Berceau de la civilisation

Si l’Afrique fut le berceau de l’humanité, le Moyen-Orient fut celui de la civilisation. Ce fut là, en Mésopotamie (lire à ce propos la brève histoire de la Mésopotamie), entre le Tigre et l’Euphrate, que furent érigées les premières villes, au premier rang desquelles SUMER. L’invention de l’agriculture, de l’écriture et bien d’autre choses comme les guerres entre État, nous les devons également à cette région bouillonnante.

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Terre trois fois sainte

Le Moyen-Orient abrite les lieux saints des trois grands monothéismes (Judaïsme, Christianisme et Islam). Il fut donc convoité par les fidèles de ces trois courants qui se disputèrent (et se disputent toujours) la maîtrise de ces lieux et notamment de Jérusalem, ville sainte pour les trois religions. A ces conflits entre monothéismes, sont venus s’ajouter d’autres plus complexes à l’intérieur de l’Islam, entre Sunnites et Chiites notamment.

Le pétrole

Enfin, le Moyen-Orient regorge de pétrole, ce qui lui valut (et lui vaut toujours), notamment depuis le XIXème siècle, toutes les attentions des grandes puissances industrielles, complètement dépendantes de l’or noir. Les accords de Sykes-Picot en 1916 illustrent parfaitement ce point. Ils ont définis, après la grande guerre, le partage du pétrole entre compagnies occidentales, aux dépens des populations locales et ont ainsi organisé les guerres du XXème et XXIème siècles.

Une région condamnée à la guerre ?

Pour ces trois raisons, le Moyen-Orient est depuis toujours une terre de conflits. Le printemps arabe où l’émergence de l’État islamique n’échappent pas à ces fondamentaux, comme nous allons le voir.

Bref résumé de l’histoire du Moyen-Orient


Avant 1900 ?

Nous allons passer assez rapidement sur cette période qui nous intéresse moins pour la compréhension du monde d’aujourd’hui. On retiendra surtout que le Moyen-Orient fut longtemps une terre de conquêtes.

Un premier monothéisme – le judaïsme

Le premier monothéisme fut apporté par Abraham (si on en croit l’ancien Testament) qui partit de Sumer (2500 avant JC) pour s’installer en terre promise (Israël) et y installer le Judaïsme. La réalité historique de l’épopée d’Abraham est toutefois contestée par l’archéologie. Il eut deux fils:

  • Isaac (de sa femme légitime Sarah), qui donna à son tour naissance à Jacob à l’origine des douze tribus d’Israël ;
  • Ismaël (de sa servante Agar), qui fut à l’origine des tribus arabes.

Cette hérédité d’Abraham est encore aujourd’hui source de conflit entre Arabes et Juifs,

  • les premiers pensant que le fils sacrifié d’Abraham (remplacé au dernier moment par un mouton par Dieu) fut Ismaël (son premier fils),
  • les seconds penchant pour Isaac (son premier fils légitime).

Les deux monothéismes commémorent encore aujourd’hui cet évènement de manière séparée.

Aux Perses (Iran actuelle) de Darius-le-Grand (VI av JC), succédèrent les Grecs d’Alexandre-le-Grand (IV av JC) puis les Romains de César (I av JC).

Un second monothéisme – le christiannisme

Apparut alors le second monothéiste, au cœur de l’Empire Romain, et plus précisément en Galilée : le Christianisme. L’empire Romain lutta pendant trois siècles contre cette « secte » avant de comprendre tout l’intérêt qu’il pourrait tirer de sa reconnaissance. Ce fut l’Empereur Constantin, au IVème siècle qui, pour souder l’empire menacé d’éclatement, éleva le christianisme au rang de religion d’État. Sa capitale se déplaça de Rome à Constantinople (l’actuelle Istanbul), fondant l’empire byzantin (de Byzantium en Grec du nom de la ville d’origine).

Un troisième monothéisme  – l’islam

Le troisième monothéisme surgit alors (VIIème siècle) des sables du désert de la péninsule arabique : Mahomet reçut de l’archange Gabriel le message d’Allah et convertit l’ensemble du monde arabe à l’Islam. Bien entendu, les conflits avec les sectes existantes étaient inévitables. Les guerres de religions notamment contre l’empire Byzantin, mais aussi contre les croisés de Urbain II qui, à partir du début deuxième millénaire, décidèrent de reprendre les lieux saints, ne firent que commencer.

Le monde musulman s’étendit alors sur tout le nord de l’Afrique, jusqu’en Chine et dans le Caucase.

Le schisme au sein de l’Islam

Mais à la mort de Mahomet, la succession n’était pas assurée. Elle fut à l’origine d’un autre conflit qui dure encore aujourd’hui : Sunnites et Chiites se disputèrent l’héritage du prophète (lire sur ce sujet : la différence entre Sunnites et Chiites).

Les Sunnites fondèrent plusieurs dynasties qui dominèrent essentiellement la Péninsule arabe, la Turquie, l’Égypte, le Maghreb, la péninsule ibérique (jusqu’à Poitiers). Aux Omeyyades succédèrent les Abbassides (750 à 1260). La domination arabe ne fut alors contestée que par quelques parenthèses croisées au XIIème siècle notamment, bien vite refermées par le grand Saladin (un kurde sunnite), qui reprit Jérusalem au roi Baudoin.

Les Chiites de leur côté se cantonnèrent en Perse (Iran actuelle), en Irak et de manière plus sporadique dans d’autres régions, comme à l’ouest de la Syrie pour la communauté alaouite ou au Soudan.

Les Ottomans

L’émergence à partir du XVIème siècle de l’empire sunnite OTTOMAN (du nom de Osman un émir Turc) rebattit les cartes : les Ottomans mirent les provinces arabes sous leur coupe pour quatre siècles et, sous le règne de Mehmet II, prirent en 1453 Constantinople. Les communautés musulmanes des Balkans (Bosnie par exemple) furent fondées à cette époque.

carteOttomanEmpire1798-1923

L’empire Ottoman

Ce fut la première guerre mondiale qui permit l’émancipation arabe (avec l’aide des Britanniques). Avec l’effondrement de l’empire ottoman, tombèrent toutes les structures qui tenaient le Moyen-Orient.

Le pétrole

La découverte de pétrole au XIXème siècle raviva l’intérêt des puissances occidentales pour ces terres arides. Aux guerres de religions vint s’ajouter une autre économique.

La géopolitique du Moyen-Orient fut alors dictée par les découvertes successives et les frontières tracées par les occidentaux à leur profit : la mèche de la bombe à retardement venait d’être allumée. Personne ne pourrait plus l’éteindre.

Bref résumé de l’histoire du Moyen-Orient

Revenons au début du XXème siècle, quelque part en Mésopotamie.

En 1900, les États comme la Syrie, le Liban, la Jordanie ou l’Irak n’existaient pas. Ils n’étaient que des provinces de l’empire Ottoman, administrées depuis Constantinople (Istanbul actuelle). En 1914, sous la pression du Kaïser Guillaume IIl’Empire Ottoman fut contraint à s’engager dans la guerre aux côtés des Empires centraux, celui des Habsburg en Autriche et celui les Hohenzollern en Allemagne. Mal lui en prit…

En 1918, forts de leur victoire, Anglais et Français s’empressèrentde découper, à leur avantage, la bête ottomane à l’agonie. Le ciseau suivit alors le tracé décidé en secret en 1916 par Mark Sykes et Georges-François Picot).

Le découpage fut entériné en 1920 dans le fameux Traité de Sèvre, qui donna à la France le mandat sur la Syrie (et le Liban). L’Angleterre reçut, de son côté, l’Irak (moins MOSUL) et la Palestine. Les Kurdes se trouvèrent dispersés sur trois États (Turquie, Irak, Syrie et Iran dans une moindre mesure (bien qu’à l’origine leur autonomie fut reconnue dans le Traité).

 

L’objectif ne fut pas d’assurer une cohérence territoriale, mais d’une part de contrer l’influence soviétique et, d’autre part, d’organiser l’exploitation du pétrole au détriment notamment de l’Allemagne et au grand bénéfice des Américains (Rockfeller, patron de la Standard Oil qui avait vendu pendant la guerre son pétrole aux Allemands), des Anglais (British Petroleum) et des Français.

En prenant le contrôle de la Palestine, les Anglais assuraient en outre la sécurité du Canal de Suez, itinéraire vital pour leur accès aux Indes alors britanniques. Rappelons que les Britanniques avaient pris l’Égypte aux Ottomans dès le XIXème siécle.

Les trahisons

1. Le traité de Sèvre

La première trahison prit la forme d’un traité : le traité de Sèvre.

carte traité de sevre

Le traité de Sèvre

En 1914, en effet, bien qu’ils le nièrent par la suite, les Anglais  promirent l’indépendance aux pays arabes, en échange de leur soutien à l’effort de guerre contre les Ottomans alliés aux Empires Centraux.

Cette promesse fut mise en lumière dans la publication de la correspondance entre :

  • l’Émir de la Mecque HUSSEIN, alors leader du monde arabe et descendant de la famille du Prophète ;
  • et Lord Mac-Mahon, haut-commissaire britannique en Égypte.

Les Arabes tinrent leur promesse en rejoignant le camp des Alliés : les tribus arabes, sous l’impulsion de Lawrence d’Arabie (voir le film avec Peter O’TOOLE et Antony QUEEN), se soulevèrent contre leur oppresseur ottoman. Lawrence, grand organisateur de la révolte mais aussi grand ignorant des accords secrets de Sykes-Picot, était persuadé, qu’à terme, l’autonomie serait effectivement donnée aux Arabes.

Lawrence d'Arabie

Laurence d’Arabie

L’Émir HUSSEIN de la Mecque et son fils Faiçal furent ainsi manipulés : les cartes étaient pliées depuis 1916 (accords secrets de SYKES-PICOT). Pour Faiçal, pourtant, les règles du jeu étaient claires :  » L’objectif du soulèvement arabe est d’unifier les Arabes dans une Nation. Nous estimons que ce principe est parfaitement justifié. »

Il prit donc Aqaba, puis la Syrie (avec l’aide des Anglais d’Allenby) par les armes et s’y fit couronné. Il fut bien vite chassé par les Français du Général GOURAUD (envoyé par CLEMENCEAU).

Les Anglais (Loyd GEORGES et CHURCHILL) se sentant fort redevables, lui proposèrent le pseudo-trône d’Irak en 1921. Il accepta ce lot de consolation et emmena le pays sur le chemin de l’indépendance (1932). Son frère Abdallah obtint des Britanniques le trône d’un nouveau royaume : la Jordanie, une sorte de terre aride située à l’est du Jourdain que l’on appela longtemps la Trans-Jordanie (par opposition à la Cis-Jordanie située à l’ouest).

Le rôle de CHURCHILL

Alors Secrétaire aux Colonies (1920), Winston Churchill eut un rôle majeur dans la création de la monarchie irakienne, forçant des peuples hétérogènes (Sunnites, Chiites, Kurdes, Chrétiens, Yésidi) à cohabiter contre leur volonté. Cette initiative, a priori contre-nature, s’explique en partie par la présence probable d’or noir dans les sous-sols de la Mésopotamie, et en particulier en Irak, dans la région de MOSUL. Churchill avait compris, avant tout le monde, que la Marine Royale, pour rester maîtresse sur les mers, devait passer du charbon (dont les mines d’Angleterre regorgeaient) au pétrole, trois fois plus efficaces, mais dont les terres de sa Majesté étaient dépourvues. Pour atteindre cet objectif, l’Angleterre devait installer sur le trône d’Irak, un homme à elle : Faiçal ! qui sera placé sous l’autorité d’un Haut-Commissaire britannique, avec l
a bénédiction de la Société des Nations (SDN).

2. La création de l’Etat juif

La seconde trahison prit la forme d’une déclaration, en 1917, du secrétaire d’État britannique aux affaires étrangères (Lord Barfour) : ce dernier reconnut aux Juifs le droit de disposer d’une terre en Palestine. Cette déclaration s’inscrivait dans la continuité des écrits de Theodor Herzl (Der judenstaat : l’Etat juif), un Juif autrichien venu en 1899 couvrir à Paris l’affaire Dreyfus. L’Etat juif fut l’acte de naissance du mouvement sioniste.

Il constatait que  :

  1. le « peuple juif » existait ;
  2. il ne pouvait être assimilé par d’autres peuples ;
  3. il devait prendre en conséquence son destin en main.

Le Congrès de Bâle, en 1897, reconnut le droit aux Juifs de s’installer en Palestine. Pour Lord BARFOUR, l’idée fut sans doute de s’attirer les bonnes grâces de la communauté juive d’Amérique et ainsi de mieux impliquer les Etats-Unis dans l’effort de guerre. En outre, les Britanniques, ayant décidé de céder leur mandat sur la Palestine, la création d’un État juif était l’occasion de maintenir la protection  la rive orientale du Canal de Suez.

En tout état de cause, la création d’Israël en 1946 mit le feu aux poudres. Les premiers coups de canons résonnèrent le lendemain de la création de l’Etat juif : ils venaient d’Égypte, de Jordanie, d’Irak et de Syrie.

Du Panarabisme au Djihadisme

Les revendications arabes ont longtemps gravité autour du Panarabisme (volonté d’unifier le monde arabe) et, dans une moindre mesure, autour du socialisme. Les champions du panarabisme furent longtemps :

  • le Colonel égyptien NASSER (en 1952, il renversa la monarchie du roi Farouk. Le lendemain, il s’engageait à supprimer… la présence britannique !)
  • et le Palestinien ARAFAT (leader du FATAH et de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), jusqu’à sa mort à Paris (Val-de-Grâce).

Ces hommes étaient des laïques. Les considérations d’ordre religieux étaient quasi-inexistantes de leur vocabulaire. NASSER s’illustra par la nationalisation en 1956 du Canal de SUEZ et en apportant un soutien financier et logistique au Front de Libération Nationale (FLN) algérien de Ben BELLA et de Boumédienne. Le FLN fut (et est toujours) un parti nationaliste algérien qui, dès 1954, lutta sur le terrain politique pour obtenir son indépendance. Sa branche armée (l’armé de libération nationale ou ALN) mena la lutte contre les Français, jusqu’à la création en 1958 du gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), qui négocia, avec le général de Gaulle l’indépendance, formalisée, en 1962, dans les accords d’Evian.

Nasser et Ben Bella

Nasser et Ben Bellah

Mais revenons en Egypte : la nationalisation du canal de Suez et le soutien au FLN furent clairement d’ordre nationaliste et s’inscrivaient dans la logique d’indépendance du monde arabe. On pourrait y ajouter la construction du barrage d’Assouan (amorcée en 1954) qui visait à garantir à l’Égypte son indépendance énergétique. Ces décisions unilatérales de Nasser  provoquèrent l’intervention conjointe de :

  • la France (agacée du soutien au FLN) ;
  • l’Angleterre (fâchée de perdre le contrôle du canal de Suez)
  •  et d’Israël , ravie de voir ainsi des partenaires l’aider dans sa lutte contre les pays arabes qui avaient juré son annihilation.

La guerre froide s’invita à cette occasion en Egypte, l’URSS soutenant Nasser et les Etats-Unis apportant tout leur savoir-faire à Israël.

Les défaites successives (1956 – 1967 (guerre des six jours) -1973 (guerre du Kipour)) de l’Égypte, de la Jordanie, de la Syrie et de l’Irak dans leur lutte contre Israël et l’humiliation qui suivit, transformèrent la lutte pour l’unité arabe en lui donnant des accents de plus en plus religieux. Ce fut la naissance de mouvements djihadistes comme les frères musulmans sunnites en Égypte, le Hamas (sunnite) en Palestine et le Hezbollah (chiite) au Liban et plus tard, Al-Qaïda (sunnites).

Le Cas Turc : laïcité en terre d’Islam

Du côté des Ottomans, la grande-guerre fut menée par le mouvement des Jeunes-Turcs, groupuscule vaguement révolutionnaire, vaguement nationaliste, mais clairement génocidaire ; nos amis Arméniens, dont 1.2 millions furent massacrés entre 1915 et 1917, s’en souviennent encore…

Et c’est donc le Traité de Sèvre (1920) qui clôtura le chapitre des sept siècles de l’Empire OTTOMAN (1299-1923), qui connut son apogée au XVIème siécle sous le règne de Soliman le Magnifique. Le découpage permit de définir :

  • les frontières d’un Kurdistan autonome (qui ne vit jamais le jour) ;
  • une Arménie indépendante (qui attendra longtemps) ;
  • les frontières de la Grèce (qui récupéra la mer Égée et la Thrace orientale) ;
  • le mandat français et anglais respectivement sur la Syrie et l’Irak ;
  • et enfin les frontières de la Turquie actuelle.

La Turquie à genou se releva rapidement, grâce à un leader exceptionnel, vainqueur aux Dardanelles et surtout fervent admirateur de la Révolution française, en particulier de  Voltaire : Mustapha Kemal dit « Atatürk ». Dès 1919, il récupéra par les armes une partie des territoires confisqués par les Alliés, notamment aux dépens de la Grèce. Mustapha emmena ensuite le pays sur le chemin de la laïcité, chemin encore emprunté aujourd’hui par une forte majorité de Turcs, malgré les initiatives rétrogrades d’Erdogan. Une ombre toutefois au tableau de Mustapha Kemal : il s’inscrivit dans la continuité génocidaire des Jeunes-Turcs et continua de nier aux Kurdes le droit à l’existence. Le combat continue aujourd’hui entre le parti des ouvriers kurdes (PKK) et le pouvoir autoritaire d’Erdogan.

L’Iran : de la modernité à l’intégrisme chiite

La Perse fut, dès l’après-guerre, l’objet de toutes les convoitises, en raison de son sous-sol riche en pétrole. Ce furent, dans un premier-temps, les Anglais qui récupérèrent la mise, avec la création de la compagnie Anglo-iranienne des pétroles (devenue bien plus tard la British Petroleum ou BP). Ils installèrent sur le trône du Paon un Monarque (le Chah Reva Pahlavi puis son fils Mohammed Reva Pahlavi) à leur service. Mais les comptes obscurs de la BP, aux dépens de l’Iran, conduisirent le premier ministre nationaliste, Mohammed Mossadegh, à nationaliser la compagnie ; initiative insupportable aux yeux des Britanniques qui déclenchèrent, conjointement avec leur allié américain, l’opération Ajax qui rétablit le Chah sur son trône et envoya l’imprudent premier ministre exil. Ce fut le début d’un règne d’un Monarque absolu, soutenu à bout de bras par la Maison Blanche (les Présidents Nixon et Ford et leur secrétaire d’Etat emblématique Henry KISSINGER gourmands de Pétrole), visant à moderniser le pays. L’Iran devint essentiel pour les Etats-Unis, non-seulement comme :

  • modérateur des prix du pétrole (notamment en 1973 après la guerre du Kipour, lorsque l’Arabie Saoudite du roi Faiçal coupa les vannes du pétrole en représailles au soutien de Nixon à Israël) ;
  • mais aussi comme rempart contre les Soviétiques, déjà implantés en Irak et en Égypte.

La richesse ostentatoire des classes aisées, mais aussi les conservatismes religieux, conduisirent, en 1979, à une révolution islamique qui mit un terme à la parenthèse laïque conduite par le Chah Pahlavi. Le grand Ayatollah Khomeiny prit le pouvoir. De meilleur ami des États-Unis (et de l’occident), l’Iran devint son pire ennemi. Un voile chiite particulièrement sombre venait de s’abattre sur la Perse.

1973 : année de tous les dangers

Tout a commencé avec la guerre du KIPOUR. Profitant de la fête juive, une coalition arabe menée par l’Egypte de Saddat et la Syrie de Hassad décide de prendre l’Etat hébreux par surprise. L’idée est alors de récupérer les territoires perdus (Sinaï et Golan) lors de la guerre des 6 jours (1967). Après de premiers succès, la coalition est mise en grande difficulté par l’expertise militaire de Tsahal, soutenue généreusement, par la logistique américaine qui assure l’approvisionnement en armes.

L’unité arabe s’exprime alors pleinement dans l’annonce d’un embargo sur la vente du pétrole aux pays qui soutiennent Israël ; le baril passe de 3 à 12 dollars ! C’est la panique et les pays occidentaux sont conduits à assouplir leur politique pro-Israël. Les Américains (Nixon) envisagent un débarquement dans le golfe persique. Finalement, les passions s’apaisent. Mais les Etats-Unis prennent la pleine mesure de leur fragilité énergétique.

Sadam HUSSEIN : dernier rempart contre l’intégrisme religieux

La fin des mandats anglais et français (1944 pour la Syrie et 1932 pour l’Irak) donna naissance à une succession de dictatures militaires, plus ou moins laïques. Puis, la montée en puissance du parti Baas permit à Hafez El-Assad (le père de Bachar) en Syrie et à Sadam HUSSEIN en Irak, d’accéder au pouvoir, moyennant quelques têtes coupées.

A priori peu présentable, le dictateur irakien sunnite devint, avec les événements iraniens, soudain fréquentable. Les occidentaux se mirent à armer l’Irak, lui offrant le meilleur de la technologie militaire. Khomeiny envoya ses hordes fanatiques qui s’écrasèrent sur les armes automatiques et chimiques de Sadam HUSSEIN.  Un million de morts plus tard, la guerre s’achevait sur un statu-quo territorial.

Sadam l’homme à abattre

Toutefois, Sadam HUSSEIN, disposant toujours de moyens militaires considérables décida de les utiliser contre son faible et riche voisin : le Koweït. En 1991, Il envahit la monarchie pétrolière et menaça, par la même occasion, les réserves pétrolières du Golfe persique. Situation inacceptable pour la communauté internationale qui, sous impulsion du Président Américain (Georges BUSH senior), repoussa (1992) Sadam HUSSEIN dans ses frontières. Fin du premier épisode.

Les attentats du 11 septembre 2001, la tentative d’assassinat de Georges BUSH senior par Sadam HUSSEIN, poussa Georges BUSH junior, devenu à son tour Président des États-Unis, a décidé, presque unilatéralement, l’invasion de l’Irak et ceci sur la base de fausses affirmations fabriquées par le Pentagone :  » Sadam HUSSEIN disposerait d’armes de destruction massive et aurait des liens avec Al-Qaïda « . L’armée américaine défit en quelques semaines l’armée irakienne et arrêta Sadam HUSSEIN qui fut livré à ses ennemis chiites. Il perdit la tête. Les Américains échouèrent dans leur tentative d’installation de la démocratie en Irak, n’arrivant pas à réconcilier les frères ennemis : les chiites majoritaires soutenus par l’Iran et les sunnites soutenus par les pays du Golf. Quelques dizaines de milliers de morts plus tard, le Président OBAMA décida le retrait des troupes américaines.

L’État Islamique

Débarrassées du carcan américain, les factions reprirent les armes. De l’autre côté de la frontière, Bachar El-Assad, un Alaouite (une branche du Chiisme) décida de libérer des prisonniers islamiques sunnites qu’il détenait par centaines, pour contrer la contagion, dans son pays, du printemps arabe démocratique. Il réussit si bien que les libérés constituèrent le premier noyau de l’État Islamique, dont l’objectif fut alors de reconstituer l’ancien Califat sunnite (le Calife est étymologiquement le successeur du Prophète) et ainsi de gommer ainsi les traits de crayons tracés par les Alliés en 1916.

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Joindre la conversation 12 commentaires

  1. […] Les Yesidis, dont on n’ignorait jusqu’à l’existence avant l’invention criminelle de DAECH, adorent un Dieu très ancien bien plus ancien que notre Dieu du Livre (Yahvé ou Allah). Avec les Kurdes, leurs voisins et amis, ils sont donc d’une originalité singulière dans l’océan musulman du Moyen-orient. […]

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  2. […] ennemi de l’occident. Les États-Unis sont prêts à faire alliance avec ses ennemis d’hier (Iran, Syrie) pour nettoyer le Moyen-Orient du cancer (selon les mots du Président Obama) […]

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  3. […] On le voit, Boualem SANSAL dénonce, de manière à peine voilée, les théocraties islamiques du Moyen-orient. Abi a recours aux mêmes outils pour verrouiller le peuple, simplification de la langue, état de […]

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  4. […] Mais avant cela, il convient de retourner ici pour comprendre les origines et les enjeux cachés du conflit. Le Petit-Père COMBES vous propose donc un bref résumé de l’histoire du Moyen-Orient. […]

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  5. […] Bref résumé de l’histoire du Moyen-Orient […]

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  6. […] Bref résumé de l’histoire du Moyen-Orient […]

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  7. […] Bref résumé de l’histoire du Moyen-Orient […]

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CATÉGORIE

Mésopotamie, moyen-orient

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