Une définition du vivant n’est pas simple à donner.  Qu’est ce qu’un être vivant ? Comment se distingue-il d’un être inanimé ? Où se situe la frontière ? A quel moment dans l’histoire de l’Univers cette frontière a-t-elle été franchie ?Personne n’en sait rien, Seules circulent des hypothèses, des conjectures plus ou moins solides.

Pour en savoir plus : une brève histoire de la vie.

Une définition de la vie


A lire sur le même sujet


Que nous dit le petit Larousse ?

« Les êtres vivants sont des Êtres organisés (animaux, végétaux, unicellulaires) présentant ou ayant présenté les caractères de la vie et susceptibles d’être classés en espèces et en groupes.  » Définition du vivant selon le petit Larousse

Bref, un être vivant est un être qui vit… On n’est pas plus avancé.

Quand on y réfléchit, on se dit qu’un être vivant, une grenouille par exemple, est constitué des mêmes éléments qu’un être « non-vivant ». Cette brique élémentaire est bien entendu l’atome (ou le quark si on descend encore d’un étage).

Un cailloux est constitué d’atomes de carbone, de silice, de fer, de manganèse, etc… parfois organisés en cristaux, mais en tout cas similaires aux atomes de carbone, silice, de fer, de manganèse que l’on trouve dans une cellule.

Le mystère de la vie réside donc ailleurs. Il existe une frontière qui partage les deux mondes, une frontière à rechercher en remontant dans le temps, en identifiant la forme de vie la plus simple, la plus élémentaire.

Les bactéries

Schéma de la cellule bactérienne typique. Cependant, certains des éléments présentés ici, comme le flagelle qui sert à la locomotion, n'équipent pas toutes les bactéries. © LadyofHats, Wikipédia, DP

Une bactérie

La frontière doit-elle être dessinée le long du chemin emprunté par les premières bactéries, dont notre Petit-Larousse nous rappelle qu’ils s’agit « d’Être unicellulaire, à structure très simple, dépourvu de noyau et d’organites, au matériel génétique diffus, généralement sans chlorophylle et se reproduisant par scissiparité «  ?

Certes les bactéries sont d’une simplicité première, si on les compare aux premières cellules eucaryotes. Ces dernières possèdent un noyau, délimité par une double membrane appelée enveloppe nucléaire. 

Pourtant, les bactéries ne sont pas les premier stade de la vie.  Comme on le voit sur le schéma, la bactérie est déjà un organisme très complexe, fruit de milliards d’années d’évolution.

Le carbone

La matière organique semble, sur terre en tout cas, tourner autour de la chimie du carbone. Pourquoi le carbone plutôt que la silice, par exemple, bien plus abondante sur terre ?

Le carbone a l’avantage de s’assembler avec ces congénères, et notamment l’hydrogène, l’oxygène, l’azote, le phosphore et le soufre assez facilement. Est-ce pour cette raison que la nature à emprunter le chemin du carbone ? Probablement. On peut notamment fabriquer à partir du carbone les premiers éléments chimiques essentiels  à la vie qui vont, plus tard, former les acides  aminés puis les protéines. Ces deux éléments chimiques sont :

  • le formaldéhyde (HC=O) ;
  • l’acide cyanhydrique (HCN) ;

Mais le constituant de la vie (le carbone) ne fait pas une définition. Encore une fois, il faut regarder ailleurs, sans doute dans les caractéristiques de la vie.

Une tentative de définition

Si on considère qu’un être vivant est capable de se nourrir, d’évoluer et de se reproduire a-t-on atteint notre but ?On s’en approche en tout cas. La NASA donne la défibnition suivante :

Est vivant tout système délimité sur le plan spatial par une membrane semi-perméable de sa propre fabrication et capable de s’auto-entretenir, ainsi que de se reproduire en fabriquant ses propres constituants, à partir d’énergie et/ou à partir d’éléments extérieurs. Définition de la vie selon la NASA

Le cristal, par exemple, peut se reproduire. Il se nourrit en puisant dans le milieu ce qui lui convient. Selon la définition de la NASA, un cristal est donc vivant.

Et un virus (voir plus loin l’article de FUTURA-SCIENCE)? On se souvient tous avoir appris sur les bancs de l’école que « les virus n’ont pas le privilège de la vie », car ils sont incapables de se répliquer seules : ils ont besoin d’un hôte.Un virus n’est donc pas vivant pour la NASA.

Et un mulet ? Au sens de la NASA , un mulet n’est pas vivant car incapable de se reproduire.

La définition de la NASA semble donc bancale.

La complexité

Il semble qu’il faille ajouter un paramètre : la vie tend vers la complexité. Le cristal se reproduit certes, mais à l’identique. Il est le même aujourd’hui qu’il y a 5 milliards d’années. En résumé, il n’a pas d’histoire. Prenons au contraire les êtres vivants des origines et comparons-les à l’homme ! Ça n’a bien sûr rien à voir.

La vie tend donc vers toujours plus de complexité. Et plus elle se complexifie, plus elle se diversifie en des êtres singuliers. La vie devait être uniforme à son origine. Aujourd’hui elle est diverse. Et il est fort probable que, dans chaque niche biologique, elle ait abouti à des spécimens uniques. Il est ainsi très peu probable que l’on trouve des tigres à dent de sabres ailleurs dans l’univers.

Un article de FUTURA SCIENCE

Afficher l'image d'origine

Schéma d’un virus par Science Junior

Un virus est-il vivant ?

Pour mieux cerner le débat, il faut revenir aux travaux de l’équipe de Craig Venter. Fin 2003, ces scientifiques ont réussi à synthétiser complètement l’ADN d’un bactériophage, un virus qui infecte les bactéries. Puis cet ADN a été injecté artificiellement dans une bactérie, les gènes du virus se sont alors exprimés et la bactérie s’est mise à produire des particules virales fonctionnelles.

Certains médias en ont alors conclu hâtivement que la vie avait pu être recréée en laboratoire. Or, un virus ce n’est pas que de l’ADN. Les virus sont composés d’un génome entouré d’une coque faite de protéines. Seules ces particules complètes pénètrent efficacement dans les cellules. Les chercheurs américains, certes avec une rapidité impressionnante, n’ont fabriqué que l’ADN viral puis l’ont forcé à pénétrer dans des bactéries.

Les scientifiques qui démentent le plus farouchement cette annonce de création de la vie in vitro affirment même que de toutes manières, les virus ne sont pas des organismes vivants et qu’ils ne sont que des agrégats de molécules. Cette affirmation nous amène à revenir sur le débat concernant le statut des virus et sur ce qui caractérise le vivant.

Un virus est-il vivant ?

En effet, si les virus ne sont que des agrégats d’ADN ou d’ARN et de protéines, alors que sommes nous donc si ce n’est un agrégat plus complexe de ces mêmes molécules ? Si demain une mission retrouve des traces de virus sur Mars, tout le monde clamera que la vie a été découverte sur cette planète.

Certes les virus sont quasiment inertes à l’extérieur des cellules et ne peuvent se multiplier qu’une fois dans le milieu intracellulaire. Mais ce statut de parasite absolu doit-il pour autant les exclure de la classification des organismes vivants ? De nombreuses espèces de parasites (les larves de schistosomes par exemple) ne peuvent survivre longtemps à l’extérieur d’un hôte adéquat.

Autre caractéristique importante du vivant, la capacité à se reproduire. Pour se multiplier, les virus adoptent une technique tout à fait particulière et d’une efficacité redoutable. Malgré un nombre très réduit de gènes (sept seulement pour le terrible virus Ebola), ils réussissent à détourner à leur profit toute la machinerie cellulaire. Une seule cellule infectée peut ainsi produire en fin de cycle des centaines d’exemplaires du virus.

Enfin, trait essentiel de la vie sur cette planète, l’évolution. Comme tous les êtres vivants, les virus subissent des mutations dans leur génome qui leur permettent de s’adapter à de nouvelles conditions environnementales. Cette faculté leur a permis d’être capables d’infecter toute forme de vie cellulaire (plante, animaux, bactéries) présente sur Terre. Dans certains cas, les virus peuvent même passer d’un type d’organisme à l’autre, voir se combiner entre eux, comme on le redoute pour la grippe du poulet.

Il est peut-être de mauvais ton de glorifier les virus en cette période d’épidémies, mais d’un point de vue strictement scientifique, ces merveilles d’efficacité biologique semblent mériter leur statut d’organisme vivant.

Publicités

Joindre la conversation 7 commentaires

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

Science de la vie