Afficher l'image d'origine

La Sociale de Gilles PERRET

Cette semaine j’ai vu « La sociale », un film de Gilles Perret. Tant que l’on a pas connu de problèmes de santé trop importants, la sécurité sociale nous apparaît comme une évidence ennuyeuse. Mais chacun de nous est concerné car il rencontrera un jour le problème lourd de santé, ne serait ce qu’à la fin de sa vie comme le fait remarquer une infirmière interviewée dans le film. Le film nous montre que la création de la sécurité sociale fut le résultat d’un rapport de force favorable à un instant donné et surtout de la volonté de quelques hommes exceptionnels. 

Parmi ceux-ci et en premier lieu, Ambroise Croizat, qui a commencé sa vie comme ouvrier métallurgiste dans la vallée de la Tarentaise en Savoie et qui est devenu ministre à la libération après avoir été prisonnier pendant les années de guerre. Le film comporte des scènes en noir et blanc de l’immédiat après-guerre et des documents en couleurs correspondant à une actualité récente. Parmi ces documents contemporains, le témoignage d’un syndicaliste qui a participé à la lutte et à la création de la caisse de sécurité sociale de Haute Savoie et qui est décédé depuis le tournage.

L’historien Michel Etievent nous accompagne tout le long de ce voyage de la libération à la période actuelle. Une scène tournée au ministère de travail est édifiante sur la qualité de certains hommes politiques actuels : interrogé par Michel Etievent afin de savoir s’ils connaissent et ce qu’ils pensent d’Ambroise Croizat, le ministre Rebsamen répond « pas plus que ça… », (il ne connait manifestement pas du tout le seul ministre du travail qui ait été ouvrier), interrogé plus précisément, il dit « la sécurité sociale, de toute façon…c’est de Gaulle » (ce qui n’est que très peu vrai), et, enfin cette splendide répartie du ministre : « de toute façon, ce n’est pas là » (il veut dire que la sécurité sociale ne dépend pas de son ministère). Pas très brillant cet homme !!!

Pour éclairer un débat très actuel, le film rappelle que les frais de fonctionnement des complémentaires et des mutuelles tournent autour de 25 %, alors qu’ils sont de 6 % pour la sécurité sociale.

Que penser de ce candidat de droite à la présidentielle désignée par des retraités et qui propose de « privatiser le petit risque »? Et que penser de sa facilité à feindre de revenir sur sa proposition?
Un film un peu austère mais très éclairant et, plus que tout, indispensable car il est au centre du débat actuel le plus brûlant…

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

cinéma