Menacée de toutes parts, la laïcité mérite d’être défendue. Car le combat n’est jamais gagné.

Chassez le religieux par la porte, il entrera par la fenêtre. Car le religieux est à l’homme, ce que la corruption est à l’homme politique. Il fait partie de son ADN.

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Brève histoire de la laïcité

Depuis que Cro-Magnon s’est levé un matin et qu’il a levé les yeux vers le ciel encore étoilé, qu’il a suivi l’astre du jour dans sa révolution quotidienne, qu’il s’est interrogé sur le devenir de ses morts, qu’il s’est posé mille questions sur les mystères de la nature, la foudre, le tonnerre, les saisons, qu’il a imploré la pluie, le soleil, qu’il a espéré en l’avenir, qu’il a vu des guérisons miraculeuses, le fait religieux ne l’a plus quitté. Il est en nous, c’est un fait. Aucune société humaine dans l’histoire n’a pu se passer du religieux, des steppes de Sibérie à la terre de feu. Il n’est pas question de l’éliminer donc, mais de le (re)mettre à sa place, c’est-à-dire hors de la vie publique.

Brève histoire de la laïcité

Le monde des idées de Platon

Tout a commencé, nous l’avons vu, à la nuit des temps. Les peintures rupestres son1905 : séparation de l'Eglise et de l'Etatt très probablement le témoignage d’un dialogue avec des forces occultes. Platon parlait d’un « monde des idées« , une sorte de lieu inaccessible, étranger au monde matériel.

Le Géocentrisme : l’homme au milieu de l’univers

Aristote, son disciple plaçait la terre au centre de l’univers. Il ne pouvait en être autrement pour la création des dieux. Ce géocentrisme fut repris par Ptolémée, puis recyclé par l’église chrétienne trop heureuse de voir ainsi justifiée l’idée d’une création qui ne pouvait que se trouver au centre de la grande sphère de l’univers.

La cause première

Aristote mit aussi en place la notion de « cause première » (reprise ensuite par DESCARTES dans son principe d’inertie). Cette cause serait à l’ origine de tout mouvement et donc de toute chose sur terre et dans l’univers. Du pain béni pour l’église chrétienne : une philosophie compatible avec le dogme ! Dieu n’est-il pas cette cause première ? N’a-t-il pas donné la première impulsion. Cette idée fut reprise par les grands penseurs de l’église, notamment saint Thomas d’Aquin qui, dans sa somme théologique, inclut la « cause première » parmi ces 5 preuves de l’existence de Dieu.

la frise philosophqiue de la révolution

Un société humaine à l’image de la cité de Dieu

Et puisque La République de Platon hiérarchisait la société en mettant les plus humbles (les artisans) tout en bas, ne fallait-il pas suivre l’idée du grand philosophe ? La Monarchie trouverait dans cette République de quoi justifier des siècles de Tyrannie.

Le libre-arbitre

Bien entendu, pour l’Église, il fallait que l’homme soit libre de ses choix : si tout est prévu, programmé par la nature, l’homme ne peut endosser une quelconque responsabilité. Il ne peut choisir entre le bien et le mal. Il ne peut donc être « un pauvre pécheur » et toute la justice divine s’écroule. Lorsque Descartes, puis Spinoza et d’autres postulèrent la prédestination, ils se heurtèrent donc aux foudres de l’Eglise.

Les germes de la laïcité

A contrario, la lignée LEUCIPPE, DÉMOCRITE, EPICURE, puis plus tard LUCRÈCE, mettait en place les éléments du matérialisme qui allaient s’opposer à cette pensée qui se voulait unique. Le monde, pour ces visionnaires, était fait de matière (l’atome). Dieu et l’âme faisant partie de l’univers, étaient également faits de ces assemblages de particules. Les Dieux n’étaient donc pas à craindre. Ils se cachaient dans des arrière-mondes où ils se fichaient pas mal des activités humaines. La recherche du plaisir, du bonheur fut alors tout à fait fondée. Une hérésie pour les catholiques qui ne voyait le salut des âmes que dans la souffrance.

Brève histoire de la laïcité

L’ère chrétienne

Saint Augustin, dans sa cité de Dieu, allait construire la société chrétienne. Cette dernière devait être à l’image de La Cité de Dieu. Le Monarque de droit divin serait son représentant (son lieutenant) sur terre. Religion et État étaient donc liés. Ils le resteraient jusqu’à la révolution, se rendant mutuellement d’immenses services : Si le roi était de droit divin, ses décisions devenaient incontestables. Il renvoyait l’ascenseur à l’Église en se faisant son premier défenseur. Une telle alliance montra son efficacité pendant des siècles.

Pendant ces ténèbres (par opposition aux Lumières), seuls les scientifiques (Copernic, Galilée, Kepler, Newton) remirent en cause le dogme, notamment sur la base de leurs observations du mouvement des planètes qui montraient, preuves à l’appui, que la terre n’était pas au centre de l’univers. On brûla alors pas mal de savants, comme Giordano BRUNO qui eut l’outrecuidance d’évoquer la possibilité d’autres mondes habités. Kepler montra que l’orbite de la lune était elliptique non-circulaire, au grand damne de l’Église pour qui le cercle était l’image de la perfection.

 

En 1492, la découverte du Nouveau monde posa question : il y avait donc d’autres hommes, créés par Dieu, mais qui n’avaient aucune connaissance de l’existence de Jésus ! Comment cela pouvait-il être ? Peut-être n’était-ce point des hommes et d’âmes, ils n’en avaient point ! Ce fut l’objet de la fameuse controverse de Valladolid. Montaigne alla visiter ces « sauvages » sur le port de Brest. Il leur consacra un essai : « Des cannibales ». Il trouvait finalement que leurs mœurs n’étaient pas si terribles voire, sur beaucoup d’aspects, plus recommandables que les nôtres !

Brève histoire de la laïcité

Les Lumières

Déjà, au XVIème siècle,La Boétie avait dénoncé, dans son Discours sur la servitude volontaire, la tyrannie du Roi. Il s’était étonné de voir ces multitudes asservies par un seul. Pour quelles raisons tous ces gueux obéissaient-ils au Monarque alors qu’il aurait suffi de poser les outils pour que tout l’édifice s’écroulât.

A l’exception notable de l’abbé MESLIER (le premier vrai athée) et de Montaigne (qui se disait fidéiste, c’est-à-dire qu’il était catholique car né en pays catholique), il fallut attendre les Lumières pour que les philosophes s’emparent de la question du divin. Voltaire (traité sur l’Intolérance) posa les bases de la laïcité. D’Holbach ou Diderot s’affichèrent, quant à eux, franchement athées. Spinoza pensait que Dieu et la nature ne faisaient qu’un. C’était la fin de l’incarnation de Dieu en vieillard barbu et le début des ennuis pour notre philosophe d’Amsterdam. Kant fonda une morale en partant de ce qu’était l’homme (et non-pas en partant de ce qu’on pensait être Dieu). D’autres, notamment Montesquieu (De l’esprit des Lois) ou Rousseau (Le contrat social), contestèrent la notion de Monarque (le pouvoir d’un seul) de droit divin en proposant une Monarchie faisant plus de place aux parlementaires et en instaurant la séparation des pouvoirs.

Les révolutionnaires entendirent ces beaux discours. Robespierre était un fervent admirateur de Rousseau. Mais il fallut pourtant trois révolutions, trois républiques et deux empires pour avancer réellement sur la question.

La révolution

Ce fut un hiver un peu rude qui fit déborder le vase. On coupa des têtes, notamment de prêtres et de bonnes-sœurs (les Carmélites en particulier). Mais on retrouva encore dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen une référence à « l’être suprême ». La première tentative de séparation de l’Église et de l’état date de cette époque. La collusion entre le sabre (la Noblesse) et le goupillon (le clergé) fut démasquée. Les biens de l’Église furent nationalisés et les religieux interdits d’enseignement. Mais la Restauration et l’Empire entamèrent de (légers) retours en arrière. On note toutefois, qu’à l’occasion du sacre de Napoléon, l’Empereur prit la couronne des mains du Pape pour la poser lui-même sur la tête de Joséphine. Un geste plein de symboles. Le Concordat permit de consolider les acquis de la révolution.

Les temps modernes

La frise présentée ci-dessous donne la suite des évènements qui aboutirent, en 1905, à la séparation de l’Église et de l’État. Deux lois clairement « hors de l’ordre moral religieux » sont à noter :

  • celle autorisant le divorce ;
  • celle légalisant l’IVG.

L’École de Jules FERRY fut une étape déterminante puisqu’elle installait l’école publique, laïque, obligatoire et gratuite. Le religieux disparut progressivement de la Constitution. On ne mentionna plus l’appartenance religieuse sur les documents officiels (pièce d’identité). Les obsèques laïques furent inaugurés par Victor HUGO et CLEMENCEAU. Même le Vatican reconnut (enfin) les bien-faits de la laïcité et de la démocratie. Il reconnu son erreur sur Galilée que dans les années 90 !

Le combat continue

La lutte contre le mariage pour tous montre encore aujourd’hui la puissance des résistances. Mais, on le voit, c’est du côté de l’Islam que le chemin le plus ardus reste à parcourir. L’enseignement reste exclusivement religieux. Les enfants ne sont pas nourris à l’esprit critique, mais soumis à un apprentissage qui s’assimile à de l’endoctrinement. Une tête bien pleine (de psaumes) est préférée à une tête bien faite, capable de remettre en cause des vérités révélées. A un enfant de deux ans, bien entendu, on peut faire croire n’importe quoi. Même des horreurs peuvent passer pour la vérité… Vivement un VOLTAIRE musulman.

 

frise laïcité

frise chronologique de la laïcité

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Joindre la conversation 8 commentaires

  1. […] VOLTAIRE, le premier, puis les révolutionnaires de 1789 ont cherché à attaquer les fondations de l’édifice. A chaque fois, l’Église s’est relevée, le peuple ayant peur de la liberté (lire à ce sujet La Boétie), préférant à l’inconnu, l’habitude rassurante des prêts-à-penser de l’Église. […]

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