A l’heure ou l’hortensia risque de détrôner le cannabis, les éditions des Chavonnes se sont interrogées sur l’intérêt de sa légalisation.

Et puis, elles sont tombées, par hasard, sur un très intéressant article de Pierre ROPP, professeur à l’université de Paris I, paru dans le Dauphine Libéré, et qui apporte de bonnes pistes pour la réflexion. Le titre de le l’article est déjà tout un programme : « Pour frapper les trafiquants au portefeuille » ! Tout serait-il donc là ? Peut-être. Mais toujours soucieux d’apporter de la valeur ajoutée au débat, le Petit-Père COMBES (qui n’a jamais réussi à fumer) se propose de comparer notre situation avec celle des États-Unis pendant la prohibition de l’alcool (1919-1933).

En effet, malgré la nature différente du produit interdit, la situation fut la même outre-Atlantique, il y a un siècle, mais la réponse donnée par les politiques, fut fort différente. Ceci dit, le petit-père COMBES en est persuadé : un jour viendra où le cannabis sera vendu en pharmacie…

Rappelons que que c’est l’Association Against the Prohibition Act Amendment (AAPAA) qui eut la peau de la prohibition de l’alcool. Elle avança notamment que la loi

  1. limitait les libertés individuelles ;
  2. était inefficace ;
  3. faisait perdre à l’État l’argent des taxes.

Peut-on en dire autant de la loi interdisant le cannabis ?

La question des liberté

Légaliser l’utilisation du cannabis est-il un moyen de rendre les gens plus libres ? Question délicate On peut voir cette question sous différents angles. L’État a parfois comme mission de protéger les gens contre eux-mêmes. Tout est une question de dosage.

La prohibition est-elle efficace ?

La période de prohibition de l’alcool (1919-1933) a été florissante en termes de consommation. Il en est de même aujourd’hui par le cannabis : tous ceux qui ont des adolescents savent qu’il n’y a rien de plus facile que de se procurer de l’herbe. Elle est en vente libre, elle pousse sur les balcons, nos représentants se vantent d’en consommer (enfin une certaine Dominique V. de Montreuil en particulier) .

Or, pour être efficace, il faut qu’une loi soit appliquée, c’est-à-dire que l’État ait les moyens de la faire appliquer. ce qui n’est manifestement pas le cas.

A qui profite aujourd’hui le crime ?

Bien évidement, aux trafiquants.

Aujourd’hui, ce sont les organisations criminelles qui font la loi sur le marché. En le légalisant, cela permettrait à l’Etat de le prendre en main et de le réglementer. En frappant les trafiquants au portefeuille, on ferait disparaître le marché noir et on ruinerait cette économie. Pierre ROPP

La prohibition de l’alcool au États-Unis a fait la fortune des mafias en tout genre, et notamment de la mafia italienne. La prohibition a fait leur puissance, leur permettant d’influencer les élections.

Quelles sont les conséquences sanitaires de la prohibition du cannabis ?

Bien entendu, la plupart du temps, le cannabis vendu sous le manteau est de bonne qualité. Mais pas toujours. Les consommateurs ne savent pas réellement ce qu’ils fument… Il s’est passé la même chose pendant la prohibition de alcool (1919-1933) aux États-Unis était mis sur le marché tout et surtout n’importe quoi. De nombreuses paralysies, cécités, lésions cérébrales ont alors été répertoriées. La légalisation de l’alcool a mis fin cette mortelle dérive.

ajoutons également qu’en termes d’addiction et d’impact sanitaire, la cannabis n’a rien à envier à l’alcool ou à la nicotine.

Bref, légaliser le cannabis permettrait d’en contrôler la qualité.

Le manque à gagner pour l’État

L’argent qui part dans les poches des trafiquants pourrait plus utilement remplir les coffres de l’État. En effet, légaliser le cannabis permettrait d’en fixer le prix, suffisamment haut pour dissuader la surconsommation et pour en tirer le maximum de taxes (Pierre ROPP estime ainsi à 2 milliards d’euros le manque à gagner pour l’état.)

Les risques de dérives ?

Tout d’abord, il convient de signaler que la dérive est déjà-là : un jeune sur deux avoue avoir fumé de l’herbe. Légaliser le cannabis permettrait de réglementer sa consommation : interdiction aux mineurs, dans les lieux publics, par de pub., comme c’est le cas pour la cigarette qui est, il est toujours utile de le rappeler, une drogue tout aussi douce. Pierre ROPP estime ainsi que la légalisation n’induirait pas d’augmentation de la consommation.

Le courage politique ?

En plein retour des valeurs ancestrales, on peut effectivement se poser la question. Ceci dit, si les américains l’ont fait, nul doute que nous saurons le faire.

Prochain article : faut-il légaliser la prostitution ?

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