Les manuscrits de la mer morte

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Les manuscrits de la mer morte

Les manuscrits de la mer morte démontrent que le Nouveau Testament est un plagiat. Nous sommes au petit matin du printemps 1947, tout proche des rivages rocailleux de la mer morte. Nous sommes à Qumran, à quelques encablures de Jerusalem, à une dizaine de kilomètres seulement de Jéricho, la cité aux murailles imprenables, qui pourtant s’effondrèrent, il y a plus de 3000 ans,  aux premières trompettes de Josué.

Les manuscrits de la mer morte

Il fait déjà très chaud et la journée ne fait que commencer sur les rivages salés de la Mer morte. Deux jeunes Bédouins, drapés de banc, perchés sur des mulets brinquebalants, se sont arrêtés là, dubitatifs. Une falaise imposante, infranchissable, striée par le temps, se dresse devant eux. Éreintés par de longues heures de marche à la recherche d’une chèvre égarée, maculés et rôtis par le soleil, ils s’interrogent. Impossible de franchir cette muraille. Ils n’iront pas plus loin.

Soudain, à peine perceptible, un roulement de pierres sèches attire leur attention. A mi hauteur, une nuée de poussière blanche dévale la paroi de calcaire, avant de  disparaitre, emportée par la brise brulante venue du sud.

Une petite fente se dessine dans la roche, à peine perceptible, coincée entre deux talwegs creusés par d’anciennes pluies. Une grotte ? L’imprudente fuyarde a sans doute cherché à se cacher, épuisée par l’interminable traque.

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Qumran – les manuscrits de la mer morte

Les bédouins  décident de gravir les premières pentes, aveuglés par le soleil qui n’en finit pas de bruler la pierre. L’escalade est périlleuse, dangereuse tant le rocher est friable. Le plus ancien a sorti un poignard, dont il se sert pour éviter la glissade mortelle. Le plus jeune est encore alerte et parvient le premier devant l’ouverture. C’est bien l’entrée d’une grotte. La fente mesure au moins deux mètres de haut, de quoi tenir debout ! Mais on n’y voit rien. Il faut attendre que les yeux s’habituent à cette obscurité profonde, inquiétante.

L’ancien arrive à son tour. Il range le poignard dans son sac et en sort une torche. Prudent, il demande à son acolyte de  jette de petits cailloux. Le Jeune s’exécute sans discuter, exciter par cette chasse au trésor impromptue. Quelque chose se brise, comme si un objet de terre cuite venait de se fracasser. Les deux bédouins s’interrogent du regard puis, sans échanger un mot, décident de pénétrer dans la mystérieuse cavité,  baigner par les derniers rayons du soleil. La torche s’enflamme, découvrant un décor sinistre, minéral, sans vie. Au sol, de petites boules sèches trahissent le passage de la chèvre de malheur, une misérable qui leur fait prendre des risques inconsidérés. Enfin, c’est ce que pense l’ancien ! Car le jeune est attiré comme un aimant par ces profondeurs qui s’offrent à lui… Nos deux bédouins progressent rapidement, dans une sorte de boyau horizontale. La torche n’éclaire que les premiers mètres. Un rapide échange de regards suffit à décider les deux amis de pousser plus loin l’exploration, guidés qu’ils sont par les traces de pattes laissées dans le sable.

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dead see scrolls

Au bout de quelques dizaines de mètres, ils aperçoivent enfin la bête, tapie dans un coin, recroquevillée derrière ce qui ressemble à des jarres ! Des jarres de terre cuite par centaines. Les Deux compères en oublient ce qu’ils sont venus chercher. Le jeune ne tient plus en place. Il confisque la torche et se rapproche de ce qu’il espère être son butin. La chèvre, sans doute effrayée par la lumière aveuglante, s’échappe entre ses jambes. Ils ne la reverront plus maintenant. Mais ils ne sont pas venus pour rien. Peut-être vont-ils devenir riches !

Le jeune plonge une main hésitante à l’intérieur de la première jarre. Ses doigts frétillent, cherchent un métal doré, quelque chose dont le son sonnerait doux à ses oreilles. Mais ils ne trouvent qu’une matière  molle ! Déçu, il tente d’extraire un morceau de la jarre. Ça ressemble à des tissus, très anciens, ou peut-être du cuir. Le vieux gratte les trois poils qui lui servent de barbe. Pas de quoi s’acheter de nouvelles bêtes en tout cas. Il décide tout de même de briser une jarre pour en avoir le cœur net : des rouleaux. Des rouleaux de cuir enfermés là depuis des générations, à l’abri du soleil et des hommes. Curieux, il tente de dérouler le premier parchemin : Il reprend sa torche et découvre, courant sur le tissu, une écriture ancienne partiellement effacée. Le vieux soupire : le spectacle est terminé : Ça vaut rien, que des trucs de bonnes femmes !

  • On a perdu notre journée et une chèvre en plus. Laisse ça tranquille ! ordonne-t-il au jeune ;
  • Non. J’en prends un ou deux. Tu ne sais pas ! Peut-être qu’au marché le vieil antiquaire de Judée pourra nous en donner deux ou trois dinars.
  • Bah… si tu veux. Mais il faut rentrer. Il va faire nuit et on a encore au moins deux heures de marche.

Les deux amis rebroussent chemin, laissant l’obscurité de refermer derrière eux. Lorsqu’ils arrivent à l’entrée de la grotte, le soleil vient de s’épuiser. La montagne est devenue violette, silencieuse et glacée. Deux cent mètres plus bas, gît la pauvre bête, éclatée sur un rocher. Elle n’ira pas plus loin. Il est temps de rentrer.

Road to Bethlehem
La route de Bethléem en 1947

Les rouleaux coincés sous le bras, les bédouins dévalent la pente et rejoignent leurs mulets assoupis.  Ils rangent soigneusement les parchemins dans un sac de toile. Le mieux est d’aller à Bethléem. Là-bas, on saura leur dire si ces vieilleries ont une quelconque valeur.

Après de longues heures sous le soleil, ils arrêtent leur monture à l’ombre d’un manguier, épuisés, brûlés par le soleil de midi. Bethléem est encore loin ! Le mieux est de rentrer.

Ils accrochent alors leur maigre butin à un poteau de tente et disparaissent derrière les dunes. Le manuscrit restera là quelques semaines. Quelques semaines de plus oubliés.

1947. L’État d’Israël vient d’être créé sur une terre trois fois saintes. Les tensions sont extrêmes. La guerre entre Juifs et Palestiniens menace chaque jour un peu plus. A la hâte, des barbelés sont installés pour séparer les deux communautés. Les Britanniques, qui viennent de renoncer à leur mandat sur la Palestine,  multiplient les patrouillent pour éviter que la situation ne dégénère. Dans les deux camps, on mobilise des hommes et on cache des armes. La Haganah déjà prépare un plan pour le contrôle de Jérusalem.

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La Haganah

Nos deux bédouins ne se préoccupent guère de toutes ces histoires. Ils viennent de perdre une chèvre et une journée de travail. Ils arrivent maintenant devant leur village. C’est jour de marché et ils ne seraient pas fâchés de se désaltérer avec un peu de thé à la menthe bien sucré. Ils s’arrêtent devant l’échoppe d’un marchand d’antiquités qui, justement, leur propose une bonne infusion ! Quelle aubaine. Ils s’effondrent sur un divan usé jusqu’à la corde. La discussion s’engage. Maintenant qu’il sont reposés, ils racontent leur périple,  abreuvant le marchant de détails : la chèvre égarée, les falaises de Qumran, la grotte, les jarres et puis ces rouleaux étranges exhumés du passé. Des jarres ? Des manuscrits ?

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Sukenik

L’antiquaire semble intrigué. Peut-être cela intéresserait Sukenik, un archéologue de l’université hébraïque qu’il connaît personnellement. Le problème, c’est que Eliezer Sukenik est juif… Il va falloir faire preuve de prudence…

Une rencontre est tout de même organisée. Elle se fera de nuit, de part et d’autre d’une barricade. On présente au savant un des morceaux de cuir recouvert de caractères hébraïques. C’est un faux ! Sukenik en est convaincu. Mais il se porte tout de même acquéreur, en échange de quelques pièces et puis il demande à voir d’autres fragments. L’aventure des manuscrits de la mer morte peut enfin commencer, elle durera un demi-siècle.


Les manuscrits de la mer morte

200 ans avant Jésus-Christ dans le désert d’ENGADI

L’authenticité des documents est bien vite confirmée. Ils sont anciens, très anciens. Nous sommes 200 ans environ avant la naissance du Christ, quelque part dans le désert d’Engadi, tout près de l’endroit où, quelques années plus tard, Jean baptisera. Une petite colonie de Juifs très pieux, les Esséniens, ont fuit la ville et son immortalité. Ils sont environ 4000 et ont décidé de s’établir sur cette terre inhospitalière. Il n’y a pas de femmes parmi eux, des êtres considérés comme un obstacle à la vie en communauté. Les enfants sont adoptés. Il n’y a pas d’esclaves non plus, l’esclavage étant contre leur principe de justice. Il n’y a pas de commerce, source de cupidité qui corrompt les âmes. Ils vivent simplement, de l’agriculture essentiellement. Ils développent, petit à petit, un modeste artisanat, fabriquant les outils nécessaires à leur vie en communauté. Ils habitent ensemble et mettent tous leurs biens au service de leurs semblables. A la 5ème heure, le travail des champs terminés, ils mettent des vêtements de lin qu’ils ont purifiés dans de l’eau froide et se rassemblent pour prendre le repas en commun, en louant Dieu de leur donner ainsi la nourriture indispensable à la vie. Le repas achevé, Dieu est, une nouvelle fois, honoré. Puis, les vêtements saints sont déposés. Le travail peut alors reprendre, jusqu’à la tombée de la nuit. Sur ces terres arides, bien loin de Jérusalem, la vie se déroule paisiblement. Un monastère est construit, permettant aux scribes de s’adonner pleinement à l’étude des Écritures sacrées.

La révolte juive – 68 ans après Jésus-Christ

68, après la naissance du Christ. Les légions romaines déferlent sur la Palestine et soumettent les villes alentour. La pieuse communauté, recroquevillée dans son monastère oublié de tous, est un instant épargnée.

De toute la Palestine souffle le vent de la révolte, Le signal de la lutte contre l’envahisseur, l’impie qui a osé profaner la terre sacrée. Une guerre contre Rome commence, une guerre légitime, mais une guerre vouée à l’échec. Que peuvent quelques bandes de paysans contre une telle puissance militaire ? Le général Titus se charge de montrer à ces téméraires rebelles ce qu’il en coûte de défier Rome. A la tête de plusieurs légions, il entre en Palestine et défait les pathétiques résistances. Il fait brûler le temple de Jérusalem. L’empereur est et reste le maître de l’univers.

Les Esséniens, perdus dans le désert, sont encore oubliés… Mais pas pour bien longtemps. Les légions ont décidé de marcher sur Engadi et foncent maintenant sur la petite communauté sans défense. Les Esséniens ne font pas la guerre. Ils n’ont pas d’armes. A quoi bon ? Ils vont mourir, ils le savent. Les scribes rassemblent les rouleaux et les rangent soigneusement dans des jarres en terre cuite. Une précieuse bibliothèque est ainsi constituée : elle rassemble toute la culture essénienne et notamment leurs textes sacrés. Tout ce savoir ne sera pas perdu. Il est caché dans les falaises de Qumran, à l’abri des Romains et du temps. Les Esséniens sont massacrés jusqu’au dernier.

Les manuscrits de la mer morte

1950 après Jésus-Christ à Jérusalem

Les savants s’affairent autour des parchemins connus désormais sous le nom de manuscrits de la mer morte. Un élément les trouble particulièrement. Les textes sont pour la plupart contemporains du Christ. Or, ils n’en font jamais mention. Ces textes, écrits en hébreux, sont une formidable photographie de l’époque et n’évoquent pas ce personnage majeur. Pourtant,  5000 personnes ont assisté à la multiplication des pains. Le Christ a remué des foules, guéri des malades, ressuscité des morts. Il devrait y avoir une trace de ce personnage  ! Peut-être que l’isolement volontaire des Esséniens explique cet oubli.

Le grand historien de l’époque, Flavius Joseph a décrit les principales écoles juives de l’époque : les Pharisiens, les Sadducéens et les Esséniens. Le nouveau testament, quant à lui, ne retiendra que les deux premières, comme si il avait voulu faire disparaître des archives les Esséniens.

Les Esséniens : des chrétiens 200 ans avant le Christ

Les chercheurs continuent de traduire les textes. Ils découvrent que les Esséniens vivaient en communauté. Ils étaient chastes et baptisaient dans l’eau, comme le fera Jean le Baptiste 200 ans plus tard. Ils bénissaient le pain et le vin, s’interdisaient toute nourriture animale, sauf le poisson ! Ils faisaient vœux de pauvreté. Ils ne pratiquaient pas la circoncision charnelle mais uniquement celle du cœur, comme le fera Paul. Ils présentaient Dieu comme un tout, comme les Chrétiens, une unité, avec le même verbe que Jean. L’homme en tant que chair n’était pour eux que néant. Ils en étaient sûrs, ils auraient leur revanche, le jour du jugement dernier, lors de la venue de Dieu sur terre, après l’ultime combat au cours duquel le mal serait anéanti. N’est ce pas là une belle ébauche de ce que la Bible nommera le jugement dernier ? Les Esséniens ont ils posé, 200 ans avant la naissance du Christ, les bases du christianisme ? Leurs textes sacrés ne seraient-ils pas les premières ébauches du nouveau testament ? Comparons l’un des rouleaux, des manuscrits de la mer morte, identifié sous le numéro 4Q525, et le texte de Saint-Mathieu :

4Q525 :

  • Heureux celui qui marche avec un cœur pur et ne médit pas avec sa langue
  • Heureux ceux qui tiennent fermement à ses lois et ne s’en tiennent pas aux voix du mal,
  • Heureux ceux qui se réjouissent en elle et ne s’égarent par sur les voies de la folie,
  • Heureux ceux qui la recherchent avec des mains propres et qui ne s’en enquièrent pas d’un cœur trompeur….
  • Saint-Mathieu :
  • Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux,
  • Heureux les affligés, car ils seront consolés,
  • Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre,
  • Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés,
  • Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront la miséricordes.

Le maître de justice et les christ

Un personnage mystérieux avait organisé la communauté le maître de justice. Il est considéré comme l’élu, le dernier pasteur de l’humanité à l’origine des règles de vie. Il fut considéré comme hérétique par les autorités juives. Il fut trahi par les siens et donné aux Juifs par qui il fut condamné à mourir de mort violente.

Si l’ancien testament a été écrit à partir de mythes plus anciens (babylonien ou sumériens), le nouveau testament a été inspiré par les textes esséniens.

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