Après une lecture  attentive de La fin du hasard, ouvrage certes discutable mais néanmoins très intéressant, je me suis (encore) laissé tenter par le dernier opus des frérots de l’espace : Le code secret de l’univers.


A lire sur le même sujet :

Un titre toujours accrocheur (cf. Le visage de Dieu) qui laisse penser que nous allons découvrir des choses extraordinaires qui, comme les frangins galactiques le disent à plusieurs reprises dans leur introduction, vont « changer notre vie » ou du moins la façon dont nous percevons le monde…

Pour résumer la théorie des Space-brothers en une phrase disons que les mathématiques nous montrent qu’il existe un  Créateur qui, avant le Big-Bang, a conçu notre Univers. Tout fut codé avec des nombres premiers, de la pomme à l’étoile en passant par a Golf de la prof d’allemand. La démonstration est assez convaincante et ouvre bien entendu de nombreuses portes philosophiques sur le thème : d’où venons-nous ?

Le code secret de l’Univers des Bogdanov

On pensait jusque-là que tout avait commencé avec le Big-Bang, cette explosion originelle d’où le temps, l’espace et la matière avaient surgi, il y a presque 14 milliards d’années. La science en était là, incapable de dire ce qu’il y avait avant, pour être plus précis, avant le mur de PLANCK situé à 10-E43 secondes après le big-bang. Derrière ce mur, tout le monde s’était cassé les dents, car tout diverge : la densité et la températures deviennent infinies faisant exploser en vol nos plus robustes modèles de la physique.

bigbang

big-bang et mur de Planck

Et c’est là qu’intervienne nos jumeaux intergalactiques. Ils osent remonter jusqu’à l’instant zéro, voire regarder ce qu’il y a derrière ce mur infranchissable pour y dénicher le Créateur : Dieu, un génie des mathématiques qui écrit l’Univers à grands renforts de nombres premiers.

Le code secret de l’Univers des Bogdanov

Derrière le mur

Pour nos amis extralucides, avant le big-bang, il y avait de la pure information, un code, une suite de bits dans laquelle était inscrit le plan de l’Univers, la notice pour fabriquer un atome de fer, le schéma des étoiles, le plan de vol des abeilles…  Comment les complices de l’espace en sont-ils arrivés à une telle conclusion ?

Le code secret de l’Univers des Bogdanov

Les nombres premiers

Tout d’abord, les garçons solaires ne sont pas les premiers à imaginer que derrière cet apparent foutoir que semble être notre Univers, se cache un ordre, un code mathématique. Car tout est dans les mathématiques, le langage universel, celui que l’on utilise systématiquement pour comprendre, analyser les phénomènes physiques, que l’on soit ici sur la terre ou à l’autre bout de l’Univers. Si nous devions entrer en contact avec des extra-terrestres, sans nul doute, ce serait avec des mathématiques que nous pourrions communiquer. Car 2 + 2 font quatre à Marseille comme sur Alpha du Centaure.

Si on sait regarder, on s’aperçoit que les mathématiques sont partout, dans le cycle de reproduction des cigales ou des bambous, le vol du Coucou, la trajectoire d’un électron, le coup de pédale de ma grand-mère… Dans ce vaste océan numérique, une architecture se distingue, comme un squelette sur lequel tout peut s’accrocher : les nombres premiers : 1, 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19,23…  A partir de ces quelques nombres (en fait ils sont en quantité infinie), tous les autres peuvent être déduits : un nombre entier est forcément le produit unique de nombres premiers. Par exemple 22 = 11 x 2. Il n’y a pas d’autres produits qui donne 22. De même avec 50 = 5 x 5 x 2. La démonstration se trouve ici.

Or, les nombres premiers semblent ne répondre à aucune logique : ils apparaissent de manière a priori aléatoire dans la suite des entiers naturels. aucune formule ne permet de prédire leur apparition.  Les plus grands mathématiciens (BERNOULLI, EULER, GAUSS LEIBNIZ, GAUSS,…) s’y sont cassés les dents. Voilà donc l’instrument du codage : la suite des nombres premiers, cet édifice insaisissable à partir duquel tout peut être construit et tout fut écrit.

Le code secret de l’Univers de Dieu et des Bogdanov

Le code

Chaque être vivant est codé de manière unique. Vous-même qui lisez cet article possédez un code (dit génétique) contenant environ 3 milliards d’informations cachées dans votre ADN. Ce code vous préexistait. Votre être a été construit grâce aux instructions contenues dans ce code. Il en va de même pour une armoire IKEA (dont la notice n’est pas toujours très claire), une abeille, une pâquerette, mais aussi de l’Univers.

Il n’y a donc pas de hasard. Tout événement, toute création (comme celle d’une étoile) se font en suivant les instructions d’un code mathématique qui existait avant le Big-Bang. Un code qui, par exemple, donne le poids d’un neutron, la vitesse de la lumière, l’intensité de la force de gravitation, la constante d’Euler (e) ou la valeur de Pi.

Le code secret de l’Univers des Bogdanov

Un créateur

Qui dit « code », dit forcément « codeur » ou, pour reprendre les thermes de la Bible « Créateur ». Ainsi, notre Univers serait-il un immense jeu vidéo, programmé par un génial informaticien (ou plutôt mathématicien) qui aurait tout défini à l’avance. Jetons donc le Hasard dans les oubliettes des erreurs scientifiques. Le théorème de Pythagore existait bien avant Pythagore qui n’a fait que découvrir ce qui existait. Il existait d’ailleurs bien avant l’apparition du premier homme et du premier atome, comme le nombre Pi ou la constante d’Euler.

Tout semble avoir été minutieusement préparé, organisé dans le grand théâtre cosmique pour permettre l’apparition, sur la scène de l’Univers, d’une matière ordonnée, puis de la vie, et enfin de la conscience.

Qui dit aussi « Créateur » dit « finalité ». Pourquoi le Créateur a-t-il choisi de construire l’Univers et y poser cette créature étrange qu’est l’homme ?  On voit ainsi que plus la science avance, plus elle se rapproche des thèses créationnistes, de Dieu. Pasteur, Voltaire, Newton, Einstein  ou Jean-Paul II y avaient tous songé en affirmant que

« Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science en rapproche ». Pasteur

Le code secret de l’Univers des Bogdanov

EULER (1748)

euler2Comme à l’heure habitude, les cow-boys infernaux appuient leur théorie sur de grands noms, à commencer par le fameux mathématicien suisse Euler qui a vu, malgré un œil malicieux, le lien  (identité d’Euler) entre les entiers naturels n (terme de gauche) et les nombres premiers p (terme de droite) :

euler

Identité d’Euler

Il est pour le savant suisse alors évident qu’il y a un ordre dans ce chaos apparent des nombres premiers ; sa formule  commence en effet à le montrer ; ils n’ont pas été jetés au hasard dans l’infinie file des entiers naturels. La fonction suivante s’appelle zêta :

zeta

Zêta d’Euler avec n entier

Il montre que pour n = 2, le résultat est ∏/6 (problème de Bâle). Cette formule donne un accès à la répartition des nombres premiers. La relation entre zêta et la distribution des nombres premiers n’est pas évidente. Elle nécessite l’introduction d’une fonction un peu complexe dite de Tchebychev.

GAUSS

Carl_Friedrich_GaussIl met au jour l’un des théorème fondamentaux de l’arithmétique : tout entier se décompose en un produit de facteur premier unique.

La démonstration simplifiée est ici.

Densité GAUSS

Gauss montre que la quantité de nombre premiers inférieurs à un entier n est approximativement égal  à ln(n)/n : (ln(n) étant le logarithme népérien de n (fonction définie par Euler) :

Donc, bien que les nombres premiers semblent surgir aléatoirement, cette formule montre qu’il y a un réglage.

RIEMANN (1857)

riemann.jpgIl sait que la fonction Zêta d’Euler a jeté un pont entre les entiers et les nombres premiers. Il va la généraliser. Les exposants entiers (n) deviennent imaginaires (s). Ils ont une composante réelle (a) et une composante imaginaire (bi) et s’écrivent ainsi : s = a + b × i, plus simplement, s = a  + bi, ou i est l’imaginaire qui élevé au carré donne -1. Riemann montre alors que toutes les valeurs nulles de sa fonction se trouvent alignés dans le plan complexe et s’écrivent en fait 1/2 + bi ? Et c’est zéros ont un lien direct avec les nombres premiers. La fonction zêta de RIEMANN monterait que l’amplitude des oscillations des nombres premiers autour de leur position supposée est contrôlée par la partie réelle de ses zéros.Un hasard ?

zeta euler.png

Zêta de RIEMANN avec s complexe

On en sait rien, car 150 ans après son hypothèse n’est toujours pas démontrée. Mais il a montré qu’il y a bien un ordre dans ces fichus nombres premiers.

Nos compères spatiaux vont plus loin : quelqu’un les a classés.

MAXWELL (1859)

On quitte les mathématiciens pour rencontrer les physiciens. Et là, les Bogdanov mettent en lumière que l’ordre que l’on trouve dans les nombres premiers se retrouvent dans le monde physique, confirmant que tout a été écrit, dessiné, pensé, de l’atome à l’étoile, avec des nombres premiers !

maxwell.png

Maxwell

Toutes les sciences mathématiques sont fondées sur les relations entre les lois physiques et les lois des nombres, de sorte que le but des sciences exactes est de réduire le problème de la nature à la détermination des quantités par des opérations sur des nombres lois physiques. MAXWELL

Sa formule établit une règle sur le comportement des gaz et elle a la forme de la fonction zêta de RIEMANN-EULER ! D’un côté une formule établie par des mathématiciens qui ne concerne que les nombres, de l’autre, une formule sur les particules physiques et elles ont la même forme !

Bolzmann

bolzmann.jpg

Bolzmann

Bolzmann approfondit cette piste. Il aurait le premier a affirmé que les cerises, le sable, sont codés sous une forme algébrique. Il établit une formule encore aujourd’hui gravée sur sa tombe. bolzmann2.jpgElle établit un lien entre l’infiniment petit (les molécules d’un gaz) et notre monde macroscopique.

A gauche (S), c’est entropie qui mesure l’état de désordre d’un système. A droite c’est la somme des différents états (W) que prennent les éléments du système. k c’est la constante de Bolzmann.

Par exemple, une pièce bien rangée a une entropie faible. Les chaussettes sont dans un tiroir, les pantalons dans la penderie les livres sur l’étagère. Ils sont tous à leur place, c’est-à-dire qu’ils ont chacun 1 emplacement bien identifié. Si votre petit neveu passe l’après-midi dans sa chambre, il est fort à parier que les chaussettes vont se retrouver sur le lit, la chaise, voire sous le lit et les livres dans le tiroir et la penderie. Les objets auront plusieurs emplacements, ou pour parler comme Bolzmann, plusieurs états. L’entropie (le désordre) de la chambre aura augmenté. Dans un gaz, les chaussettes et les livres les molécules et le récipient est la chambre.

Bolzmann montre que, dans l’univers, l’entropie ne peut qu’augmenter. C’est-à-dire qu’il est de moins en moins organisé, ce qui permet de tirer deux conclusions :

  • il n’est pas éternel et terminera dans un big chill (refroidissement absolu) lorsque tout sera dispersé aux quatre coins de l’Univers ;
  • à l’origine, il était parfaitement organisé, codé.

Par qui ?

La suite de Fibonacci

Fibonacci2.jpg

Fibonacci

fib2.pngLa paire des étoiles s’étonne ensuite d’un curieux phénomène : le nombre de pétales de toutes les fleurs du monde prennent certaines valeurs et pas d’autres : 1, 2, 3, 5, 8. Or ces nombres correspondent, très exactement, à ceux qui apparaissent dans la fameuse suite de Fibonacci. Cette suite, découverte au treizième siècle par le mathématicien italien, est construite de la manière suivante : on part de 0, 1.  Le nombre suivant prend la valeur de la somme des deux précédents, soient 0 + 1 = 1.

fib8

La plus belle spirale de Fibonacci

La suite comprend maintenant 0, 1 et 1. On recommence, le 4ème nombre est la somme des deux précédents, soit : 1 + 1 = 2 ; le 5ème, 2+1=3 ; le 6ème, 3 + 2 = 5 etc ; la suite devient 0 – 1 – 1 – 2 – 3 – 5 – 8 – 13 – 21 – 34 – 55 – 89, etc…

On retrouve nos pétales. Dieu a donc dessiné les fleurs sur la base de la suite de Fibonacci.

Cette suite est très connue en architecture et on la retrouve aussi dans la nature. Elle est à l’origine du fameux nombre d’or.

Cette spirale magique est partout présente autour de nous : là où on ne l’attend pas… Dieu est bien mathématicien.

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La preuve par les artichauts pas très convaincante

On retrouve effectivement dans la natures (ananas, artichauts,..) des spirales de Fibonacci.

Y-a-t*il pour autant un dessein intelligent qui s’appuierait sur la suite du savant italien pour dessiner les végétaux ?

Une autre hypothèse peut en effet être avancée : cette répartition des pétales est optimum pour que chacune puisse recevoir le maximum de lumière. La sélection naturelle a ainsi pu faire son œuvre et ne retenir  que les végétaux les plus efficaces, ceux qui s’étaient « par hasard » construits selon la spirale de Fibonacci.

Claude SHANNON

Les Bogdanov convoquent ensuite le père de la théorie de l’information, inventeur du bit, cette variable qui ne peut prendre que deux valeurs, 0 et 1, à partir de laquelle tout peut être codé. Pour coder les faces d’une pièce (2 états possibles qui sont pile ou face),  il faut 1 seul bit (qui peut aussi prendre deux états).

Claude-E.-Shannon-006.jpg

Claude SHANNON

Il a montré aussi que l’entropie d’un système augmente lorsque l’information qu’il contient diminue. Et que cette entropie est en tous points similaire à celle décrite par Bolzmann.  Et on voit où le binôme infernal veut nous emmener : lorsque l’on remonte l’histoire de l’Univers, on a vu que son entropie diminuait. A l’instant zéro, elle était nulle, il n’y avait pas de matière, que de l’information, un gigantesque code originel.

Laundauer

D’autant plus que le savant suivant montre que tout dégagement d’énergie se traduit quelque part ailleurs par l’effacement irréversible d’une quantité d’information. Et la boucle est bouclée : le Big-Bang et un grand effacement d’information, le code originel, qui s’est alors traduit par un formidable dégagement d’énergie.

La conjecture Dyson-Montgommery

La fonction zêté de RIEMANN reste l’un des mystères des mathématiques modernes que de David HILBERT, en 1900, avait inscrit en tête des problèmes du XXème siècle. C’est une fonction qui est reliée directement à la théorie des nombres premiers.

qusai.jpgLes quasi-cristaux découverts en 1984  existent dans des espaces à 1, 2 ou 3 dimensions. DYSON a montré que les mathématiciens obtiennent une complète description des quasi-cristaux à 1 dimension (les plus courants) à partir des zéros de la fonction zêta de RIEMANN.Il s’agit d’un lien entre la distribution des nombres premiers et de l’organisation de la matière, une preuve supplémentaire du code de l’Univers.

 

Conclusion

Pour nos amis de l’hyper-espace, avant le mur de Planck le temps existait, mais dans sa dimension imaginaire.

Le mur de Planck serait une frontière entre notre Univers fait de matière, d’espace et de temps et un Univers mathématique pur ! Derrière le mur, le grand Tout tient dans un point sans dimension qui ne contiendrait que de l’information.

Avant le Big-Bang, l’Univers était en équilibre thermique (état KMS). Alors le temps, complexe, oscillait entre le temps réel et le temps imaginaire ; la métrique (distance d’espace-temps) fluctuait entre la forme minkowskienne de la relativité restreinte (notre Univers) et la forme euclidienne (la Singularité Initiale). Dans ce cadre les idées conventionnelles sur le début de l’Univers sont considérablement modifiées, particulièrement la notion de Singularité Initiale The Bogdanov brothers

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Un avis des éditions des Chavonnes

Le hasard dans le monde quantique

Je trouve (mais je suis moins savant que le couple gémellaire et galactique) que l’hypothèse du hasard dans le monde quantique est vite évacuée. Il semble pourtant que, à titre d’exemple, la désintégration d’un noyau radioactif se fasse de manière totalement aléatoire, sans obéir à une loi.

Seules les statistiques nous permettent de dire ce qui se passe : il faut en effet considérer un nombre suffisamment important de noyaux, pour saisir le phénomène. On peut juste avancer qu’au bout d’un certain temps (le temps de demi-vie) la moitié des noyaux se seront désintégrés. Si nous regardons un seul noyau, nous ne pouvons rein dire.

Il en est de même pour le chemin emprunté par une particule ou même de sa position.

Même chose pour la fusion de deux noyaux d’hydrogènes (protons) au cœur des étoiles ! La force électromagnétique (FEM), en effet, les conduit à se repousser mutuellement, car ils sont chargés tous deux positivement. Mais au cœur des étoiles, la chaleur est importante et projette les hydrogènes les un vers les autres. Pas suffisamment, car la FEM agit toujours comme repoussoir. Et c’est-là que l’incertitude quantique intervient. Elle permet aux hydrogènes de violer la FEM, de violer la loi en autorisant la fusion et donc au Soleil de briller.

Heisenberg (cité par les frangins interstellaires) a montré également qu’une particule encore non-détectée n’a pas de position définie. Elle est à certains endroits selon certaines probabilité. Schrödinger a mis tout ça en équation. Heisenberg a également montré que si nous tentons de connaitre la position de la particule, en la bombardant de rayons gamma par exemple, on perd toute information concernant sa vitesse.

Qui croire ?

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Joindre la conversation 4 commentaires

  1. Grichka. En effet. On considère aujourd’hui que le big bang est un jaillissement d’énergie qui a déferlé dans le vide primordial il y a 13 milliards 820 millions d’années. Or, ce déferlement d’énergie est extraordinairement ordonné. On sait, par exemple, qu’un champ présent dès les premiers instants de l’Univers, et qu’on appelle la “constante cosmologique”, est réglé avec une précision de l’ordre de 10 puissance 120. Ce qui fait dire à certains mathématiciens qu’il y a autant de chances de voir apparaître au hasard cette valeur-là que d’assister de façon tout aussi fortuite à l’assemblage d’un Boeing 747 à partir d’éléments métalliques éparpillés dans la nature. D’ailleurs, Planck observe quelque chose de très ordonné lorsqu’il scrute la première lumière de l’Univers. Et là, nous sommes 380 000 ans après le big bang. Mais au moment de celui-ci, ce réglage est d’une précision incroyablement plus élevée. A tel point qu’à cette échelle-là, le hasard ne joue plus aucun rôle, selon nous!
    Bogdanov
    Igor et Grichka Bogdanov Eric Hadj

    D’où vient-il, cet ordre qui apparaît dès le premier matin du monde?
    Igor. Nous pensons qu’il existe, avant le big bang, quelque chose qui soit de nature à régler l’évolution de l’espace-temps à partir de cet événement primordial, sachant que le big bang n’est pas l’instant zéro de l’Univers. Il débute à 10 puissance moins 43 seconde: c’est ce qu’on appelle “le temps de Planck”. Une fraction de seconde, certes, mais qui n’est pas le point zéro marquant le commencement du temps et de l’espace. Il se passe nécessairement quelque chose avant cette limite!

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  2. Grichka. C’est ce que nous avancions déjà dans nos thèses de doctorat dans les années 1990: dès lors qu’à cet instant de Planck, au moment du big bang donc, la matière naît et se révèle d’emblée très organisée et très contrainte, ce qui la précède, tout en n’étant pas de la matière, doit être fatalement très ordonné également. Question maintenant: qu’est-ce qui est à la fois immatériel et très ordonné? La réponse, c’est ce qu’on appelle “l’information”. Nous pensons donc qu’il existe une information originelle, structurée sous la forme d’une sorte de code cosmologique, qui serait pour l’Univers ce que le code génétique est pour les êtres vivants.
    Igor. Ce code serait formé de nombres purs, pi par exemple, un ensemble d’êtres mathématiques préexistants au big bang et auxquels obéissent les lois physiques de l’Univers. Galilée avait déjà eu cette intuition lorsqu’il disait que la nature est écrite en langage mathématique.

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  3. Voici les premiers instants de l’univers © DR
    Le 17 août 2013 | Mise à jour le 07 octobre 2013
    Interview Michel Bouffioux et Frédéric Loore

    Grâce aux photos du satellite Planck, les frères Bogdanov promettent de révolutionner notre connaissance de l’origine du monde.

    Paris Match. Vous évoquez l’abbé Georges Lemaître, un des principaux concepteurs de la théorie du big bang. Pourquoi celle-ci a-t-elle été si longtemps discutée, notamment à Bruxelles au début du siècle dernier, lors des congrès organisés par l’industriel belge Ernest Solvay ?
    Grichka Bogdanov. La première raison tient au fait que la communauté des physiciens et astrophysiciens d’alors, totalement dominée par Einstein, est absolument convaincue, à la suite de son chef de file, que l’Univers est fixe. Du reste, à l’époque, aucune observation astronomique ne vient contredire cette vérité qui semble donc immuable. Il faut ajouter à cela que jusqu’en 1924, année de la découverte par Edwin Hubble de l’existence d’autres galaxies en dehors de la nôtre, on n’a pas la moindre conscience du fait que l’Univers est bien plus vaste que notre seule Voie lactée, dans laquelle les amas d’étoiles observés sont invariablement à la même place. Pourtant, lorsque Einstein met la dernière main aux équations du champ de la relativité générale, il est pris d’un doute, parce qu’il réalise que ses calculs tendent vers un modèle d’univers non statique. Mais comme cela va à l’encontre de tout ce qu’il croit et observe, il recourt à un artifice mathématique qui lui permet en quelque sorte de fixer l’Univers.

    Le premier à dénoncer cet artifice et à introduire, à partir de la théorie de la relativité générale, l’idée d’un univers en expansion, c’est le Russe Alexandre Friedmann, en 1922. Après lui et sans rien connaître des travaux de son prédécesseur, Georges Lemaître s’impose comme un des pères fondateurs de la cosmologie non statique à l’origine de la théorie du big bang. En 1927, lors d’un de ces fameux congrès Solvay – contribution majeure de la Belgique à l’évolution des idées – qui rassemble à l’hôtel Métropole l’élite mondiale des physiciens et dont la moitié des participants de cette année-là obtiendront le Prix Nobel, Lemaître parvient à rencontrer Einstein et à lui soumettre une solution qui fait apparaître un univers non stationnaire. Einstein, déjà échaudé par les idées de Niels Bohr, le pionnier de la mécanique quantique, auquel il a lâché sa célèbre phrase “Dieu ne joue pas aux dés”, lui répond alors: “M. l’Abbé, vos mathématiques sont justes, mais votre physique est horrible.” Par la suite, c’est l’astronome Fred Hoyle, grand maître de Cambridge, qui reprend dans les années 1940 le flambeau de la lutte contre la théorie de l’expansion. Car même l’observation en 1929 par Hubble – encore lui! – de la fuite des galaxies n’a pas véritablement modifié les points de vue. Il faut attendre 1964 et la découverte du rayonnement fossile par les radio-astronomes américains Penzias et Wilson pour obtenir une première confirmation expérimentale indiscutable de l’existence du big bang. A partir de là, tout bascule.

    Vous écrivez que les premiers résultats de la mission d’exploration du satellite Planck, sont “de nature à changer pour toujours notre vision du monde”. D’autres satellites astronomiques, russes et américains, ont pourtant été lancés auparavant. En quoi l’européen Planck repousse-t-il bien plus loin les frontières de la connaissance?
    Igor Bogdanov. Planck est beaucoup plus puissant que ses deux derniers prédécesseurs: mille fois plus que Cobe, lancé en 1989, et trente fois plus que WMAP, lancé en 2001. Par conséquent, il nous a rapporté des images et des données bien plus précises, qui nous en apprennent plus que tout ce qu’on avait observé jusqu’à présent.
    Grichka. Ce que nous apprend Planck — bien que nombre de ses mesures doivent encore être analysées —, est à la fois de l’ordre de la révélation et de la révolution. Révélation tout d’abord, parce qu’il confirme le modèle standard de la cosmologie sur lequel les scientifiques fondent leur représentation de l’Univers. Il permet aussi de préciser une série de choses qui demeuraient relativement floues. Par exemple, l’âge de l’Univers, que l’on peut maintenant situer à 13 milliards 820 millions d’années. D’autre part, on connaît mieux sa composition, grâce à des données affinées relatives à la répartition de sa matière, etc. Révolution, ensuite, dans la mesure où Planck, en nous offrant une photographie ultra détaillée de la première lumière du monde, c’est-à-dire l’Univers tel qu’il se présentait 380 000 ans après le big bang, dévoile l’existence de ce qu’on appelle des “anomalies”. La plus manifeste d’entre elles est une dissymétrie entre les températures des pôles Nord et Sud de l’Univers. Le pôle Nord est légèrement plus froid que le Sud. Or, ça, le modèle standard ne peut pas l’expliquer. Pour y parvenir, des responsables de la mission comme Jan Tauber ou George Efstathiou en conviennent, il faut faire éclater les limites de la physique théorique actuelle.

    Ce qui signifie?
    Grichka. Ce qui signifie que, peut-être, une des façons d’expliquer ces anomalies serait de situer leur origine avant le big bang! Si vous allez sur le site officiel de Planck, vous y trouverez d’ailleurs une rubrique intitulée “Avant le big bang” ainsi que cette question, interdite lorsque nous la posions au début des années 2000: “Existe-t-il une trace de l’avant-big bang?”. Il n’y a pas si longtemps encore, c’était tout bonnement impensable.

    C’est une hypothèse que vous défendez depuis longtemps…
    Igor. Absolument! Et la révolution, elle est là. Lorsque nous argumentions dans ce sens il y a une dizaine d’années, la communauté scientifique poussait des cris d’horreur. On nous est tombé dessus de manière très brutale en disant qu’il était stupide d’imaginer quoi que ce soit avant le big bang. Planck a vaincu ces réticences.

    Un autre savant belge, Ilya Prigogine, Prix Nobel de chimie en 1977, a mis en évidence l’existence d’un ordre à l’œuvre derrière le chaos apparent des systèmes complexes. Cet ordre gouverne l’univers avec tant de précision, dites-vous, qu’il ne peut être le fait du hasard. Les résultats de la mission Planck confortent-ils cette vision?
    Grichka. En effet. On considère aujourd’hui que le big bang est un jaillissement d’énergie qui a déferlé dans le vide primordial il y a 13 milliards 820 millions d’années. Or, ce déferlement d’énergie est extraordinairement ordonné. On sait, par exemple, qu’un champ présent dès les premiers instants de l’Univers, et qu’on appelle la “constante cosmologique”, est réglé avec une précision de l’ordre de 10 puissance 120. Ce qui fait dire à certains mathématiciens qu’il y a autant de chances de voir apparaître au hasard cette valeur-là que d’assister de façon tout aussi fortuite à l’assemblage d’un Boeing 747 à partir d’éléments métalliques éparpillés dans la nature. D’ailleurs, Planck observe quelque chose de très ordonné lorsqu’il scrute la première lumière de l’Univers. Et là, nous sommes 380 000 ans après le big bang. Mais au moment de celui-ci, ce réglage est d’une précision incroyablement plus élevée. A tel point qu’à cette échelle-là, le hasard ne joue plus aucun rôle, selon nous!
    Bogdanov
    Igor et Grichka Bogdanov Eric Hadj

    D’où vient-il, cet ordre qui apparaît dès le premier matin du monde?
    Igor. Nous pensons qu’il existe, avant le big bang, quelque chose qui soit de nature à régler l’évolution de l’espace-temps à partir de cet événement primordial, sachant que le big bang n’est pas l’instant zéro de l’Univers. Il débute à 10 puissance moins 43 seconde: c’est ce qu’on appelle “le temps de Planck”. Une fraction de seconde, certes, mais qui n’est pas le point zéro marquant le commencement du temps et de l’espace. Il se passe nécessairement quelque chose avant cette limite!
    Grichka. C’est ce que nous avancions déjà dans nos thèses de doctorat dans les années 1990: dès lors qu’à cet instant de Planck, au moment du big bang donc, la matière naît et se révèle d’emblée très organisée et très contrainte, ce qui la précède, tout en n’étant pas de la matière, doit être fatalement très ordonné également. Question maintenant: qu’est-ce qui est à la fois immatériel et très ordonné? La réponse, c’est ce qu’on appelle “l’information”. Nous pensons donc qu’il existe une information originelle, structurée sous la forme d’une sorte de code cosmologique, qui serait pour l’Univers ce que le code génétique est pour les êtres vivants.
    Igor. Ce code serait formé de nombres purs, pi par exemple, un ensemble d’êtres mathématiques préexistants au big bang et auxquels obéissent les lois physiques de l’Univers. Galilée avait déjà eu cette intuition lorsqu’il disait que la nature est écrite en langage mathématique.

    On ne fait que déplacer le questionnement: quelle est l’origine de ces nombres? Ces lois, qui les a écrites?
    Grichka. Personne ne peut répondre à cette question. C’est le mystère ultime.

    Démuni face à ce mystère, Einstein s’en est remis à un “esprit supérieur” que d’aucuns appellent Dieu. Et vous?
    Igor. Vous faites référence à ce qu’avait répondu Einstein, en 1936, à un enfant qui lui avait demandé s’il croyait en Dieu. Sa réponse écrite fut celle-ci: “Tous ceux qui sont sérieusement impliqués dans la science finiront un jour par comprendre qu’un esprit se manifeste dans les lois de l’Univers, un esprit immensément supérieur à celui de l’homme.” Nous n’avons pas d’autre réponse que celle-là quand on pose la question de l’origine des lois dont l’exactitude fait que rien ni personne ne peut s’y dérober.

    L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan dit que si l’on accepte le principe selon lequel notre Univers est unique, le hasard ne peut pas expliquer son origine.
    Igor. Complètement. Si notre Univers est unique, son existence est un miracle.

    La physique ne pose-t-elle pas des questions qui faisaient partie, jusqu’alors, du domaine réservé à la métaphysique ou à la théologie? Pour paraphraser le dialogue que vous aviez naguère avec Jean Guitton, pensez-vous que le croyant et le savant puissent à nouveau débattre sereinement?
    Igor. Ce que vous exprimez est fondamental et, de fait, ce débat peut et doit avoir lieu. D’ailleurs, qu’il s’agisse du satellite Planck ou du LHC [l’accélérateur et collisionneur de particules installé au Cern], ce sont ce qu’on pourrait appeler des machines métaphysiques, l’une céleste, l’autre terrestre. Les expériences extraordinaires menées grâce à ces fantastiques machines, les plus grandes du monde et de l’histoire à ce jour, bien que strictement scientifiques, débouchent sur ce fameux mystère et nécessairement sur des questions liées à la transcendance.

    Tout de même, ne peut-on envisager qu’à l’avenir des scientifiques finiront par résoudre ce mystère?
    Igor. Non. Le mystère suprême de l’origine des lois demeurera. La réponse n’existe pas, elle n’est pas donnée et elle ne le sera sans doute jamais. L’homme est parvenu devant un mur infranchissable.

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  4. Les frères Bogdanoff publient en 2004 Avant le Big Bang, un livre de vulgarisation scientifique relatif à leurs travaux. Le contenu de ce livre, vendu à plus de 80 000 exemplaires[réf. nécessaire], est fortement critiqué par certains des lecteurs, notamment par le mathématicien Fabien Besnard (La Recherche n° 379) et par David Fossé (Ciel et Espace n° 413) ainsi que sur Internet, par des lecteurs aussi bien scientifiques de profession ou de formation que simplement curieux de science[réf. nécessaire].
    Le physicien Jean Bricmont.

    Le livre a été violemment critiqué pour certaines erreurs matérielles ou pour des raisonnements jugés aberrants (les auteurs suggèrent par exemple une correspondance entre quatre ensembles de nombres et les dimensions de l’univers à partir d’un simple jeu d’analogie ou croient voir l’origine du monde dans une simple convention d’algèbre). Il est également reproché aux Bogdanoff d’utiliser un discours jargonnant pour impressionner le lecteur non scientifique (on peut faire l’analogie avec ce que Henri Broch appelle « l’effet puits » en astrologie : plus un discours est vague, c’est-à-dire jargonnant dans le cas présent, plus le lecteur a l’impression que le texte est érudit18), tout en employant les termes scientifiques de façon inappropriée (ce qui est dénoncé par Alan Sokal et Jean Bricmont dans Impostures intellectuelles)19.

    Les Bogdanoff se défendent en rappelant que leur livre est de vulgarisation, et en utilisant l’idée qu’il ne contient que les approximations et les erreurs inhérentes au genre, et que les scientifiques le jugent à tort avec des critères adaptés seulement pour des publications scientifiques[réf. nécessaire].

    Certains reprochent enfin à ce livre de contenir des citations traduites de façon erronée, de telle sorte qu’elles font paraître l’opinion exprimée plus en faveur des frères Bogdanoff. Selon ces derniers, cela ne résulterait que d’une mauvaise traduction[réf. nécessaire].

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Astrophysique, Bogdanov

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