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Voltaire

Candide. Un classique, qui se lit comme un roman d’aventure, très utile lorsque l’on cherche à initier les enfants à la littérature…

Voltaire, bien entendu, fait partie des Philosophes des Lumières (par opposition à la sombre philosophie des siècles précédents, dominés par la scolastique catholique).

Il n’était pas athée mais déiste : il pensait que le monde avait été créé par un Dieu horloger, qui aurait réglé les paramètres de l’Univers puis se serait ensuite mis en retrait.

Candide de VOLTAIRE

Le XVII siècle, parait-il, fut « le siècle de Voltaire« . Voilà qui n’est pas très gentil pour ses contemporains : Helvétius, Rousseau, Diderot, Montesquieu, D’Alembert, Buffon et bien d’autres. Il aurait eu une influence capitale sur le déclenchement de la Révolution (il revient d’exil en 1778).

Or, comme Michel ONFRAY le remarque dans sa Contre-histoire de la Philosophie, ses écrits circulaient seulement dans les hautes sphères de la société et les tirages, à l’époque, étaient limités. C’est donc faire bien d’honneurs à cet homme, par ailleurs de talent, que d’en faire l’Homme par qui la Révolution arriva !

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La prise de la Bastille en 1789

Voltaire et la religion

Voltaire n’était clairement pas athée et était même profondément croyant : il faisait partie de la grande famille des Déistes (comme Helvétius notamment) :

L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer, que cette horloge existe et n’ait point d’horloger. Voltaire et son Dieu-horloger.

L’observation de la nature, parfaitement organisée, était pour lui suffisante pour prouver l’existence de Dieu. Voltaire dénonçait ainsi l’inutilité des pseudo-preuves (de Thomas d’Aquin) de l’existence de Dieu.

Adorons Dieu sans vouloir percer dans l’obscurité de ses mystères !  Voltaire et le déisme.

Son Dieu était distant, pratiquement étranger aux affaires humaines. Comme pour Helvétius, c’était un dieu-architecte, qui aurait dressé les plans de la belle mécanique céleste, avant de la laisser évoluer à sa guise. Dieu se contenterait de garder les clés du temple des valeurs morales.

Voltaire reprochait à la religion en générale et au catholicisme en particulier deux points majeurs :

  • l’appartenance à un dogme particulier (catholique, protestant ou musulman) qui ouvrait la voie aux querelles, voire aux guerre de religions incessantes, aux conversions forcées et injustifiées des peuples du bout du monde ;

Tant qu’il y aura des fripons et des imbéciles, il y aura des religions. La nôtre est sans contredit la plus ridicule, la plus absurde, et la plus sanguinaire qui ait jamais infecté le monde. Voltaire et le catholicisme.

  • son côté superstitieux

La superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie, la fille très folle d’une mère très sage ! Voltaire et la superstition.

Le Christianisme est la superstition la plus infâme qui ait jamais abruti les hommes et désolé la terre. Voltaire et la superstition.

Le Candide de VOLTAIRE

Candide est une sorte de roman-aventure, facile à lire, où le personnage principal, Candide, traverse le monde en rencontrant toujours plus d’horreurs : des meurtres, des viols, des guerres, un tremblement de terre… Son maître à penser (PANGLOSS) lui propose toujours le même argument pour expliquer la présence du mal dans ce monde : « nous sommes dans le meilleur des mondes possibles ». Leitmotiv de plus en plus difficile à justifier tant le malheur est grand (30 000 morts innocents à Lisbonne en 1755  lors du tremblement de terre).

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Tremblement de terre de Lisbonne en 1755

D’où vient le mal ?

Candide est une réponse ironique à un autre philosophe et mathématicien (Leibniz). Leibniz, qui se disputait avec Newton sur la paternité du calcul différentiel, proposait une représentation très particulière du monde : Leibniz pensait Dieu comme un créateur et une incarnation du Bien absolu. Sa représentation posait un problème : d’où vient le mal ? Les guerres, la maladie, la mort du petit-enfant faisaient en effet partie de la création.

 Comment un Être infiniment bon pouvait-il ainsi engendrer du malheur ? Voici le paradoxe auquel Leibniz s’est attaqué. Et il trouva la solution. La paradoxe n’était qu’apparent.

La solution de Leibniz

Selon Leibniz, nous sommes comme des spectateurs qui regarderaient un tableau de maître de trop près. Sans recul suffisant, nous ne voyons que des amas de gouache informes. Si nous prenons un peu de champ, si nous embrassons l’œuvre dans son intégralité, nous voyons alors apparaître la beauté, la cohérence de la toile du Maître.

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Leibniz

Ainsi, si nous pouvions voir l’Univers dans son intégralité, nous verrions que ces viols, ces épidémies, toutes ces injustices que nous assimilons au mal, entreraient naturellement dans un système cohérent, logique : un système bon, le seul système possible : le meilleur des mondes possibles, selon Leibniz. Bref, s’il existe de petits tracas, c’est que Dieu n’a pu faire autrement !

L’ironie de voltaire

La lecture de Candide s’éclaire. Voltaire se moque de Leibniz ! Candide observe les 30 000 morts du tremblement de terre de Lisbonne ? Il ne comprend pas. Tous ces innocents sous les gravas ! Ces nouveaux-nés écrasés par les murs écroulés… Pangloss éclaire sa lanterne : Il faut prendre de la hauteur, tout simplement. Dans ce Meilleur des mondes possibles, ces morts ont leur logique. Cette logique nous est inaccessible. Seul Dieu peut la comprendre.

Et tant pis pour les veuves et les orphelins !

Si c’est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres ? Voltaire

Qu’aurait dit Pangloss en visitant Auschwitz ?

Le livre se termine par une phrase énigmatique : « Cultivons notre jardin ». Qu’a bien voulu dire Voltaire ? Une invitation à l’auto-suffisance, à l’écologie ?

VOLTAIRE nous invite à redescendre sur terre. Et à ne pas perdre notre temps à chercher à résoudre des problèmes sans solution . On ne peut pas démontrer l’existence de Dieu. Eh bien laissons-le où il est et profitons de la vie (sans lui).

L’optimisme est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal ! VOLTAIRE.

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Joindre la conversation 9 commentaires

  1. […] de même pour le monde. Il doit être juste, élégant. LEIBNIZ disait à peu près la même chose. VOLTAIRE, caricaturant LEIBNIZ, mit dans la bouche de PANGLOSS les mêmes mots : DIEU, parmi le réservoir […]

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  2. […] (comme, bien plus tard, chez Descartes, Leibniz (« nihil est sine ratione »), Voltaire et son Dieu-Horloger, Laplace ou Einstein (« Dieu ne joue pas aux dés ») et […]

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  3. […] des mondes possibles. Voltaire se moquera de cette vision du meilleur des mondes possibles dans son Candide en dessinant Pangloss sous les traits de Leibniz. Pourtant, cette idée de recul permettant une […]

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Laicité, Les lumières, Philosophie, Voltaire

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