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Comment un pays entier a-t-il pu basculer dans le crime industriel ? Comment une nation, qui a vu naître les plus grands philosophes humanistes (Kant, Nietzsche, Schopenhauer,…)  a-t-elle pu sombrer, en à peine 20 ans, dans la barbarie ? Comment un sans-abri, habitué à dormir sous les ponts de Vienne, a-t-il pu imposer à l’Allemagne la haine comme doctrine officielle ? Comment un peintre raté a t-il pu ériger sa Svastika, symbole de cruauté, sur les édifices les plus prestigieux de Paris, dans les rues de Varsovie, les sables du désert de Libye ou les steppes glacées de Russie ? Comment ? Comment tout cela fut-il possible ? C’est à ces questions, maintes fois posées, que Les Editions des Chavonnes proposent ici de répondre.


Du même auteur

Le roman inspiré de MEIN KAMPF racontant l’irrésistible ascension d’HITLER. Le crépuscule des idéaux, la référence sur l’origine du nazisme, vous plonge dans l’Allemagne d’après guerre, tiraillée par les maux du siècle : le péril rouge et la peste brune… A commander ici sur Amazon

 


Comment Hitler est-il arrivé au pouvoir ?

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Adolphe HITLER

Dénoncer une minorité (les Juifs) comme étant la cause de la défaite allemande de 1918 et du marasme économique (hyperinflation) qui s’en est suivi, dénoncer la collusion entre les Rouges financés par Moscou et ces mêmes Juifs dans un vaste projet de domination mondial, flatter le nationalisme allemand et son droit à un espace vital (Lebensraum), effrayer les foules en mettant en garde contre  le péril Rouge, le risque de perte d’identité culturelle, puis de dilution du sang allemand par du sang étranger (notamment slave), profiter de la misère (liée à la crise de 29) pour se présenter en redresseur de l’économie, faire croire à l’homme providentiel (le Führer) seul garant, protecteur de la Nation…  Voilà une recette bien connue dont d’autres s’inspirent aujourd’hui. Lire aussi DOLDI.

L’enfance du mal

Avant la première guerre mondiale, Adolf HITLER n’était rien ou pas grand chose. Issu d’une modeste famille de basse-Autriche, il vivait bien loin des centres urbains où se décidait l’avenir politique et culturel de l’Europe. Son père Aloïs, fonctionnaire des douanes autrichiennes, avait décidé l’avenir de son fils : Adolf serait, lui-aussi, fonctionnaire des douanes, dans le même bureau, devant la même fenêtre, sous le même lustre usé et ce, pour de longues années, avec comme unique perspective, celle de devenir un jour le chef du poste. Rien ne répugnait plus Adolf qui nourrira, toute sa vie, une haine féroce pour « ces petits fonctionnaires » en général, et pour son père, en particulier.

De Adolf à HITLER

L’époque (avant 14) était décadente. L’Empire austro-hongrois, qui avait imposé jadis sa puissance à l’Europe entière, loin de son lustre passé, se délitait sous les yeux navrés d’Adolf HITLER. Ce qui fut le refuge de la « germanité » perdait, chaque jour un peu plus, son âme. Comble de l’horreur, on parlait maintenant tchèque à la cour impériale des Habsbourg !!!  Jadis, la victoire de Sedan (en 70 sur les Français de Napoléon III) avait fait illusion en réveillant les peuples germaniques, en les unissant autour d’une identité. Mais tout ça semblait si loin. L’incarnation de ce mal portait un titre et un nom : l’héritier de la couronne de l’Empire, l’Archiduc François-Ferdinand, qui n’en finissait plus de faire la part belle aux minorités slaves, polonaises ou tchèques… HITLER connaissait des temps difficiles. Il errait de chantier en chantier. Le contact du petit-peuple forgea son âme politique : Il frottait sa cervelle contre celles écorchées des syndicalistes et des communistes. Eux aussi voulaient la peau de l’Archiduc, mais pas pour les mêmes raisons. Loin de l’idéal d’une grande Germanie, ils voulaient au contraire l’abolition des frontières, la fin des Nations ; tout ce que redoutait HITLER qui, de son côté, mettait la Patrie au-dessus de tout.

Karl LUEGER

Après les fonctionnaires des douanes et les Habsbourg de la cour impériale d’Autriche, il ajouta les Rouges dans les premières feuilles de son carnet des haines. Il ne reposa pas de suites son crayon : il vit que les Rouges et Juifs mangeaient dans les mêmes cantines ouvrières ; il remarqua que les grand dirigeants des partis politiques de gauche étaient israélites ; il nota que les journaux de gauche étaient dirigés par les Juifs.  il ajouta donc à sa liste déjà longue, tout ce petit monde qui constituait « l’agrégat des ennemis du sang allemand ! » 

Dans les rues de Vienne, tout à fait par hasard, il assista à un discours du maire de Vienne : Karl LUEGER. Son antisémitisme, son nationalisme séduiront HITLER. Il citera l’orateur dans Mein Kampf comme « le meilleur des Allemands ! ». Bien avant 1914, on le voit, HITLER s’était déjà forgé une solide culture politique.

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Hitler et le discours de Karl LUEGER

Un antisémitisme banalisé d’avant-guerre

Notons que l’antisémitisme était, à cette époque, assez généralisé et même banalisé en Europe. La France ne se distinguait pas (voir l’affaire DREYFUS), puisque certains partis politiques étaient ouvertement antisémites. Le premier théoricien du nazisme, un certain GOBINEAU, était Français. On peut également citer l’ouvrage fondateur de l’antisémitisme : La France juive d’Édouard DRUMONT, dans lequel l’auteur théorise la notion de « race juive » en mettant de côté l’aspect religieux.

La France juive de Drumont

La guerre de 14

HITLER pleura de joie lorsqu’il apprit que l’Archiduc était tombé sous des balles assassines de la Main Noire ; des balles que François-Ferdinand avait lui même fondues (dira-t-il dans Mein Kampf) ; des balles slaves ! Hitler vit aussi dans cette guerre qui s’annonçait l’occasion rêvée de refaire l’unité allemande, mise à mal par les Habsbourg. Cette guerre, il voulait la faire aux côtés des « vrais Allemands ». Il quitta vienne et pour rejoindre un régiment bavarois, loin de son Autriche natale (qu’il ne reverra plus avant l’Anschluss). Il fut nommé caporal et cantonna en Belgique et France. Il servait comme estafette (une sorte de courrier entre le front et les lignes arrières). Il fut décoré de la croix de guerre pour sa bravoure. Sa haine des Juifs et des Rouges continuait d’être alimentée par des séjours de convalescence à l’arrière du front, où il constatait la présence insupportable à ses yeux de myriades de planqués et de profiteurs, le plus souvent israélites.

La capitulation et le traité de Versailles

Le 11 novembre 1918, le clairon sonna la capitulation sans condition de l’Allemagne. ce clairon de la honteuse défaite heurta les tympans de HITLER du timbre de trahison ! Ce fut d’ailleurs un sentiment partagé par l’immense majorité de ses concitoyens. Car, force était de constater que les militaires n’avaient pas perdu la guerre. Ce furent des politiques qui demandèrent, puis signèrent l’armistice : « des rapaces qui ne cherchaient dans cet acte honteux qu’à défendre leurs intérêts ». Les traîtres de novembre, comme il les appela dans Mein Kampf, avaient abandonné le pays aux griffes française. L’histoire retiendra le commentaire du maréchal Ludendorf à propos de cette capitulation : « ce fut un coup de poignard dans le dos ». Le Traité de Versailles de 1919 fut l’occasion d’organiser l’Europe d’après-guerre. Il fut élaboré par les seuls Alliés, les Allemands n’étant pas conviés à la signature. Clemenceau, Président du Conseil français, fut le plus dur dans la rédaction des réparations imposées à l’Allemagne. Il fut quelque peu tempéré par WILSON, le Président américain, et Lloyd Georges, premier ministre britannique.

traité de versailles

Traité de Versailles en 1919

Un économiste britannique (KEYNES) vit dans les termes du traité de Versailles les germes du prochain conflit. La France, selon lui, avait trop exigé. Il prédisait que l’Allemagne ne paierait pas, parce qu’elle ne pourrait pas payer ! Le Traité allait conduire le pays vaincu à la misère, misère qui nourrirait l’esprit de vengeance, de revanche et finalement à la guerre (on ne pouvait-être plus visionnaire).

La révolution spartakiste

La guerre était finie. Mais pas pour tout monde. Le péril rouge menaçait alors toute l’Allemagne à genoux. Partout des barricades se dressaient. Les Communistes, profitant du chaos, venaient de s’emparer de Munich. Effrayés par le péril soviétique, les industriels, les anciennes têtes couronnées, les grands militaires, commencèrent à organiser la riposte en finançant des milices : les Corps-Francs (FreiKorps : embryons des futures SA). Ces derniers reprirent la ville, puis le pays aux Communistes. Ce fut dans ce contexte mouvementé, cette ambiance de guerre civile, que HITLER, démobilisé, rejoignit sa caserne de Bavière.

La république de Weimar

L’Allemagne était alors dirigée par Friedrich EBERT, premier Président Socialiste de la  République de Weimar (démocratie parlementaire) qui dura de 1918 à 1933, date à laquelle la loi attribua au chancelier Hitler les pleins pouvoirs. Le principal problème que la République dut gérer fut le paiement des réparations de guerre exorbitantes à la France. Elle n’y parvint jamais mais gagna, auprès des Allemands, une réputation peu enviable. L’histoire de cette République fut jalonnée de tentatives de Putsch (dont celui de Kapp en 1920), mais aussi d’une situation de quasi-guerre civile entre :

  • d’un côté, les mouvements ultra-nationalistes et leurs bras armés (les Corps-Francs), financés par la bourgeoisie, qui reprochent à Weimar  :
    • d’une part, d’être l’esclave de la France  ;
    • d’autre part, sa mollesse envers les Rouges ;
  • de l’autre, les partis d’extrême gauche, financés par Moscou, qui veulent mettre fin à la propriété privée, aux nations.

Hitler, bien entendu, avait choisi son camp depuis longtemps et fut l’artisan de la victoire des premiers.

L’occupation de la Ruhr

L’occupation (en février 1923) de la Ruhr par POINCARE, les famines à répétitions, l’inflation galopante provoquée par les milliards payés à la France, attisèrent un peu plus le sentiment nationaliste et anti-français.

Tout était prêt pour que HITLER, alors adhérent d’un petit parti politique, le DAP (Parti Ouvrier Allemand), exprime son talent d’orateur et se présente comme « le sauveur de la Patrie ».

Hitler avait été à l’origine introduit dans le DAP par les services de sécurité de Munich pour observer les agissement de ce groupuscule et, si possible, identifier, de manière précoce, un éventuel danger pour la sécurité publique. Anton DREXLER en était alors l’homme fort.

La société de Thulé et le Deustche Arbeiter-Partei

Le premier embryon du parti nazi fut sans doute la société de Thulé du Baron von Sebottendorf. Cette société secrète, créée juste après la guerre, regroupait des nationalistes souvent antisémites. Elle s’était donnée comme mission première de faire barrage aux Rouges (et aux Juifs) en donnant la primauté aux Allemands de sang (descendants d’une mystérieuse citée engloutie jadis dans les eaux de l’Atlantique Nord : l’Ultima Thulé : la dernière terre en latin). Certains membres de la société de Thulé deviendront des cadres du parti nazi, comme Rudolf HESS ou Alfred ROSENBERG, l’auteur du Mythe du 20ème siècle.

Le DAP était un faux parti ouvrier, élaboré de toutes pièces par la société de Thulé (notamment Friedrich ECKART (auquel Mein KAMPF sera dédicacé) et Anton DREXLER), pour infiltrer le prolétariat, proie trop facile pour les Rouges. Il comptait, à sa création (1919), une vingtaine de membres. HITLER intégra le DAP et fut son 21ème membre. Se trouvant des affinités avec DREXLER, il finit par y adhérer et en devint le porte-parole.

De discours en discours, HITLER, véritable attracteur de nouveaux adhérents, fit du DAP une force politique significative de Bavière, écartant, petit à petit, l’ensemble des anciens dirigeants (DREXLER notamment). Il devint rapidement le leader de ce petit parti qui apparut comme une alternative de plus en plus crédible au socialisme mou de Berlin. Le parti s’appuyait en outre sur des milices paramilitaires solides (issues des rangs de l’armée), tenues d’une main de fer par Ernst RÖHM (qui sera éliminé par HITLER lors de la nuit des longs couteaux) et accusées des meurtres en séries de personnalités de gauche (Rosa LUXEMBOURG, Karl LIBKNECHT, notamment).

Mussolini et la prison

Un événement majeur inspira alors HITLER : la marche des chemises brunes de Mussolini en 1923 sur Rome ; une marche qui conduisit les Fascistes au pouvoir, sans tirer un coup de feu. HITLER chercha à imiter son mentor italien, mais la copie ne valait pas l’original : sa tentative de putsch (dit « de la brasserie ») avorta et il termina en prison. Il en profita pour rédiger « Mein Kampf », avec l’aide du Rudolph HESS, son secrétaire particulier. Libéré très (trop) tôt pour bonne conduite, il se retira de la vie politique, le temps de laisser son principal concurrent au sein du DAP, LUDENDORFF, le soin de se discréditer en se prenant les pieds dans le tapis électoral : 1 %. En effet, les dollars américains coulant à flot la situation économique s’était améliorée, rendant moins séduisantes les thèses du parti ! Il fallait pour Hitler attendre dans l’ombre des temps meilleurs.

Crise de 29

Lorsque la vague de crise de 29 partie de Wall Street déferla sur l’Allemagne encore convalescente, elle emporta la fragile économie. La gauche ayant échoué, Hitler apparut comme la seule alternative : il était le seul maître à bord du DAP, rebaptisé NSDAP (parti national socialiste des ouvriers allemands, raccourci en parti national socialiste, puis parti nazi), lorsque de nouvelles élections furent provoquées par le vieux maréchal HINDENBURG. Les premiers députés nazis entrèrent au Reichstag…

1933

Hitler devint chancelier (nommé par Hindenburg qui avait jusque-là juré qu’il n’en ferait même pas un secrétaire d’Etat).

La suite est bien connue.

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Joindre la conversation 13 commentaires

  1. et des guizizigouxxx il n’y en avait pas ??????

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  2. […] de l’accession de Hitler au pouvoir, Heiddeger fut élu recteur de l’université de Fribourg-en-Brisgau. Fort de ses […]

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  3. […] parti est à partir de 1920-21 annoncé clairement comme « Völkisch », par HITLER . Ce terme peut être traduit par « populiste » (Volk = le peuple) ou par « national ». […]

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  4. […] rendons à César ce qui appartient à César, Hitler n’a pas inventé la thèse de la hiérarchie naturelle des êtres. Cette thèse était, par […]

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  5. […] description de la fin du conflit va à l’encontre de la propagande officielle de l’armée du Reich (Wehrmacht), notamment celle de Paul von Hindenburg, son commandant en chef, et de Erich […]

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  6. […] Hitler fit de grandioses funérailles nationales à l’auteur d’Humain, trop humain. Et alors ? […]

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  7. […] mis en danger en repoussant au second plan la défense des intérêts vitaux de l’État-Nation. Hitler a fait la même analyse en invitant la nation allemande à se recentrer sur la mère-Patrie. […]

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  8. […] mis en danger en repoussant au second plan la défense des intérêts vitaux de l’État-Nation. Hitler a fait la même analyse en invitant la nation allemande à se recentrer sur la mère-Patrie. […]

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  9. […] l’autre côté de la Forêt Noire, Hitler vient (1933) d’être élu chancelier et, suite la mort du vieux maréchal Hindenburg, cumule les […]

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  10. […] comment Hitler est-il arrivé au pouvoir ? […]

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  11. […] éditions des Chavonnes proposent donc à monsieur Mélenchon cet article synthétique (comment Hitler est-il arrivé au pouvoir ?) qui lui permettra de réviser son programme du Lycée et d’éviter, la prochaine fois, de dire […]

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Histoire, Histoire du Nazisme, Nazisme

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