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Une brève critique de LE MAL DE PIERRE de Nicole GARCIA

Film troublant, hypnotique, dérangeant. Il ne faudrait pas et pourtant, on cède au charme animal de Marion COTTILARD ; charme que l’on sait fatal tant la fille est tourmentée, écorchée presque folle.

Que s’est-il passé au 26 rue Camines ? Nous sommes dans les années 60, le taxi est bloqué par un livreur de légumes visiblement peu pressé. Calée sur la banquette-arrière, Gabrielle semble apaisée. Son regard bleu-acier se promène sur les murs usés la petite rue Lyonnaise.

Soudain, son visage se fige : elle lit sur la plaque le nom du mort. CAMINE. Elle se jette hors de la voiture et se précipite au numéro 26, laissant derrière elle son mari et son fils. Son index parcours fiévreusement les étiquettes collées sur les boîtes aux lettres. Il s’arrête sur le premier étage où habite un certain monsieur SAUVAGE.

Le soleil brûle la terre poussiéreuse Provence que travaille une poignée de travailleurs espagnols, réfugiés politiques fuyant la dictature de Franco. Nous sommes sans doute 10 ans plus tôt, dans les années 50.  Gabrielle cherche l’amour. Un amour physique, charnel. Elle tourne autour d’un maître d’école, un homme marié, rangé dans la petite société provençale. Elle lui écrit des mots crus, attend qu’il « envahisse son corps brûlant… »  Rejetée,  elle se rue dans la nuit. Le lendemain, on la retrouve inconsciente dans un fossé rocailleux, blessée. Sa mère est désespérée. Elle propose à José, le chef des ouvriers espagnols, de l’épouser pour en faire une femme respectable, pour qu’elle construise une famille, donne un héritier mâle à la famille.

Des morceaux de cailloux lui tiraillent les reins, lui interdisant toute maternité. C’est le mal de pierre. José se saigne pour lui payer une cure dans un hôtel cossus des alpes suisses. D’abord réticente, elle fait la connaissance d’une employée originaire de Provence, comme elle, qui devient son amie. Mais c’est surtout la rencontre avec un vétéran d’Indochine, un lieutenant usé par la guerre, cloué au lit par une étrange maladie, qui redonne à Gabrielle le goût de la vie. Elle pénètre dans sa chambre, brûlante de désir pour cet homme marqué par la vie, cassé par la douleur, cette peau burinée qui demande ses caresses. Plus rien d’autre ne compte. Elle veille le corps le plus souvent inconscient, terrassé par les prises d’opium qui soulage les douleurs. Dans ses rares moments de lucidité, il cède aux charmes de Gabrielle.

José visite de temps en temps sa femme. Elle ne lui montre rien, ou plutôt du dédain. Alors il repart, sombre, encaissant la méchanceté de sa femme  sans dire un mot. Gabrielle appartient dorénavant à André SAUVAGE, son beau lieutenant avec qui elle fait l’amour du soir au matin.

Le soleil réchauffe les jardins de l’hôtel. Gabrielle allongée sur la pelouse parcourt France-Soir. La guerre d’Indochine est perdue. Son regard se perd sur la façade de l’hôtel. Bien entendu elle cherche la fenêtre de son amant. Encore une fois son visage se fige lorsqu’elle aperçoit la fenêtre ouverte et un matelas nu affalé sur la rambarde. André Sauvage n’est plus là. Une ambulance l’emmène sur les routes serpentantes des Alpes suisses, une ambulance que jamais elle ne rattrapera. Terrifiée, elle se souvient que le dernier malade ainsi parti n’est jamais revenu.

Pourtant, André revient, pour quelques jours. Il est revenu pour elle…

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CATÉGORIE

cinéma