Brève histoire du parti socialiste français de Babeuf à Hollande

Afficher l'image d'origineUn résume du socialisme à la française

Le parti socialiste français est né en 1920, lors du congrès de Tour, lorsque les deux tendances de la gauche, réformatrice d’un côté et révolutionnaire de l’autre, ont constaté leurs divergences irréconciliables (déjà…). Il est mort en 2017, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2017, déchiré entre son aile gauche séduite par les utopies de la France insoumise de Mélenchon et son aile droite attirée par la volonté de consensus d’En marche ! d’Emmanuel MACRON. Le changement de nom voulu par son secrétaire général ne suffira pas à le sortir de la tombe dans laquelle il s’est tout seul enterré. Les idées de gauche survivront. Le vieux parti de Léon BLUM et Mitterrand, quant à lui, vient  de nous a quitter.

Vie et mort du Parti Socialiste (PS)

Le socialisme, même s’il ne portait pas encore ce nom, est en fait aussi vieux que l’humanité : il y a 20 000 ans, nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en petites communautés, partageant tout, ne possédant rien. La sédentarisation et la propriété privée

L’invention de l’agriculture, il y a 5000 ans quelque part en Mésopotamie, remit en cause ce doux équilibre : la récolte, fruit d’une année de labeur, supposa la sédentarisation, mais aussi la création de la propriété privée. Rousseau vit dans cette première clôture le début des malheurs de l’humanité :

Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, que de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne.

Jean-Jacques ROUSSEAU.

L’abondance de nourriture permit une explosion de la démographie, mais aussi une baisse de l’espérance de vie : la propriété privée, en effet, engendra la hiérarchie, le travail pour autrui, les privilèges et la guerre.

La servitude volontaire

Au XVIème siècle, La Boétie (La Servitude volontaire) expliqua les raisons pour lesquelles les serfs, pendant si longtemps, acceptèrent de se soumettre, de sacrifier leur force de travail pour le bonheur d’un seul : le Roi. L’habitude, la coutume, mais aussi la religion, furent les garants de la Monarchie : « arrêter de servir et vous voilà libre « avait-il dit. Il fallut attendre encore quelques siècles.

La révolution française

Afficher l'image d'origine1789. Les bourgeois prirent bien vite les rennes de la Révolution commencée dans la rue : Demoulins, Danton ou Robespierre revendiquèrent, certes, la fin des privilèges des Nobles, mais refusèrent d’inclure, dans leurs revendications, le petit peuple : la conjuration des Égaux des Grachus Babeuf, premier manifeste communiste,  fut écrasée dans le sang.

Avec la Révolution, le pouvoir a été transféré des mains du Monarque vers celles des bourgeois-patrons. Les serfs étaient devenus des ouvriers, mais ils étaient restés des esclaves. Leurs conditions de travail déjà difficiles devinrent misérables. Le chef d’entreprise accorda un salaire, un minimum vital visant simplement à garantir la reproduction de sa force de travail.

Mais l’esprit de la Révolution était là. Les usines et les mines devinrent le théâtre des premières revendications ouvrières. Zola, dans Germinal, décrivit cette époque révolutionnaire.

Le socialisme français

Le socialisme français naquit dans cette première partie du XIXème siècle. Charles FOURRIER fut l’un de ses premiers théoriciens. Pour Marx et Engels, il fut le pionnier du socialisme dit « utopique ». Fourrier proposa de tester la validité de son modèle d’autogestion avec ces phalanstères. L’expérience ne dura guère et se solda par un échec.

Bizarrement, on doit à nos amis britanniques, champions du libre-échange, le terme « socialisme » : ce fut même un chef d’entreprise, Robert OWEN, terrifié par la misère ouvrière, qui développa un mouvement coopératif dont le but était d’agir comme un antidote à la dissolution des liens sociaux qu’avait provoquée le capitalisme.

Pour transformer radicalement la condition et le comportement des défavorisés, il faut les retirer du milieu, les placer dans des conditions conforme. Les enfants  de trois ans iront à l’école, mangeront au réfectoire et dormiront dans des dortoirs. Tous les hommes seront employés dans l’agriculture ou dans l’industrie, ou tout autre secteur utile à la communauté. Robert OWEN

Afficher l'image d'origineL’ouvrier du XIXème siècle était « théoriquement libre ». Dans les faits, seul face au chef d’entreprise, il ne pesait guère. En France, les revendications furent écrasées par la troupe (révolte des canuts lyonnais en 1831), confirmant ce que dira Marx : l’Etat est la super structure de la classe dominante. La révolution de 1848, qui renversa Louis-Philippe,  eut clairement une couleur sociale et celle de 1871 (la commune de Paris) plus encore.

L’internationale ouvrière

Londres, 1864. Les forces ouvrières décidèrent de se fédérer dans une grande communauté internationale pour créer un véritable contre-pouvoirs aux grands capitalistes.  A l’initiative des traders anglais se tint la première Internationale des travailleurs. Cette première initiative dura 6 ans.

La commune de Paris – naissance du socialiste politique

En mars 1871, suite à la défaite contre les Prussiens, la commune de Paris, emmenée par Blanqui, fondateur de l’ultra gauche française, se souleva contre le pouvoir central, qualifié de bourgeois, et décida de s’organiser en autogestion. Thiers décida de mater la révolte :  30 000 morts ! Dont une majorité d’ouvriers. Le mouvement ouvriers continua toutefois à s’organiser, unifiant les forces socialistes sous le pavillon de la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France (FPTSF). A peine unifiées, les forces socialistes se divisent en de nombreuses factions :

  • les partisans de Jules GUESDES (parti ouvrier français), adoubés par Marx ;
  • les partisans de Jean Allemane (parti ouvrier révolutionnaire), prônant l’autogestion voire l’anarchie ;
  • les socialistes indépendants de Jean Jaurès et Millerand, renforcé plus tard par Léon Blum, plus réformateurs que révolutionnaires ;
  • les Blanquistes  (parti socialiste révolutionnaire) dirigés par Vaillant.
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La commune de Paris par TARDI

La deuxième Internationale

Paris, 1889. Engels lança la deuxième internationale en fédérant les différents partis socialistes européens. Elle ne survivra pas à la guerre.

Marx devint le grand penseur du socialisme, un socialisme dit « scientifique ».

Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Karl Marx

En 1895, fut  créée la CGT, organisation syndicale qui se voulait indépendante du pouvoir politique (chartes d’Amiens de 1906).

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CGT

L’unification des forces socialistes : la SFIO (1905-1969)

Les cicatrices apparues en 1882 étaient encore bien profondes à l’aube du XXème siècle.  L’entrée de Millerand au gouvernement (avec l’aval de Jaurès) mit encore le feu aux poudres. Il fallut le charisme de Jean Jaurès pour réconcilier les deux gauches irréconciliables :

  • révolutionnaires, d’un côté avec Guesdes et Vaillant ;
  • réformistes, de l’autre avec Paul Brousse ;
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Affiche de la SFIO

au sein de la SFIO, la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), ancêtre du parti socialiste.

 

Il devint le leader du socialisme français pour les dix années à venir. Mais les bruits de bottes se faisaient plus pressants de l’autre côté du Rhin. Fallait-il voter les crédits militaires, c’est-à-dire faire passer l’idée de Nation avant celle de la cause ouvrière ?

La SFIO finit par se ranger dans le camp des belligérants, faisant voler en éclat l’Internationale ouvrière. Mais face à l’horreur de la guerre, dont les victimes furent essentiellement ouvrières et paysannes, des mouvements de gauche se fédérèrent pour dénoncer la guerre des capitalistes, que ce soit du côté allemand ou du côté français.

La révolution bolchévique (1917)

Lénine sortit la Russie de la guerre traité de Brest-Litovsk). Il mit sur pied la IIIème internationale (ou Kommintern). Pour adhérer à cette nouvelle Internationale, Lénine imposa aux partis communistes européens le respect de ses 21 conditions, dont:

  • prendre le nom de parti communiste 
  • purger les effectifs des  petits-bourgeois
  • mettre en ouvre « le centralisme démocratique »
  • développer à l’échelle industrielle la propagande notamment dans l’armée et la paysannerie
  • soutenir l’émancipation des colonies.

Congrès de Tour (1920)

Ce fut lors du congrès de Tour que la ligne de partage entre communistes et socialistes se dessina :

  • d’un côté, les révolutionnaires, partisans de la IIIeme internationale (dont Souvarine ou Cachin) qui créèrent le parti communiste français (PCF) ;
  • de l’autre, les réformistes, (dont Léon Blum) regroupés dans ce qui restait de la SFIO.
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Congrès de Tour 1920

Le Front Populaire (1936-1938)

Le risque que fit courir la radicalité des droites en 1934 unifia les différents partis de gauche (le rassemblement populaire de 1935). Ils devinrent majoritaires, entre 1924 et 1926, au sein du Cartel des gauches (avec le soutien sans participation du parti socialiste). En 1936, le Front Populaire, emmené par Léon Blum, gagna les élections. Les socialistes, pour la première fois, participaient à un gouvernement. La semaine de 40 heures, les congés payés furent ses premières réformes emblématiques. Mais devant le coût des réformes, une pause fut décidée.

Le spectre de la guerre

De l’autre côté des Pyrénées.

La guerre d’Espagne faisait rage. Le gouvernement BLUM hésita à apporter son soutien aux forces démocratiques (dont le parti socialiste espagnol) qui s’opposaient au général Franco. En effet, le menace d’une guerre avec l’Allemagne était réelle et la France avait besoin de son allié britannique qui voyait d’un mauvais œil tout soutien à l’opposition de gauche espagnole.

De l’autre côté du Rhin.

Après avoir écrasé dès 1919 les révolutionnaires des ligues spartakistes (Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht) de Bavière, la droite la plus radicale d’Adolf Hitler gagna en 1933 les élections. En avril 1938, le Front Populaire explosa et Edouard Daladier, chef du parti radical, devint président du Conseil. Il fut l’homme des accords de Munich de 1938. Les communistes avaient maintenant le soutien du peuple de gauche.

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Munich 1938 – Daladier, Hitler, Mussolini et Chamberlain

La guerre – le temps de la clandestinité

La défaite de 1940 conduisit la maréchal Pétain au pouvoir et Léon Blum en prison. Il fut par la suite déporté en Allemagne. Les socialistes entrèrent en résistance aux côtés des communistes. On retrouva des anciens de la SFIO au Conseil national de la Résistance (CNR) (mais aussi à Vichy).

Gouvernement De Gaulle

En 1946, les socialistes participèrent au gouvernement du Général de Gaulle. Des réformes, qui structurent encore aujourd’hui notre modèle social, furent alors adoptées comme la création de la sécurité sociale ou le vote des femmes.

Congrès de septembre 1946

La SFIO fit son introspection et, après une savante purge, Paul Faure créa le  Parti socialiste démocratique. Mais il fut débordé sur sa gauche par le parti communiste qui pour la première fois était majoritaire.

Guy Mollet, plus marxiste que réformiste, s’imposa au congrès de septembre 1946 :  il fut l’avocat d’une entente avec le Parti communiste. Une coalition de communistes et de socialistes gouvernait alors la France. Mais en 1947, la crise indochinoise poussa les communistes vers la sortie. La guerre était déclarée entre les socialistes et leurs anciens alliés, devenus clairement staliniens.

Mendès-France

Pour gouverner, la SFIO s’allia avec les radicaux et le MRP. La recherche d’une troisième voie entre les communistes et les gaullistes était à l’ordre du jour. Pierre Mendès-France devint la figure  de cette gauche réformiste. En janvier 1956, le Front républicain ramena les socialistes au gouvernement ; à leur crédit peut être inscrite la création de la CEE (traité de Rome) et la troisième semaine de congés payés.

La guerre d’Algérie (1954-1962)

La guerre d’Algérie mit la gauche du gouvernement Mollet, farouchement opposé à l’indépendance, devant ses contradictions. Il envoya son ministre de l’intérieur François Mitterrand  sur place pour organiser les basses besognes. Mendès France quitta le gouvernement. La guerre d’Algérie finit d’achever la SFIO.

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Mitterrand en Algérie

De Gaulle encore

En 1958, François Mitterrand dénonça le coup d’État du Général pour revenir au pouvoir. Des éléments de la SFIO quittèrent la centrale pour créer le parti socialiste autonome (PSA) avec Alain Savary comme figure de proue. Le PSA évolua en parti socialiste unifié (PSU) en incorporant des partis proches.

Scission syndicale

La scission entre révolutionnaires et réformateurs effectuée en 1920 au plan politique se répéta au plan syndical avec la création de syndicats réformistes comme la CFDT d’Eugène Descamps.

François MITTERAND

La gauche proposa pour les élections présidentielles de 1965 une candidature de gauche « non-communiste » (mais soutenue par ces derniers), portée par l’ancien ministre de l’Intérieur : François Mitterrand avec le soutien de la  Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS). Il mit le Général en ballotage. Il organisa l’alliance avec les communistes dans l’objectif d’une éventuelle  majorité à l’assemblée.

La création du PS

L’histoire de la gauche est faite d’une succession de rassemblements (pour la conquête du pouvoir) et de scission (lorsque la gauche est aux responsabilités). En 1969, la gauche était dans l’opposition et le balancier penchait donc vers l’unité de :

  • la SFIO de Guy Mollet, Pierre Mauroy, Gaston Defferre et Jean-Pierre Chevènement ;
  • l’Union des clubs pour le renouveau de la gauche d’Alain Savary) et
  • l’Union des groupes et clubs socialistes de Jean Poperen.

Congrès d’Epinay (1971)

Le congrès d’Epinay marqua le point d’orgue de cette unification. François Mitterrand devint le premier secrétaire du parti socialiste, avec une volonté nette d’un accord avec le PCF de Georges Marchais, qui aboutit en 1972 et 1973 au programme commun. Les deux partis furent alors au coude à coude lors des élections de 73.

François Mitterrand, candidat de la gauche

Malgré les progrès de la Gauche, François Mitterrand échoua face à Valéry Giscard D’Estaing lors des présidentielles de 1974.  Les consultations suivantes furent pour les socialistes l’occasion de redevenir majoritaires. Mitterand prit sa revanche en 1981 en devenant Président de la République.  Le PS obtint la majorité absolue aux législatives pour la première fois de son histoire. Pierre Mauroy fut nommé premier ministre et Lionel Jospin prit les rennes du parti.

Le gouvernement Mauroy

Le programme socialiste fut mis en ouvre. Une vague de nationalisations fut lancée, l’abolition de la peine de mort votée ainsi que  l’augmentation des bas salaires et une politique familiale dynamique. L’âge de la  retraite fut alors fixé à 60 ans, malgré les mise en garde de Michel Rocard qui y voyait une hypothèque pour l’avenir du fait du vieillissement inévitable de la population qui mettrait en péril le financement des retraites.

Les dures réalités

La politique sociale  se heurta aux dures réalités, les entreprises françaises connaissant des heures difficiles. Le déficit, inauguré par Giscard, continua de se creuser. Une pause fut décrétée. Puis un retour en arrière avec « la rigueur ».

La construction de l’Union européenne dut beaucoup à la présidence Mitterrand. Ce fut sur le front du chômage que son échec fut le plus marquant, obligeant Mitterrand à remplacer Mauroy par Fabius en 1984. Les communistes quittèrent alors le gouvernement.

La cohabitation

Les socialistes, comme à chaque fois qu’ils sont confrontés au pouvoir, perdirent petit à petit le terrain gagné en 1981 : la perte des législatives en 86 conduisit à la première cohabitation d’un président socialiste et d’un premier ministre de droite (RPR) : Jacques CHIRAC.

Retour en grâce

Et pourtant, Mitterrand gagna les élections de 1988. L’élection fut aussi marquée par un très net recul des Communistes qui vont progressivement sortir du paysage politique français. Le PS disposa d’une majorité relative à l’assemblée et Michel Record, incarnation de l’aile droite du PS, devint premier ministre. Pierre Mauroy, de son côté, récupéra le secrétariat du PS.

Le congrès de Rennes

Deux courants émergèrent du PS :

  1. la ligne résolument à gauche, incarnée par Mauroy et Jospin d’un côté ;
  2. et celle plus « social-démocrate », incarnée par Laurent Fabius.

La première l’emporta.

La guerre du Golfe (1990)

Avec l’invasion du Koweit par Sadam HUSSEIN en 1990, Mitterrand (au nom de la défense des droits de l’homme !) donna le feu vert pour une intervention armée. Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la défense, quitta le gouvernement :  » un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ! ».

Maastricht (1991)

Menacé à droite, le PS était fragilisé à sa gauche par son engagement sur le traité de Maastricht dénoncé par ses opposants comme le traité de l’Europe libérale. Ce fut aussi le temps des « affaires », comme celle de la MNEF qui mirent à jour les financements douteux des partis politiques.

2ème cohabitation (1993)

Le PS perdit les législatives, conduisant de nouveau la droite de Balladur aux responsabilités.

Avant-gout des primaires

Le PS ne disposait plus de candidats « naturels » aux élections présidentielles. Deux ténors s’affrontèrent :  Henri Emmanuelli et Lionel Jospin. Les militants choisirent Lionel Jospin, un ancien du parti Trotskiste. Mitterrand décéda en 1996, 6 mois après avoir quitté le pouvoir.

L’ère Chirac (1995)

La présidentielle de 1995 fut remportée par Jacques Chirac, héritier du Gaullisme et très marqué à droite. En 1997, sur les conseils de son secrétaire général de Élysées (Dominique Villepin), il choisit de dissoudre l’assemblée nationale et perdit les élections : la troisième cohabitation commença avec la nomination de Lionel Jospin au poste de premier ministre.

Le vocable fut renouvelé pour dénommer la « gauche plurielle ». La conjecture internationale favorable autorisa de nouvelles réformes sociales comme la semaine de 35 heures portée par Martine Aubry, la création du PACs et de l’Euro. Étonnamment, ce fut aussi le temps des privatisations, solde de l’époque Mauroy.

Présidentielle de 2002

Le duel Jospin-Chirac eut bien lieu. Le phénomène Le Pen vit  le jour, ce qui poussa le candidat socialiste vers la porte de sortie dès le premier tour ! Ce traumatisme, dit du « 21 avril », hante depuis l’inconscient socialiste. Jospin inventa à l’occasion le concept de Front Républicain, dont l’objectif fut de barrer la route à l’extrême droite en appelant à voter Chirac. Puis, il se retira de la vie politique. Le PS n’avait à nouveau plus de leader. François Hollande assuma néanmoins le rôle de premier secrétaire.

Congrès de Dijon (2003)

Le parti fut tiraillé par ses vieux démons entre son aile gauche regroupant les Jospinistes et son aile droite derrière Fabius. L’époque fut marquée par l’émergence de nouveau parti à l’extrême gauche (NPS et verts) et à une lente montée en puissance du FN.

Référendum sur l’Europe (2005)

Tout parti politique confronté au pouvoir s’érode. La Droite n’échappa pas à la règle. Elle perdit du terrain à toutes les élections intermédiaires. Les travaux sur le Traité constitutionnel européen étaient alors à l’ordre du jour. Plusieurs leaders socialistes, comme Mélenchon ou Fabius, appelèrent à rejeter le projet de Traité.

Le 29 mai 2005, le Non l’emporta avec  55 % des suffrages exprimés.

Congrès du Mans (2005)

La motion Hollande l’emporta. Cherchant à mettre un terme aux querelles intestines du PS, Hollande proposa alors une motion de synthèse en incluant les « petites listes ». Mais ce fut madame Hollande qui fut désignée candidat du PS pour les élections de 2007. Peine perdue, Ségolène ROYAL échoua au profit de Nicolas Sarkozy.

L’ère Sakozy (2007-2012)

Le parti socialiste connut des temps difficiles mais se reconstruisit dans le confort de l’opposition.  Arnaud Montebourg lança en 2009 l’idée d’une primaire, adoptée par Martine Aubry alors première secrétaire du PS. François Hollande fut  désigné comme candidat à la présentielle de 2012.

L’ère Hollande (2012-2017)

François Hollande gagna les élections et nomma Jean-Marc Eyrault comme premier ministre. La perte des municipales en 2014 amenèrent François Hollande à le remplacer par Manuel Valls. Les vieux démons se réveillèrent ; de nouveau la ligne de fracture au sein du PS se fit jour : François Hollande se dit social démocrate et s’inscrit à droite du parti avec Manuel Valls et Emmanuel Macron. A Gauche, les frondeurs, emmenés par Benoit Hamon, Arnaud Montebourg, Christian Paul, se firent entendre en s’opposant aux choix du gouvernement sur la loi Travail. Ce fut le temps du 49.3.

2017

Le premier tour de la primaire de gauche pour les élections de mai voit se qualifier Benoit  Hamon et Manuel Valls. Les deux camps continuent de s’affronter avec un net avantage pour le premier.

Primaire de la gauche : voici les résultats du premier tourManuel VALLS est dans la tradition réformiste, celle de Jaurès et Blum, cherchant à améliorer tout de suite la vie des travailleurs. Il est attaché à une laïcité solide.

Benoît HAMON est un héritier des Jules GUEDES ou de Cachin ou de Maroy, un socialiste utopiste voulant un bouleversement complet du modèle social. Puisque tout est perdu, se dit-il, faisons-nous plaisir en promettant de raser gratis. Il semble se satisfaire d’une laïcité molle, flirtant parfois avec le communautarisme.

Et après ?

Si la ligne HAMON l’emporte, ce sera sans doute la fin du parti socialiste. La gauche va de nouveau de scinder en deux. Son représentant à l’élection présidentielle de 2017 pourra espérer un petit 10%, coincé qu’il est entre :

  • La France insoumise à gauche (MELENCHON);
  • En Marche à droite (MACRON).

La gauche réformiste va quitter le navire et rejoindre les rangs de Macron, constituant au centre un bloc social-démocrate.

Benoît Hamon et Manuel Valls sur le plateau du débat mercredi soir.
Débat Hamon Valls 25 janvier 2017

Ce qui devait arriver arriva

En ce 29 mars 2017, le parti socialiste est mort. Comme prévu, Manuel  Valls a apporté son soutien à Emmanuel Macron. Le PS de Benoit Hamon, après avoir vainement essayé de courtiser Mélenchon, se retrouve à son plus bas niveau historique et va sans doute quitter la scène politique dés le premier tour de l’élection présidentiel. Quel gâchis.

Après les Présidentielles, Manuel Valls va créer un parti social démocrate se situant au centre-gauche, peut-être avec l’appui futur de l’ex-chef de l’Etat et avec le soutien de socialistes histoires comme Le Drian ou Delanoë. Le congrès de Tour est sorti de sa tombe.

Macron dynamite le vieux fossile

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Le fossoyeur du PS arriva en la personne d’Emmanuel MACRON. L’édifice déjà bien fissuré par des années de luttes fratricides s’écroula aux premiers coups de boutoirs du leader centriste : plus de droite, plus de gauche, ces clivages artificiels hérités de la Révolution n’ont plus cours.

MACRON décide de prendre les talents où ils se trouvent, pour marcher ensemble vers un but commun : la réussite de la France.

Résultat : le PS n’a plus de raison d’être. L’opposition de gauche se radicalise, se concentre dans les fougues de la France insoumise.

La mort du parti socialiste

La gauche n’est pas morte. Le parti socialiste tel qu’on l’a connu si ! Les ailes du vieux parti sont devenues tellement irréconciliables que l’oiseau ne peut voler que de travers. Benoit HAMON a annoncé le 23 mai 2017 son soutien au candidat communiste Michel NOUAILLE qui se présente contre Manuel VALL dans l’Essone.

Ce vieux parti sent la naphtaline, les vieilles querelles politiques, les règlements de compte, l’esprit d’appareil, tout ce que la France aujourd’hui rejette. Le parti socialiste est mort. Vive le nouveau paysage politologue français, vive la République En Marche !

Le nouveau paysage politique français :

cartographie


 Un article du DAUPHINE du 22 mai 2017

POLITIQUE Cambadélis envisage de changer le nom du Parti socialiste

Jean-Christophe Cambadélis envisage la défaite aux législatives. Photo AFPInterrogé ce matin sur France Inter, le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a affirmé qu’un changement de nom du parti était possible après les législatives.

Après l’UMP devenu Les Républicains, un changement de nom à venir pour le Parti socialiste ? Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis dit l’envisager, dans une interview donnée ce lundi matin à France Inter.

« Le PS va se refonder, se restructurer, et je serai au milieu de ce travail » Jean-Christophe Cambadélis.

« Ce n’est pas impossible »

« Cette refondation passera-t-elle par un changement de nom du parti ? Ce n’est pas impossible, on le décidera tous ensemble. Aujourd’hui, il faut faire vivre les mouvements associatifs, être en interaction avec la société civile… Il faudra aborder la nouvelle période sans tabou : à partir du moment ou vous changez, vous changez tout. Il faudra marquer une nouvelle époque » Jean-Christophe Cambadélis.

Le Premier secrétaire du PS a par ailleurs fustigé les candidats qui se présentent « sous l’étiquette majorité présidentielle » comme Manuel Valls, qui n’est investi ni par le Parti socialiste ni par « En Marche ! ».


Du même auteur DOLFI

Février 1923. Face au refus de l’Allemagne d’honorer ses dettes de guerre, le président du Conseil Raymond Poincaré donne l’ordre aux troupes françaises de marcher sur la Ruhr, le cœur industriel de l’Allemagne. Dans Essen médusée, la vie s’est arrêtée. Sur l’artère principale, des milliers de visages immobiles se sont tournés vers l’Ouest, vers la gare centrale, vers les colonnes de fumée insupportables qui trahissent la présence des premiers régiments de dragons. Dans une heure, ils seront là. La ville ne le supportera pas. Déjà, la résistance a commencé….

En empruntant les yeux d’une famille allemande, j’ai choisi de plonger dans les méandres les plus sombres d’une Allemagne humiliée, à genoux. Vous comprendrez alors comment, sur un terreau fertile, les premières graines de l’extrémisme peuvent germer. Une leçon, sans doute, pour aujourd’hui…


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