27 septembre 1822.

Le mystère des hiéroglyphes, qui avaient résisté à toutes les tentatives de déchiffrage par les plus grands savants, vient d’être levé par un grenoblois (né à Figeac) de 32 ans : Jean-François Champollion. Alain Decaux raconte en une trentaine de pages succulentes le parcours de cet autodidacte surdoué porté par les vents de l’Empire sur les terres inconnues d’Égypte.

Les premières reproductions fidèles des inscriptions hiéroglyphiques publiées dans La Description de l’Égypte, par les savants que Bonaparte avait emmenés avec lui lors de son expédition de 1799 – Anasthase Kircher (1602-1680) avait établi que le copte est l’ultime aboutissement de la langue parlée des Égyptiens – La découverte de la pierre de Rosette, texte trilingue – Les savants européens ont déjà deviné que sur les inscriptions égyptiennes, l’ovale – le «cartouche» – qui isole des groupes de signes renvoie au nom d’un roi – le monde de la bible.

La France était tombée sous le charme des Pharaons depuis l’expédition napoléonienne (1798-1799) qui avait porté les armées révolutionnaires sur les bords du Nil dans l’objectif de couper la route des Indes aux Anglais. Napoléon, en visionnaire, avait emmené avec lui ce qui se faisait de mieux en termes de science : mathématiciens, géographes, illustrateurs, médecins, chimistes… Aussi de nombreuses reliques, dessins, cartes, tablettes couvertes de hiéroglyphes avaient été ramenés en France. On avait convoqué les plus grands esprits du siècle pour examiner ce trésor. Malgré de nombreuses tentatives, personne ne parvenait à casser ce code égyptien qui ne semblait répondre à aucune logique. Un évènement va changer la donne : la découverte en 1798 par des soldats de l’empereur de la pierre de Rosette sur laquelle figurait le même texte écrit en trois langues : Grec, Démotique et égyptienne (hiéroglyphes) ! Mais l’expédition égyptienne tourna bientôt au fiasco et les Français furent obligés de plier bagages. Ils emmènent la pierre de Rosette sur un navire qui malheureusement tomba dans les mains de la perfide Albion. La pierre de Rosette fut alors exposée à Londres, au British Museum… Heureusement, les savants français avaient pris la précaution d’en faire une copie !

Intéressé depuis son plus jeune âge par la civilisation égyptienne, Champollion s’en procura un exemplaire. Il fallait faire vite car son rival britannique (Young) était déjà à l’œuvre et avait pris de l’avance. Contrairement à ses prédécesseurs, Champollion doutait que les hiéroglyphes ne fussent que des idéogrammes (un dessin = une idée). Il eut l’intuition d’un alphabet phonétique (comme le notre (un dessin = un son). Pour Champollion, les Égyptiens avaient fait l’impasse sur les voyelles et l’écriture démotique était une dégénérescence de l’égyptien des Pharaons. Young avait déjà mis en évidence que les cartouches enfermaient les nom de grands Rois. Le texte grec faisait référence à Ptolémée aimé de Ptah. Le son « PT » était donc répété.

cartoucheptolémée

Cartouche Ptolémée

 

Or, il constata en effet la répétition dans le cartouche associé d’un symbole (le carré et la demi-lune).  Le carré signifiait donc « P » et la demi-lune le ‘T ». S’il avait vu juste, alors il pouvait déduire les lettres suivantes (O, L et M).

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Cartouche Ptolémée

Comment vérifier son hypothèse ? Il examine un cartouche de l’obélisque de Philae sur lequel on trouve clairement les symboles identifiés précédemment :

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Cartouche Cléopâtre

Or, ce cartouche nommait la reine Cléopâtre ! L’hypothèse se confirmait donc. Problème, à la fin du Cléopâtre, on retrouvait la fameuse demi-lune, c’est-à-dire un « T ». Champollion ne renonça pas. Il assimila cette demi-lune et le symbole suivant à la marque du féminin. Il avança avec d’autres cartouches et plus particulièrement celui ci :

cartouche

Ramsès en hiéroglyphes

Le soleil représentait le Dieu Ra (c’est-à-dire le son « R »). La double canne était connue depuis Young : il s’agissait du son « S ». Il était devant le cartouche associé à Ramsès.

Le code venait de livrer son secret. Le reste était un jeu d’enfant. Mais à 42 an, Champollion était épuisé. Il visita sa terre promise avant de rendre l’âme.

 

 

 

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Histoire