Hitler et MUSSOLINI

Il est frappant de constater l’étrange similarité entre les parcours des cousins  du Nationalisme de l’entre deux-guerres, les jumeaux du totalitarisme, pionniers dans l’art de la manipulation des foules, que furent HITLER et MUSSOLINI.

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Hitler et Mussolini

Tous deux débutèrent leur carrière à l’extrême gauche de l’échiquier politique (Parti des Travailleurs Allemands (DAP) pour Hitler et Parti Socialiste à tendance anarchiste pour Mussolini), pour achever leur quête d’absolu mortifère à l’extrême droite, en empruntant les mêmes chemins tortueux, usant de la faiblesse des démocraties parlementaires en place.


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Hitler et Mussolini

Hitler fut très tôt fasciné par le parcours de son mentor, arrivé au pouvoir 10 ans avant lui (1922). Mussolini avait marché sur Rome. Le Führer fera de même en 1923 en marchant sur Berlin.

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La marche sur Rome en 1922

Nul doute que le Führer organisa sa prise du pouvoir en empruntant largement à Mussolini. Bien vite, l’élève dépassa le maître ; allant plus loin dans sa politique de conquête, d’épuration, antisémite, entrainant peu à peu le Duce dans un tourbillon diabolique dont jamais Mussolini ne put s’extraire. Mussolini fut capturé, puis assassiné par des partisans avec sa maîtresse Carla Petacci avant que son corps mutilé ne soit offert à la foule. Pour éviter une fin similaire, Hitler, accompagné d’Eva BRAUN, préféra le suicide, se séparant ainsi, dans ses derniers instants, de l’original.

Hitler et MUSSOLINI

De la gauche extrême à l’extrême droite

Mussolini fut, de 1906 à 1914, un leader socialiste. En 1910, il lança son propre journal à tendance nettement révolutionnaire, très marqué à gauche : La Lotta di Classe. Il ira en juillet 1912 jusqu’à souhaiter la Révolution et l’expulsion des socialistes un peu trop modérés !

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Avanti ! Mussolini

De même Hitler entra en politique par la porte de gauche, infiltrant, comme indicateur du gouverneur de Bavière,  le DAP (Deutsche Abeiter Partei) le parti des travailleurs allemands. Devenu le Führer (le guide) du DAP, il ajouta  au nom du parti les termes « national » et « socialiste ». Le National Socialist Deutsche Arbeiter Partei était né ou plus simplement le parti Nazi.

Mussolini prit le virage à droite le 18 octobre 1914, lorsqu’il écrivit dans l’Avanti ! un article intitulé  » De la neutralité absolue à la neutralité active ». Il devint partisan de la guerre aux côtés de l’Angleterre et de la France. Il fut naturellement exclu du parti socialiste.

Hitler, vers 1920, suivit un chemin similaire, conservant les thèmes socialistes, mais en y injectant de forts relents nationalistes, essentiellement dirigés contre la France et le Traité de Versailles.

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Il popolo di Italia – Mussolini

Les organes de presse

Les deux leaders comprirent très tôt la puissance de la propagande et notamment celle diffusée par la presse. En novembre 1912, Mussolini prit la direction du journal socialiste Avanti !, avant de créer son propre journal : Il popolo d’Italia.

Si l’Avanti puis le Popolo furent les premiers outils de propagandes du Duce, le Völkicher Beobachter fut celui du Führer. Il fut acheté en 1920 par le NSDAP pour devenir son principal vecteur de communication, puis l’organe officiel du parti. On trouvera à sa tête des nazis notoires comme Dietrich ECKART (auquel Hitler dédiera Mein Kampf) ou Alfred Rosenberg, le grand théoricien du nazisme, auteur du mythe du XXème siècle.

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Völkischer beobachter – organe officiel du part Nazi

 Caporaux blessés de la grande guerre

Partisans de la guerre, mais dans des camps ennemis, ils furent tous deux blessés (Mussolini par un mortier et Hitler par des gaz asphyxiants) et finirent leur service au grade de Caporal.

L’après-guerre allait terminer de forger leur âme de futurs dictateurs.


 L’humiliant traité de Versailles

Tous deux furent scandalisés par les discussions d’après-guerre entre les Alliés, où le partage du monde se fit (Traité de Versailles de 1919) sans eux. Orlando y fut à peine associé. Ils n’acceptèrent jamais les conditions humiliantes de la paix et nourrirent, très tôt, un sentiment de vengeance, semant au passage dans l’inconscient collectif les graines de la guerre suivante.

Mussolini estimait que le port de Fiume revenait naturellement à l’Italie, en raison des efforts consentis et des centaines de milliers de morts.

Hitler, de son côté, dénonçait le Diktat des Alliés, qui amputait l’Allemagne, notamment de l’Alsace et de la Lorraine, et la saignait par les réparations de guerre voulue par Clemenceau.

Les deux pays allaient connaître une inflation ravageuse qui plongea les peuples allemands et italiens dans la misère. Des troubles révolutionnaires ensanglantèrent les deux pays (ligues spartakistes en Allemagne et parti communiste en Italie).

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Hitler et Mussolini

Squadristi et SA

Mussolini construisit un parti à son service (Fasci du Combattimento), en incorporant les éléments démobilisés  et frustrés de l’armée : les Squadristi, qui adoptèrent le traditionnel salut romain repris ensuite par les Nazis et les chemises noires. Le culte du corps était alors mis en avant, dans les Mouvements des jeunes fascistes (Ballila), comme plus tard dans les Jeunesses Hitlériennes, ainsi que le sport, l’art militaire et l’obéissance au chef.  Hitler, de son côté, pouvait compter sur les SA du capitaine Rhöm, des anciens soldats de la Wehrmacht.

Les sections d’assaut (SA) ne seront finalement qu’une copie des Squadristi, les jeunesses hitlériennes, une autre copie des Ballila et la Gestapo de l’OVRA…

La politique

Hitler et Mussolini brillaient déjà par leurs talents d’orateurs. Ils s’essayèrent au suffrage universel avec des succès comparables (quelques dizaines de députés dès 1919 pour les fascistes et quelques députés nazis au Reichstag.

Hitler et Mussolini

Marche sur Rome, marche sur Berlin

Lorsqu’ils eurent le sentiment  que le fruit fut mûr, ils décidèrent, :

  • le premier (Mussolini), une marche sur Rome (1920) ;
  • le second (Hitler) sur Berlin (1923).

Mussolini eut plus de succès, car cette marche lui donna les clefs du pouvoir (1922), offerts par le Roi Victor-Emmanuel III pour éviter une guerre civile. Hitler dut patienter à l’ombre de sa prison où il en profita pour écrire Mein Kampf (1923).

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Hitler et Hindenburg

Il furent tous deux appelés au pouvoir :

  • Mussolini, on l’a vu, par le Roi et
  • Hitler par Hindenburg, le vieux Maréchal-Président, qui le nomma Chancelier du Reich en 1933 (10 ans après Mussolini).

Hindenburg comme Giovanni Giolitti, alors premier ministre libéral italien, pensaient, chacun de leur côté, pouvoir contrôler les monstres qu’ils venaient de créer…

Arrivés au pouvoir, ils firent le ménage dans leur entourage et dans les partis d’opposition, n’hésitant pas à avoir recours à l’assassinat politique, comme en Italie celui du député socialiste MATTEOETTI, en octobre 1920, ou du ministre socialiste Walter Ratheneau en Allemagne.

Hitler admirateur de MUSSOLINI

En 1923, Hitler, simple petit chef de parti politique (NSDAP) de Bavière, ne jurait alors que par Mussolini, un modèle à suivre selon lui. Mussolini méritait pour Hitler d’être prussien.

La réciproque fut loin d’être complète, Mussolini, bien que ravi de l’expansion en Allemagne du modèle italien, qualifiait son alter-ego de « détraqué sexuel », de « voyou hystérique » ! Il nourrit toutefois rapidement un complexe d’infériorité mêlé à de l’admiration et à de la méfiance pour la toute puissance de la machine de guerre allemande.

Hitler a tendance à copier son mentor. Il demanda en 1933 conseil à Mussolini pour la formation de son gouvernement.

Führer et Duce, guides respectifs des peuples allemand et italien

Ce fut d’octobre 1920 à janvier 1925 que Mussolini mit en place un véritable régime dictatorial. La loi électorale Acerbo en 1923  lui permit d’arranger sa victoire aux élections de 1924. Mais il attendit janvier 1925 pour déclarer le régime comme dictatorial (bien qu’il ne contrôla jamais l’église catholique et la Monarchie) !

Hitler, à la mort de Hindenburg, en 1934, fusionna sa fonction de Chancelier avec celle de président du Reich, détruisant, par la même occasion, ce qui restait de la démocratie.

Le culte du chef fut à l’honneur en Italie comme en Allemagne ; la propagande montrant les deux leaders en guide (les yeux vers l’horizon), en chefs de guerre, avec souvent des références (surtout pour Mussolini) à l’antiquité.

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Mussolini en Duce

Jusqu’au pacte d’acier

Hitler et Mussolini échappèrent tous les deux à des tentatives d’assassinat, puis introduisirent des lois anti-sémites (certes inspirés par Hitler), dès la fin des années 30.  Le point d’orgue de cette coopération fut bien entendu le pacte d’acier entre les deux pays (entre les deux dictateurs en fait) en 1939.

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Hitler et Mussolini

MUSSOLINI : la marionnette d’Hitler

Pourtant, lorsque l’on y regarde de plus près, on peut se demander si Mussolini ne fut pas une simple marionnette d’Hitler.

La question autrichienne : une pomme de discorde

Mussolini voulait recréer l’Empire romain, Hitler la grande Germanie : alors forcément les deux projets allaient se frotter au niveau des frontières.

Une brutale amitié anima les relations entre les deux hommes. Elle trouva son origine en 1935 avec  la décision de Mussolini d’envahir l’Éthiopie (à l’époque l’Abyssinie). En effet, avant cette date, Mussolini cherchait une coopération avec la France et l’Angleterre. Mussolini était par ailleurs inquiet des projets d’Hitler en Autriche (1933 – 1935) : l’Autriche était pour Mussolini dans sa sphère d’influence. En 1934, des Nazis autrichiens tentèrent de prendre le pouvoir en assassinant leur premier ministre Engelbert Dolfuss, un allié déclaré de l’Italie ! Pour prévenir cette main mise de l’Allemagne sur l’Autriche, Mussolini mit quatre divisions en alerte à la frontière entre l’Italie et l’Autriche et activa une propagande sévère contre ces Nazis. Mussolini, finalement, retarda l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche, qui n’intervint qu’en 1938.

L’axe Rome-Berlin

A partir de 1935, en revanche, Mussolini renforça son alliance avec Hitler : en 1936, l’axe Rome-Berlin consolidait l’association qui fut bientôt étendue au Japon avec la signature du pacte dit Anti-Commintern en 1937.

En décembre 1937, une collaboration économique fut mise en place dans laquelle l’Italie acceptait d’importer plus de biens manufacturés venant d’Allemagne. En retour, l’Italie envoya 30 000 agriculteurs pour travailler en Allemagne. En 1939, l’Italie vendit son âme en devenant de plus en plus dépendante du charbon et de l’acier allemand.

Les lois anti-sémites de 1938

Ce fut à partir de 1938 que MUSSOLINI introduisit dans l’arsenal législatif italien des lois anti-sémites. Voulait-il ainsi obliger Hitler ? Le 3 août 1938, il fut interdit d’employer des Juifs étrangers au ministère de l’éducation. Le 1er septembre, Mussolini signa un décret interdisant aux Juifs de s’installer en Italie et en Abyssinie. Le 2 septembre les enseignants Juifs furent remerciés. Le 6 octobre, le grand conseil fasciste annonça l’interdiction des mariages entre Italiens et  Juifs… Mais Mussolini était-il un réel anti-sémite ?

L’Anschluss

Puis vint l’Anschluss (1938). Étonnement, mais le pouvait-il, Mussolini resta les bras croisés. Le 22 mai 1939, l’Allemagne et l’Italie consolidèrent leurs relations avec le Pacte d’Acier. L’Italie de Mussolini accepta alors de mettre ses forces armées à la disposition de l’Allemagne. Mais Mussolini, peut-être un peu naïf, regarda ce pacte comme « un autre bout de papier qui n’entraverait en rien le futur de l’Italie ».

La guerre

Lorsque la seconde guerre fut déclenchée, le 3 septembre 1939, Mussolini, dans un premier temps, décida de rester neutre. Ce ne fut qu’en juin 1940, qu’il décida d’engager l’Italie dans la guerre, c’est-à-dire lorsque les jeux furent faits. On peut considérer qu’à partir de ce moment précis, Mussolini devint la marionnette  d’Hitler.

En juin 1941, lorsqu’Hitler déclencha l’opération Barbarossa contre l’Union soviétique de Staline, Mussolini appuya encore l’effort de guerre allemand en envoyant une armée entière. Les troupes allemandes et les troupes italiennes combattaient alors partout en Europe et en Afrique côtes à côtes.

Mussolini et Hitler à Munich en 1941

Hitler et Mussolini à Munich en 1941

Le vent tourna et les mouches, soudain, changèrent d’ânes : les Alliés reprirent la main, notamment en Afrique du Nord (El Alamein en 1942) et en Russie (Stalingrad en septembre 1942).

La fin

L’invasion américaine de la Sicile en juillet 1943 scella le sort de Mussolini, mais ne sonna pas la fin de la coopération entre les deux dictateurs.

Emprisonné par les Alliés, il fut libéré par un commando SS, sous les ordres directs d’Hitler, et fut installé dans le nord de l’Italie  à la tête de la république de Salo (septembre 1943 à avril 1945), République éphémère qui s’acheva pour Mussolini dans un bain de sang populaire…

Mussolini et Hitler décédèrent donc la même année, mais dans des conditions assez différentes : le premier fut pendu par les pieds et lynchés par la foule le second se suicida au fond de son Blockhaus.

La religion

Les deux dictateurs nourrirent des sentiments anti-religieux. Mussolini considérait le christianisme comme une secte qui avait réussi.  D’autres auraient très bien pu prendre sa place, la Palestine, à l’époque romaine, foisonnant de telles confréries en tous genres comme Les Esséniens. Mais il vit dans l’église catholique un appui pour conquérir son peuple.

Hitler était encore plus farouchement opposé à l’église. Il avait confié à Himmler le soin de concevoir de toutes pièces une nouvelle religion basée sur la culture germanique.

En synthèse

L’histoire des relations entre Hitler et Mussolini ressemble à celle du docteur Frankenstein effrayé par la créature qu’il venait de créer et qui commençait à lui échapper.

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Fascisme, Histoire, Histoire du Nazisme

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