peuple que l’on enferma dans les usines. Les ouvriers remplacèrent les serfs mais restèrent aux service des autres. D’autres révolutions seraient nécessaires !

Bref résumé de la révolution Française

La fin de l’Ancien Régime (1789)

marie antoinette

Marie-Antoinette

1786. Les caisses de l’État sont vides. L’emprunt Necker n’a pas eu l’effet escompté. Tout le monde le sait : une reforme l’impôt est nécessaire, en introduisant dans l’arsenal législatif l’impôt foncier. Mais Louis XVI le sait, cette réforme passera fort mal parmi es Nobles.

Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer.

Tocqueville L’Ancien régime et la Révolution.

Pour les grands propriétaires, bien entendu, il n’en est pas question. Louis XVI décide alors de faire appel à Calonne, un favori de la Reine. Son amitié avec Marie-Antoinette n’est clairement pas un atout, « l’Autrichienne » étant, aux yeux des Français, en grande partie responsable de la crise par ses dépenses pharaoniques. En 1786, Calonne se lance enfin à l’assaut de la forteresse fiscale : un impôt foncier serait payé par tous les sujets, sans exception ! Il fallait s’y attendre, les propriétaires réclament son départ. En 1787, Loménie de Brienne le remplace et tente à son tour l’impossible. Cette fois-ci, c’est le Parlement de Paris qui s’y oppose et Louis XVI envoie la troupe qui est accueillie par des jets de tuiles (journée qui portera le nom de « journée des tuiles »). La convocation des États généraux est alors inévitable. C’est, pour le Tiers État, l’occasion de porter les fameux cahiers de doléance.

Necker est un banquier, auteur d’essais de politique économique à succès. Il est repéré par Louis XVI qui le nomme à la tête du Trésor Royal en 1776. En août 1788, sous la pression de l’opinion publique, il est fait ministre d’État.

Les États Généraux et l’Assemblée Nationale

Le 5 mai 1789, ils sont convoqués au château de Versailles. Le 17 juin 1789, Necker, qui a été rappelé, présente les comptes du royaume (en évitant soigneusement d’évoquer la question des privilèges) et expose sa stratégie.

Les États Généraux – 5 mai 1789

Très déçus, les députés du Tiers État se constituent en Assemblée Nationale. Ils avaient pourtant obtenu le doublement du nombre de leurs députés, mais le maintien d’un vote « par ordre » ne change finalement pas la règle du jeu. Ils refusent, dans un premier temps, de quitter la salle des menus plaisirs, donnant l’occasion à MIRABEAU de clamer son célèbre : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes », le Roi lui répondant : « Ils veulent rester ? Eh bien qu’ils restent ! »

Le 20 juin 1789, les députés de l’Assemblée nationale, sous l’autorité de BAILLY, astronome et futur maire de Paris, prêtent serment dans la salle du jeu de paume : ils jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. C’est le premier affront fait à la royauté.

Le serment du jeu de paume – 20 juin 1789

Jean-Sylvain BAILLY (1736-1793) – Il a rédigé avec Le Chapelier le cahier de doléances pour le compte de la ville de Paris où il exige, en particulier, la destruction de La Bastille. Il assiste aux États Généraux en tant que député du Tiers État, dont il devient le Président. Il est le premier député à prêter serment au jeu de Paume. Il défit directement Louis XVI en refusant d’évacuer la salle des menus plaisirs : Il s’autoproclame alors Président de l’Assemblée Nationale. Il sera nommé maire de Paris par Louis XVI et sera guillotiné en 1793 pour avoir, en 1791, ordonné à la garde républicaine de tirer sur la foule venue réclamer la destitution du Roi (fusillade du champ de mars du 17 juillet 1791).

L’Assemblée constituante et la prise de la Bastille

Le 9 juillet 1789, les députés du Tiers État, rejoints par quelques-uns du bas-Clergé, vont plus loin en transformant l’Assemblée Nationale en Assemblée « Constituante », c’est-à-dire qu’elle a vocation à donner à la France une nouvelle Constitution.

Le 14 juillet 1789, le symbole de l’arbitraire royal, la prison de la Bastille, est prise par le peuple en furie, remonté par les discours enflammés de Camille DESMOULINS, un jeune avocat du club des Cordeliers, monté sur une table au palais-Royal

 » Citoyens, le renvoi de Necker est le tocsin d’une Saint-Barthélémy des patriotes. Ce soir même, tous les bataillons suisses et allemands sortiront du Champ-de-Mars pour nous égorger ; il ne nous reste qu’une ressource, c’est de courir aux armes. » Camille DESMOULINS

Description de cette image, également commentée ci-après

La prise de la Bastille – 14 juillet 1789

Les gardes suisses sont massacrés pour l’occasion. Six prisonniers sont libérés. Le gouverneur, Bernard René Jourdan, marquis de Launay, termine la tête tranchée par un boucher et exhibée au bout d’un pique. Le Roi, revenant de la chasse bredouille, note dans son agenda « 14 juillet : rien ». Il nomme La Fayette, le héros de l’Amérique, commandant de la Garde Nationale et Bailly maire de Paris. Il accepte de porter la cocarde tricolore (le blanc de la royauté entouré du bleu et du rouge, les couleurs de la ville de Paris).

La prise de La Bastille marque la première vague de départ des Nobles pour l’étranger, constituant ainsi les premiers bataillons des « exilés ». Elle marque également la naissance de la commune de Paris, suite à l’assassinat du maire en place (Jacques de FLESSELLES) et de son remplacement par Jean-Sylvain BAILLY, ami de GUILLOTIN, dont l’outil affuté tranchera la tête deux ans plus tard.

Camille DESMOULINS – Avocat au barreau de Paris, il a connu Robespierre au lycée Louis-le-grand. Dès juin 1789, il attaque la Monarchie dans un pamphlet (La France libre). C’est lui qui ameute la foule dans le jardin du Palais-Royal, avant la prise de la Bastille. Il fait partie du Club des Cordeliers et écrit d’autres pamphlet dans « la Lanterne ». Il est lié à Danton et s’opposera progressivement à Robespierre. En pleine terreur, il sera partisan de la clémence ce qui le conduira à l’échafaud en 1794.

Le 4 août 1789 : l’abolition des privilèges et la fin de l’Ancien régime

Le 4 août 1789, les privilèges sont abolis par l’Assemblée. Deux nobles se joignent à la fronde : le vicomte de Noaille et le duc d’Aiguillon. Tous les citoyens sont désormais égaux en droits et en devoirs. Il convient toutefois de noter que la haute bourgeoisie, philanthrope mais pas trop, a veillé, à cette occasion, à préserver le droit à la propriété privée.

Le vicomte de NOAILLE – Il représente la Noblesse (Nemours) lors des États Généraux. Mais il a cette particularité de pencher en faveur de l’abolition des privilèges ! Lors de la nuit du 4 août 1789, il aura un rôle déterminant. Malgré cette originalité, et après avoir exercé des fonctions dans les armées révolutionnaires, il sera, comme beaucoup, suspecté, et devra s’exiler aux États-Unis.  Sa femme restée en France sera guillotinée.

Bref résumé de la révolution Française

Le 26 août 1789, est votée la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen

On y retrouve les grands principes des démocraties modernes, inspirés notamment de Montesquieu (De l’Esprit des Lois), de Kant et surtout de ROUSSEAU qui, dans son Contrat Social, définit la liberté comme étant l’obligation de respecter les lois que l’on s’est prescrites. L’homme étant un loup pour l’homme, l’état de nature le conduit à une guerre perpétuelle avec ses semblables. Il y est par ailleurs vulnérable en raison de ses faibles dons naturels. Il est donc contraint à la vie en société. Pour permettre cette vie en société, il doit renoncer alors à sa liberté naturelle : à son instinct violent qui le pousse à servir d’abord son intérêt. En retour, il reçoit la sécurité offerte par le groupe. Des lois sont alors là pour éviter que les forts n’abusent des faibles et pour défendre exclusivement l’intérêt général. Le monopole de la violence est confiée à l’autorité publique (la police) en vue de protéger la société et l’intérêt général. Chaque citoyen peut vivre comme il l’entant sous réserve du respect de ces lois.

La déclaration du 27 aout 1789 grave dans le marbre ses grands principes. On retrouve en effet :

  • le principes d’égalité entre les citoyens ;
  • le droit d’association (ce qui légitimisme la création des partis politiques) ;
  • la liberté de circulation ;
  • une définition de la liberté (inspirée de Kant) qui repose sur le droit de tout faire sous réserve que cela ne nuise pas à autrui ;
  • l’objet du droit qui consiste à protéger la société. La justice n’a plus qu’un seul référentiel : la Loi. C’est l’enterrement du « fait du Prince » ;
  • le fondement des lois exclusivement basé sur l’ intérêt général
  • le principe de laïcité
  • la liberté d’expression
  • l’instauration d’une force publique, dépositaire unique du droit à la violence, dans le seul but de faire respecter les lois.

Quelques remarques sur cette déclaration :

Il est précisé, dans son préambule, qu’elle est rédigée sous les auspices de « L’Être suprême » (inspiré par Robespierre ennemi juré de l’athéisme). Le chemin vers la laïcité est donc encore long et ne s’achèvera qu’en 1905 avec la Loi sur la séparation de l’Église et de l’État. Le droit de propriété est garanti. On voit ici que la Révolution est avant tout bourgeoise : 30% des députés du tiers étaient avocats (dont Danton, Robespierre et Desmoulins), le reste étant des médecins, des commerçants. Le droit à la sûreté est également assuré. Il s’agit là de mettre fin aux lettres de cachets dénoncées par Voltaire qui permettaient au prince de procéder à des arrestations arbitraires.

L’échec de la monarchie constitutionnelle (1789-1792)

Les 5 et 6 octobre 1789, face à l’inertie de Louis XVI et la famine qui sévit, les femmes de Paris organisent spontanément une marche sur Versailles. C’est à cette occasion que Marie-Antoinette propose, de son balcon, de « la brioche » aux Parisiennes. Elle est mise en joue. Mais c’est aux cris de Vive le roi que Louis XVI et sa famille sont ramenés à Paris au château des Tuileries. Le peuple ne désire pas encore la fin de la royauté. Il a juste faim. Il ramène à Paris :  » Le boulanger, la boulangère et le petit mitron ».

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Marche des femmes sur Versailles – 5 et 6 octobre 1789

Le 12 juillet 1790, la Révolution s’attaque au clergé. L’assemblée vote la Constitution civile du Clergé. Les prêtres doivent prêter serment à la Constitution sous peine d’être qualifiés de « réfractaires ». Les biens sont vendus pour renflouer les caisses de l’État.

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Fête de la Fédération – 14 juillet 1790

Le 14 juillet 1790, un un après la prise de la Bastille, est fêtée la fédération au Champ-de-Mars. L’ambiance est à l’union nationale. On y voit (sur le Tableau de Charles Thévenin ci-dessus) le Roi (sur l’escalier à droite), la Reine (au bas du même escalier) portant le Dauphin, Talleyrand, évêque d’Autun, mais aussi Athée assumé, célébrant la Patrie (à la gauche du Roi), La Fayette, commandant de la garde nationale, sur son cheval blanc (au centre), les 83 députés (à droite) et la foule des Parisiens. La Fayette s’exprime le premier :

« Nous (les gardes nationaux) jurons de rester à jamais fidèles à la nation, à la loi et au roi, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le roi et de protéger conformément aux lois la sûreté des personnes et des propriétés, la circulation des grains et des subsistances dans l’intérieur du royaume, la prescription des contributions publiques sous quelque forme qu’elle existe, et de demeurer unis à tous les Français par les liens indissolubles de la fraternité ». La Fayette

La France est toujours monarchiste. Le Roi poursuit

« Moi, Roi des Français, je jure d’employer le pouvoir qui m’est délégué par la loi constitutionnelle de l’État, à maintenir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par moi et à faire exécuter les lois». Louis XVI

Et enfin la Reine en montrant le Dauphin conclut :

« Voilà mon fils, il s’unit, ainsi que moi, aux mêmes sentiments». Marie-Antoinette

Bref résumé de la révolution Française

La fuite de Varennes (21 juin 1791)

Louis XVI se sachant de plus en plus menacé, sur les conseils de la Reine, prend une décision qui précipitera sa perte et la chute de la royauté : il quitte les Tuileries en cachette pour tenter de rejoindre les Monarchies sœurs de l’est (notamment l’Autriche) où les exilés organisent la contre-révolution. Le Roi reconnu est arrêté à Varennes. Jusque-là bienveillante, la population se sent trahie. Sa fin est maintenant programmée. Les jours de la monarchie sont comptés.

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Fuite de Varennes – 21 juin 1791

La fusillade du Champ-de-Mars (17 juillet 1791)

De là née un déchirement entre :

  • d’un côté le peuple (appuyé par les Cordeliers et les Jacobins) qui veut l’instauration immédiate de la République et,
  • de l’autre, l’Assemblée qui veut rétablir le Roi dans ses fonctions.

La fiction de son enlèvement est alors mis en place par les seconds (dont La Fayette) et reprise par l’Assemblée.

Le 17 juillet 1791 une foule excitée par Jean-Paul MARAT se rassemble au Champ-de-Mars.

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Fusillade du champ de mars 17 juillet 1791

L’Assemblée constituante demande alors à la municipalité de Paris de rétablir l’ordre ! C’est un tournant majeur de la Révolution. On ne sait pas d’où est parti le premier coup de feu, mais on compte 50 morts. La Fayette, qui a commandé la garde nationale sous l’autorité de BAILLY, est affaibli. La rupture est consommée entre les partisans de la République et ceux de la Monarchie constitutionnelle (regroupés dans le club des Feuillants). BAILLY prend peur. Il démissionne. Il quitte Paris et se cache en province où le tribunal révolutionnaire le rattrapera en 1793, avant de le raccourcir sur le Champ-de-Mars, lieu de ses exploits meurtriers. Il est remplacé par Piéton.

La Patrie en danger (5 juillet 1792)

Le 20 avril 1792, la France révolutionnaire déclare la guerre à l’Autriche. Les défaites françaises se succèdent et bientôt la Prusse rejoint l’Autriche dans une coalition contre-révolutionnaire. Le Roi renvoie les ministres girondins et les remplacent par des Feuillant (favorables à la Monarchie). Les Exilés attisent la révolte aux frontières avec le soutien des Monarchies. Le 11 juillet 1792, l’Assemblée législative déclare alors, sur l’initiative de Danton, « la Patrie en danger », ce qui permet de mobiliser des troupes. Par le Manifeste de Brunswick, sont promises les pires représailles aux Parisiens si le Roi et sa famille venaient à être menacés.

La prise des Tuileries (10 aout 1792) ou la deuxième révolution

Danton, président du club des Cordeliers, mène, avec ses amis Robespierre, Desmoulins et Marat, le bal de cette nouvelle révolution qui, cette fois-ci, veut aller à son terme en se débarrassant de la Monarchie. Après la provocation autrichienne, la réaction des Parisiens ne se fait pas attendre. Des fédérés arrivent de toute la France pour rejoindre les armées révolutionnaires. Piéton, le 3 août, demande à l’assemblée l’abolition de la Monarchie. Le 10 août 1792, sous l’impulsion de la commune « insurrectionnelle » de Paris, les Parisiens prennent les Tuileries en massacrant les centaines de gardes suisses affectés à sa protection.

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Prise des Tuileries – 10 août 1792

La famille royale est maintenant prisonnière et trouve refuge à l’assemblée nationale. Puis, elle rejoint sa dernière geôle à la prison du Temple. Le Roi est suspendu. On entre alors dans une période de vide politique. L’assemblée législative assure la gestion des affaires courantes. Pour pallier à la disparition soudaine de l’exécutif, un conseil exécutif provisoire est mis en place. La Convention, inspirée du modèle américain, va prendre le relais de l’Assemblée.

Le 10 aout 1792 voit également apparaitre une ligne de rupture entre :

  • la vision « sans-culotte » de la Révolution, une gauche démocrate et égalitaire, portée par les Montagnards Marat, Robespierre, Pétion, Collot d’Herbois et d’autres, qui visent une égalité absolue, voire la fin de la propriété privée et une mise en commun de tous les biens ;
  • et une vision « bourgeoise », portée par les Girondins de Brissot et les Feuillant, dont La Fayette, mais aussi Mirabeau, Duport, Barnave, Lameth qui aimeraient consolider les acquis et terminer ici la Révolution.
 dantonGeorges DANTON – Il est au début de la révolution plutôt royaliste. Il assiste aux États Généraux pour le compte du district de l’église des Cordeliers. Il prend le train révolutionnaire en marche : en avril 1790, il créée la Société des Amis des Droits de l’Homme et du Citoyen. Farouche avocat de la liberté d’expression, il exige après Varennes l’instauration de la République. Il est mis en cause (avec Marat) lors de la fusillade du Champ-de-Mars (17 juillet 1791), où meurent des sans-culottes portant une pétition au club des Cordeliers demandant la déchéance du Roi. Il s’exile en Angleterre puis revient à Paris où il est mis hors de cause. Il devient ministre, son apothéose, et s’attache à stopper les invasions étrangères. Il galvanise le pays autour des idéaux de la Révolution en clamant son célèbre : « Pour vaincre l’ennemi, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! ». Il devient numéro 2 de la Convention auprès de Robespierre. Mais il préfère les sièges de l’assemblée et décide de s’installer sur les bancs de La Montagne d’où il tente un rapprochement avec à La Gironde.Il reste attaché à la Monarchie et souhaite sauver le Roi. Peine perdue, alors il vote la mort. Il parvient à organiser la grande armée révolutionnaire (300 000 hommes), et créée le tribunal révolutionnaire et le comité de salut public (1793), dont il devient le Président. La trahison de Dumouriez (le vainqueur de Valmy), les défaites en Vendée (contre les Chouans), ses négociations supposées avec l’envahisseur et la Monarchie, dressent contre lui Robespierre, Saint-Just et Marat. Il est écarté du comité. Sa fuite de Paris laisse le champ libre aux partisans d’Hébert et de Robespierre qui diffusent, aux Cordeliers, des idées socialistes qui ne plaisent pas au bourgeois qu’est encore Danton. Son opposition, à la terreur va sonner sa perte et il dira : « mieux vaut cent fois être guillotiné que guillotineur ». Il meurt le 5 avril 1794.

Les massacres de septembre 1792

Effrayé par le risque de complots royalistes et le risque d’invasion prusso-autrichienne, le peuple, excité encore une fois par MARAT, se livre, entre les 2 et 6 septembre 1792, à des massacres, notamment dans les prisons où les Nobles sont retenus. A Paris, on compte 1 300 morts. Une radicalisation des positions révolutionnaires est en marche. Marie-Thérèse de LAMBALLE, confidente de la Reine, est mise en pièces et présentée à la fenêtre de Marie-Antoinette au bout d’un pique, comme le veut la tradition révolutionnaire.

Massacres de septembre

La princesse de Lamballe face à son destin le 4 septmebre 1792

La victoire de Valmy (20 septembre 1792)

Le 20 septembre 1792, Dumouriez et Kellerman remportent la victoire de Valmy face aux troupes prussiennes venues rétablir le Roi dans ses fonctions.C’est la première victoire révolutionnaire qui inaugure des gains importants de territoires dans les Flandres, en Prusse et en Italie. Il est alors question de propager partout en Europe les idées de la Révolution.

Victoire de Valmy – 20 septembre 1792

La Convention (21 septembre 1792)

L’an I de la République Française

Se met alors en place une nouvelle organisation au sommet de l’État. L’Assemblée Législative est dissoute et la Convention (en fait une assemblée constituante qui vise à donner à la France une organisation républicaine) la remplace. Dès sa première séance, la Convention abolit la royauté après les interventions de Collot d’Herbois et de l’abbé Grégoire qui déclarent : « Les rois sont dans l’ordre moral ce que les monstres sont dans l’ordre physique. Les cours sont l’atelier du crime, le foyer de la corruption et la tanière des tyrans. L’histoire des rois est le martyrologe des nations ». Le lendemain, l’An I de la République est proclamée. Élue au suffrage universel, elle est constituée essentiellement de trois groupes :

  • les Girondins (160 député modérés), placés à droite, hostiles à la dictature centralisatrice des Jacobins (dont ils ont fait partie avant de s’en détacher en 1792) ; Brissot en est leur leader ; on y retrouve des figures comme Condorcet ; ils s’appuient sur les milieux d’affaires et freinent toutes idées trop égalitaires ; ils sont partisans des guerres de conquête révolutionnaires ; ils veulent éviter un procès du Roi susceptible de ranimer le feu contre-révolutionnaire ; ils sont partisans d’une déclaration de guerre aux états contre-révolutionnaires ;
  • la Plaine (ou le Marais, fort de 400 députés), placé au centre. Ils sont menés par Sieyès, Cambacérès et Boissy d’Anglas :
  • et les Montagnards(140 députés), placés à gauche, proches des sans-culotte ; un Triumvir est à leur tête, constitué par Danton, Robespierre et Marat. On y trouve aussi Desmoulins, Saint-Just, Fouché, Couthon, Collot d’Herbois, le duc d’Orléans (Philippe Égalité, cousin du roi) ; le club des Jacobins inspirent les idées extrêmes de la Montagne ; ils sont opposés (notamment Robespierre) à la guerre à l’extérieur des frontières, mettant la priorité à la lutte contre l’ennemi intérieur.

Les Jacobins – Il s’agit d’un club dont le rôle fut majeur dans les orientations prises par la Révolution. Il a eu successivement plusieurs appellations : Le club des Bretons, puis la Société des amis de la Constitution et enfin club des Jacobins, du nom du Couvent des Jacobins tout proche. Couthon dit de lui : « C’est ici que s’est préparée la Révolution, c’est ici qu’elle s’est faite, c’est ici que se sont préparés tous les grands événements ». Son influence se fit sentir au cours de la période 1792 et 1794, comme soutien du Comité de salut public et de Robespierre. il bénéficia de plusieurs milliers de relais dans toute la France. Il fut dissous en 1794 après la chute de Robespierre.

Les armées révolutionnaires marquent le pas. La Belgique est notamment perdue. Un débarquement anglais est attendu. Les Girondins lancent alors une conscription de 300 000 hommes pour le mois de mars, ce qui va être à l’origine de foyers insurrectionnels, contre-révolutionnaires, notamment en Vendée (les Chouans). Saint-Just demande la parole à la Convention. Il termine son long discours par « un roi doit régner ou mourir ». L’idée est lancée. Elle enverra le Poi à l’échafaud.

Le procès de Louis XVI (10 décembre 1792)

Le coffre des Tuileries

Les Montagnards, placés à gauche (le terme restera dans la politique française) de la Convention, mènent le combat en vue d’obtenir la mort du Roi qui sera votée par seulement 10 voix de majorité. Ils s’appuient sur les preuves irréfutables de sa trahison trouvées dans un coffre aux Tuileries.

procès de Louis XVI

Procès de Louis XVI – 10 septembre 1792

N’est il pas scandaleux que le Roi ait été jugé par une assemblée ne disposant pas du pouvoir judiciaire et donc par ses propres accusateurs ?

La mort du Roi ( 21 janvier 1793)

Devant l’échafaud, Louis XVI lance « « Nous voilà arrivés, si je ne me trompe ?  » Puis, il tente de s’adresser à la foule : « Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. » Mais les roulements de tambours sont commandés pour couvrir ses derniers mots. On lui tranche la tête. Officiellement, la France n’a plus de Roi.

L'exécution de Louis XVI d'après une gravure allemande.

Exécution de Louis XVI – 21 janvier 1793

Ce n’est que le début d’une longue série d’étêtages que le bourreau Sanson va exécuter de manière professionnelle. L’exécution achève de dresser l’Europe entière contre la France dans une première coalition. Menacée à ses frontières, la Convention inaugure alors une politique violente de répression.

Le tribunal révolutionnaire (10 mars 1793)

Inspiré par Robespierre, Danton, le ministre de la justice, créée le tribunal révolutionnaire. Il a pour cela obtenu le soutien des girondins de Brissot sous réserve de l’arrestation de Marat. Fouquier-Tinville en devient l’accusateur public. Deux sentences peuvent alors être prononcées : l’acquittement et, le plus souvent, la mort. Danton déclare à cette occasion :  » Soyons terribles pour dispenser le peuple de l’être.  » La terreur a commencé ! Hébert, le fondateur du Père Duchesne, est l’un des plus farouches avocats de l’extrémisme révolutionnaire. Il tombera lui-aussi sous l’accusation de complot monarchiste ! Marat est arrêté mais acquitté. La guillotine est sortie des remises et va fonctionner sept jours sur sept place de le Révolution (actuelle place de la Concorde). Mécontents, les riverains incommodés par l’odeur du sang, réclameront plusieurs fois son déménagement.
 Jacques Hébert (1757-1794) – Il est le fondateur du Père Duchesne (1790). Il exerce ses talents au club des Cordeliers (1791). Il est nommé substitut du procureur de la Commune de Paris en 1792 et devient le porte-parole de la « sans-culotterie ». Il est l’un des artisans de la Terreur et un farouche partisan de la déchristianisation. Il est guillotiné en mars 1794.

Le Comité de Salut Public (6 avril 1793)

Comité Danton (avril à septembre 1793)

La Convention met en place, pour plus d’efficacité, un gouvernement révolutionnaire : le Comité de Salut Public qui vise à prévenir le risque de guerre civile (notamment en Vendée) et d’invasion par les armées étrangères. Danton, homme fort de La Montagne en est dans un premier temps l’homme fort. Mais en juillet, il semble vouloir prendre du recul. Sent-il dans son cou se rapprocher le souffle du couperet ou souhaite-t-il profiter de sa nouvelle épouse ? Marat, quant à lui, est retrouvé dans sa baignoire, assassiné par Charlotte CORDAY, le 13 juillet 1793.

Comité de l’an II (septembre 1793)

La pression des sans-culotte (90 000 hommes investissent la Convention le 2 juin) va faire entrer les Montagnards au comité : Couthon, Robespierre, Billot-Varennes et Collot d’Herbois. La constitution d’un nouveau comité (dit de l’an II) en septembre est inévitable.

Barrère, un proche de Robespierre, inaugure la terreur par cette phrase terrible : « On ne gouverne pas en temps d’exception selon les méthodes normales : il faut donc accepter les moyens révolutionnaires. La bourgeoisie ne peut s’isoler du peuple : il faut donc satisfaire ses demandes. Mais la bourgeoisie doit demeurer l’élément dirigeant dans cette alliance : la Convention doit donc prendre l’initiative des mesures révolutionnaires. »

Bref résumé de la révolution Française

La triste fin des Girondins (octobre 1793)

On impute aux Girondins les défaites militaires du printemps 1793. Les Girondins se sentent menacés et contre-attaquent. La Montagne, sous l’impulsion de Robespierre, fait alors appel aux sans-culotte (dont Hébert est le membre le plus  influent) et leur demande « de se mettre en insurrection contre les députés corrompus ». C’en est fini de la Gironde : Vingt-neuf de leurs députés sont arrêtés puis vingt et un sont guillotinés le 31 octobre 1793, dont Vergniaud et Brissot. La Montagne a gagné.

Les têtes tombent par milliers (Marie Antoinette, Danton, Desmoulins)

La lame de Sanson s’abat finalement sur la tête de la reine. Marie-Antoinette, que l’on, avait accusé d’avoir ruiné le royaume. Crllr que l’on appelait vulgairement l’Autrichienne meurt le 16 octobre 1793.

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Marie-Antoinette en route pour l’échafaud – 16 octobre 1793

La lame à peine remontée, retombe sur la tête de plusieurs dirigeants Girondins le 31 octobre suivant. Parmi eux, on trouve les premières têtes pensantes de cette révolution qui, depuis longtemps, a perdu son âme. Robespierre, le membre le plus influent du comité de salut public, met en place la terreur. Le 5 avril 1794, Danton, Camille Desmoulins et leurs amis, accusés d’attaquer le comité, sont arrêtés et guillotinés. DANTON a été affaibli par la trahison du général Dumouriez dont il était le soutien. Face à ses juges, gardera sa superbe en déclarant : « Moi vendu ? Moi ! Un homme de ma trempe est impayable ! ». Puis, interrogé sur ses nom, prénom et domicile, il déclare : « Bientôt dans le néant, et mon nom au Panthéon.» Robespierre a nettoyé la Convention et le Comité des « factions ennemies, des comploteurs et des scélérats ». Appuyé par des fanatiques comme Saint-Just ou Couthon, il a les mains libres pour gouverner en quasi-dictateur, par la terreur.

Bref résumé de la révolution Française

Gloire et déchéance de Robespierre

robespierre

Robespierre

Chasser la religion par la fenêtre, elle revient par la porte : Robespierre, tente, à l’occasion de la Fête de l’Être Suprême, 8 juin 1794, d’installer une nouvelle religion. Il se perd dans ses contradictions. Bientôt, ses opposants se font plus nombreux, las de la terreur et des têtes coupées. Les 27 et 28 juillet 1794 débute ce que l’histoire retient sous le nom de « Complot du 9 Thermidor ». Robespierre tente de s’enfuir, mais son sort fatal est déjà décidé. Il reçoit un coup de chevrotine dans la mâchoire. Et c’est avec un visage enlacé dans un linge blanc rougi par le sang de l’incorruptible, que Robespierre, accompagné de Saint-Just monte sur l’échafaud. Son exécution marque la fin de la terreur et le début d’une révolution bourgeoise, une période au cours de laquelle les grands bourgeois, comme Barras, tentent de consolider les acquis et de prendre à leur compte les destinés du royaume. Les sans- culotte sont mis à l’écart. Le 22 août 1795, La Convention s’achève avec la Constitution de l’an III et la mise en place d’un Directoire.

L’arrestation de Robespierre, la mâchoire fracassée par un tir de pistolet .

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La fin de Robespierre à l’hôtel de ville

Dernières braises royalistes

La guerre aux frontières est loin d’être terminée, ce qui contraint la République à s’engager dans une politique d’apaisement avec les ennemis royalistes de l’intérieur, notamment avec les Chouans de Charette et Stofflet. Des émigrés tentent en vain de prendre pied en Bretagne. On assiste alors à un renouveau royaliste qui se traduit par la présence de candidats aux élections pour la reconstitution du corps législatif qui prend la forme de deux nouvelles assemblées :

  • le Conseil des Cinq-Cents et
  • le Conseil des Anciens.

Les Royalistes sont donnés vainqueurs, ce qui pousse la Convention (dite thermidorienne) à réserver des postes à ses partisans. Les Royalistes sont furieux et menacent Paris. Le premier fait d’arme d’un jeune général sans commandement, Napoléon BONAPARTE, permet d’arrêter à la mitraille une foule royaliste furieuse qui avait investi les rues de Paris. Nous sommes le 5 octobre 1795. La Convention l’emporte par la force.

Le Directoire (26 octobre 1795)

L’exécutif est quant à lui confié à un Directoire où figurent notamment Barras et Carnot. Mais le feu reprend en Vendée ce qui pousse les armées révolutionnaires à intervenir. Charette et Stofflet sont arrêtés et fusillés. La crise financière, à l’origine de la Révolution, n’est toujours pas réglée et le Directoire commence à emprunter au bey d’Alger. Seul le pillage des territoires occupés (notamment en Italie où avance le général BONAPARTE qui vient de chasser les Autrichiens) permet à l’argent de rentrer dans les caisses de l’Etat.

La naissance du communisme

En décembre 1795. BABEUF créée le parti plébéien, ancêtre du parti communiste, dont le programme tient dans le Manifeste des Égaux, sans équivoque :

  • égalité « des jouissances » absolue entre les citoyens ;
  • la fin de la propriété privée ;
  • communauté des biens et des travaux.

Les plus pauvres, bien entendu, accueillent favorablement son Manifeste. Mais tout s’écroule en 1796. Il est arrêté et jugé et exécuté en mai 1797. La Révolution reste bourgeoise et les propriétaires cherchent à consolider leurs biens acquis.

Les Jacobins éteignent les dernières braises royalistes

En mars 1797, les élections sont une nouvelle fois favorables aux royalistes qui ont rallié des déçus de la révolution comme Carnot (l’ancien directeur) et le général Pichegru qui prend la présidence des cinq-cents. Un marquis (Barthélemy) fait même son entrée au Directoire. Barras, qui a remarqué Bonaparte lors du soulèvement royaliste de 1795, fait appel au commandant général de l’armée d’Italie pour remettre de l’ordre dans les idées révolutionnaires. Augereau est alors envoyé par Bonaparte pour investir les Assemblées. Pichegru, Carnot et Barthélemy sont arrêtés. La chasse aux royalistes est relancée. On tue à nouveau du prêtre réfractaire et le pape est arrêté par Bonaparte qui en profite pour établir la république romaine. Le Directoire tente d’effacer définitivement le religieux de la vie publique. Bonaparte sauve encore le Directoire en entrant avec ses armées dans le Tyrol autrichien. L’Autriche réclame la paix et un traité est signé à Campoformio. Des républiques sœurs sont installées en Italie, en Suisse, puis aux Pays-bas (République Batave). Bonaparte, grisé par ses succès, veut couper la route des Indes aux Anglais et s’attaque donc à l’Égypte. Mal lui en prit puisque la flotte française est détruite à Agadir en aout 1798. Sieyès, nouveau directeur, et Barras grenouillent en secret à partir de 1799 pour consolider le pouvoir jacobins. Mais c’est le retour de Bonaparte qui va donner un coup d’accélérateur aux deux hommes forts du Directoire.

Le Coup d’État du 9 et 10 novembre 1799

Le commandement militaire de Paris est confié à Bonaparte qui contrôle les assemblées à l’aide de ses armées.

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Coup d’Etat du 18 brumaire

Le Directoire est aboli pour laisser place au Consulat. Bonaparte devient le premier Consul.Bonaparte a sauvé la révolution en donnant au pays des marges de manœuvre financières par ses conquêtes, en soumettant l’Autriche et en instituant un pouvoir fort, sans renier (dans un premier temps au moins), les idéaux de la révolution.

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Quelques réflexions

La Révolution s’achève sur un demi-échec. Certes la Monarchie n’existe plus mais les idéaux d’égalité, défendus notamment par les sans-culottes, ont été mis de côté. La bourgeoisie tient le pouvoir et en a écarté les plus pauvres. Ces derniers vont changer de maîtres. Ils vont être enfermés dans les usines où un travail harassant les attendra. Leur nouveau maître sera le propriétaire de biens industriels que combattra Karl MARX. Zola décrira dans Germinal la terrible condition prolétaire.

D’autres révolutions seront nécessaires…

LE CRÉPUSCULE DES IDÉAUX

Grand prix du salon du livre des Chavonnes

En 14, il avait cru le Kaiser, l’empereur Guillaume et ses promesses d’une victoire facile. Il s était vu à Paris, sur les quais de Seine, aux bras de filles faciles. Ce fut cinq longues années de terres brûlées, de camarades découpés par la mitraille, et de corps séchant comme du linge sur les barbelés… LIRE LA SUITE

 

 

 

 

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  1. […] accroché au bout de la ligne ! Il fut au cœur de l’agitation philosophique qui, 20 ans avant la Révolution, allait mettre le vers dans le fruit trop mûr de la Monarchie de droit divin. Il fréquenta les […]

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  2. […] MARAT fut l’une des figures majeures de la Révolution française. Ancré à gauche de l’extrême gauche, infatigable défenseur du […]

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  3. […] est restée. » Pour Marx, l’opposition entre l’Etat et la société transparaît dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, qui protège la liberté, la propriété privée, la sûreté et l’égoïsme. Marx et le […]

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  4. […] révolution, heureusement, a redistribué les cartes. Les fainéants d’aristocrates sont raccourcis et […]

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  5. […] révolution, heureusement, a redistribué les cartes. Les fainéants d’aristocrates sont raccourcis et […]

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  6. […] révolution, heureusement, a redistribué les cartes. Les fainéants d’aristocrates sont raccourcis et […]

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  7. […] L’histoire de la Révolution française est l’histoire de la révolte des petits chefs (la haute-bourgeoisie) pour prendre la place des chefs (les Nobles). Les leaders de cette révolution étaient avocats (Danton, Robespierre, Desmoulins), médecins (Marat) ou journalistes. Ils arrêtèrent la Révolution lorsque leurs intérêts furent inscrits dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen : le droit à la propriété privé notamment. Ils firent barrage à l’aile gauche la plus extrême (Hébert, Babeuf). Gracchus Babeuf, le premier vrai communiste, fut guillotiné et sa conjuration des égaux soigneusement jetée aux ordures. […]

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  8. […] revenons à l’ancien régime et la révolution. Alexis y montre la continuité évidente entre l’ancien régime (au sens Louis XIV à Louis […]

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  9. […] après lui, Paul François Jean Nicolas vicomte de Barras est l’oublié de l’histoire de la Révolution française. Il est pourtant l’un de ses acteurs majeurs. On lui doit l’enracinement des valeurs […]

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  10. […] Révolution avançait. Une monarchie constitutionnelle fit long feu après la fuite de Varennes et la destitution de Louis XVI enfermé à la prison du temple. Puis, la Révolution (1793) se […]

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  11. […] MARAT fut l’une des figures majeures de la Révolution française. Ancré à gauche de l’extrême gauche, infatigable défenseur du petit-peuple, il fut celui […]

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  12. […] la seconde option et la réunion est fixée à Versailles le 5 mai 1789. C’est un échec. Mirabeau défie ouvertement le Roi. Le Tiers état se constitue en assemblée nationale et revendique la […]

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  13. […] Article de fond : Bref résumé de la Révolution française. […]

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  14. […] d’inclure, dans leurs revendications, le petit peuple : la conjuration des Égaux des Grachus Babeuf, premier manifeste communiste,  fut écrasée dans le […]

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  15. […] 1770, dans un salon parisien animé par Diderot, Rousseau ou Montesquieu, les grandes figures de la Révolution française, auxquelles Mustafa KEMAL n’avait cesse de faire […]

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Histoire, Histoire de France

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