Revolver est l’album de la confirmation. Il marque, pour les Beatles peut-être fatigués de leur son Rock, la sortie de leur zone de confort et le début des expérimentations, à la fois dans leurs choix musicaux mais aussi dans  la prise de nouvelles drogues, comme le LSD, glorifié plus tard dans Lucy in the Sky with Diamonds.

« Si Rubber Soul a été l’album de l’herbe, Revolver est celui de l’acide. »— John Lennon

Leur entrée en studio vise alors clairement à tester de nouvelles techniques d’enregistrement, de nouveaux instruments, de nouveaux textes… La période Rock and Roll s’achève avec Revolver.

Article de fond : histoire des Beatles

Beatles – Revolver

Le résultat est un mélange de pop, de Rock, de Rythm and blues, de musique classique, et même de musique traditionnelle indienne.

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Revolver

Rubber Soul (1965) avait bien marché. Il était le 6ème album des Beatles à atteindre le top des Charts US et anglais. Le record d’Elvis de 7 n’était donc pas encore égalé. Ca n’allait pas tardé. Les Beatles étaient alors à leur sommet de popularité.  Ils provoquaient des émeutes partout où ils allaient. La déclaration de Lennon selon laquelle les Beatles étaient plus célèbres que Jésus avait également provoqué des réactions hostiles aux USA. Les Beatles étaient las des tournées éreintantes : des salles de plus en plus grandes, des fans hystériques qui couvraient leurs voix, plus de vie privée, une ville par soir, et donc peu de temps pour composer. Ils prirent la décision de nettoyer leur agenda, en laissant plusieurs mois vierges et ainsi disposer de temps pour préparer le prochain album.

 

A peine arrivés aux studios d’Abbey Road, ils se mirent au travail. Le temps dégagé leur permit de mettre en forme leur projet, c’est-à-dire d’explorer de nouveaux horizons : bande sonore passée en boucles (Tomorrow never knows), musique indienne (Love you to), bande passée à l’envers (pour le solo de guitare de I’m only sleeping), variation de vitesse (Here there and everywhere), instruments à cordes (Eleanor Rigby), avec l’aide bien entendu de Georges Martin. Ce dernier, accompagné de son ingénieur du son (Geoff Emerick), expérimentèrent de nouvelles techniques d’enregistrement pour la basse (de Paul) et la batterie (de Ringo) donnant une importance plus marquée au rythme. Même Yellow Submarine eut le droit à ses innovations pour donner une ambiance sous-marine.

 

Les textes n’échappèrent pas à la volonté d’innovation. Harrison et Lennon intégrèrent de nombreuses références psychédéliques, questionnant notamment la réalité du monde ; tandis que Mc Cartney explorait son thème préféré : l’amour. Harrison s’attaqua aussi au thème  de la politique (une première pour les Beatles) avec Taxman, dans lequel il cite le premier ministre britannique : Harold Wilson et son opposant du parti conservateur : Edward Heath, marquant ainsi un virage capital dans l’œuvre des Beatles jusqu’ici un peu neutre en termes d’engagement. Autres innovations : pour les paroles d’Eleanor Rigby, les 4 Beatles fournirent une contribution que Mc Cartney mit en forme pour faire un ensemble cohérent. Pour Tomorrow never knows, John Lennon s’inspira du livre des morts tibétain, bien loin du traditionnel discours amoureux de ses premiers titres (I Want to hold your hand, Love me do, She Loves you…, par exemple).

Sur Tomorrow never Knows et sur Eleanor Rigby, aucun Beatles ne joue :  Georges Martin a eu recours,  dans le premier cas, au cercle de musique asiatique basé à Londres et, dans le second cas, à un octet de cordes qu’il dirigea personnellement.

Revolver marque la fin de la période Pop-Rock et le début de la période psychédélique qui verra son apogée avec Sergent Pepper. Sa sortie inaugura une ère nouvelle dans le monde de la musique, trop longtemps (depuis 1950 et Bill Haley) cantonné au Rock and Roll de Papa. Les Beatles y reviendront toutefois parfois (Back in the USSR, Get Back, par exemple).

Bizarrement, aucun morceau de Revolver ne fut joué par les Beatles lors de leur tournée américaine de 1966, qui fut aussi leur dernière tournée (trop compliqués à jouer ?). Personne n’a donc jamais entendu ces chansons en Live. Les Beatles ne firent qu’une brève apparition bien plus tard (1969) sur les toits d’Apple, pour jouer notamment Don’t let me down ou I’ve got a feeling.

Les Beatles semblaient avoir apprécié cette période studio qui leur permettait d’avoir du temps, nécessaire à l’inspiration et à la mise en forme de morceaux originaux.

Revolver a été classé comme le troisième meilleur album de tous les temps, dans le palmarès de Rolling Stone. En 1980, une tombe fut découverte dans le cimetière de la St. Peter’s Parish Church de Woolton, à Liverpool. Sur cette dernière était gravée Eleanor Rigby ! Ce fut à saint Peter Church que John et Paul se rencontrèrent en 1957 !

The Beatles

Revolver

(05/08/1966 – Parlophone)

1- Taxman / 2- Eleanor Rigby / 3- I’m Only Sleeping / 4- Love You To / 5- Here There And Everywhere / 6- Yellow Submarine / 7- She Said She Said / 8- Good Day Sunshine / 9- And Your Bird Can Sing / 10- For No One / 11- Doctor Robert / 12- I Want To Tell You / 13- Got To Get You Into My Life / 14- Tomorrow Never Knows

Pochette : dessinée par Klaus Voorman.

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Beatles