J’avais lu Staline, j’avais lu Hitler, j’avais lu Mao, tous des dictateurs génocidaires et je pensais avoir touché le fond. Eh bien non. Il y a plus fort. En termes de proportion de la population passée par les armes, Pol-Pot  est incontestablement numéro 1. Entre 25 % et 33% (selon les sources) de la population cambodgienne a été exterminée entre 1975 et 1979 par les Khmers rouges ! Personne ne fut, pendant cette période sombre, à l’abri. Il suffisait de posséder un stylo ou de porter des lunettes pour être accusé d’être un intellectuel ennemi du régime. Ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfants, ni les moines bouddhistes, ni même les Khmers rouges furent épargnés ! Bon nombres sont passés par le terrible camp S-21 de Phnom-Penh, ont été torturés avant d’être achevés.

Pourtant, en lisant la biographie de Pol-Pot, et notamment les pages qui relatent ses études en France, on ne peut imaginer la suite. Celui qui s’appelait encore Saloth Sar a lu Rousseau, Voltaire, mais aussi Marx… Il a fréquenté dans les années 50 les cercles communistes de Maurice Thorez.

Contrairement à son turbulent voisin vietnamien, le Cambodge avait obtenu en 1953 son indépendance (la France était son protecteur depuis Napoléon III). La monarchie de Norodom Sihanouk devint constitutionnelle. La guerre qui sévit dans les années 60 de l’autre côté de la frontière va toutefois l’éclabousser et déstabiliser le tranquille Cambodge. Le Vietcong y établit ses bases arrières attirant ainsi sur les bords du Mékong les bombardiers américains.

Pol-Pot de son côté (revenu au Cambodge en 1953) ne voyait l’avenir de son pays natal que dans la Marxisme-Léninisme. Le modèle chinois de Mao (la révolution culturelle), fondé sur un retour à la terre, devint pour lui un objectif à atteindre. Les paysans devaient être le fer de lance de la révolution (de toute façon, le Cambodge était dépourvu d’industrie et les ouvriers trop peu nombreux). Il rejoignit le parti communiste embryonnaire, puis en 1960 son comité directeur. Il en prit le contrôle aidé par ses anciens amis parisiens. Il fut stigmatisé par Sihanouk qui voyait en lui un ennemi de la Nation, ce qui le poussa dans le maquis où il fréquenta les communistes combattants vietnamiens.

Lon Nol, soutenu par les Américains, a déposé Siahnouk (profitant de son voyage en Chine) et devint en 1969 premier ministre. Lon Nol était résolument de droite, pro-occidental, et farouchement anti-communiste de manière générale et anti-vietnamien en particulier. Il ne pouvait être que l’ennemi de Pol-Pot. Il lança quelques opérations contre les maquis mais essuya de nombreux revers, malgré l’aide massive des bombardiers américains. Cette « aide » américaine a m^me pour conséquence de pousser la population dans les rangs Khmers rouges. En 1973, la capitale Phnom-Penh était menacée par les armées des Khmers rouges ! Et le 17 avril 75, la capitale tombe.

Au premiers instants, la population salua l’entrée des troupes Khmers rouges. Mais bien vite, on s’interrogea !

Entrée des Khmers rouges à Phnom Penh le 17 avril 1975

Prise de Phnom-Penh en 1975

Les soldats demandèrent à la population de quitter la vielle, vieillard et malades compris. Pour quelques jours seulement. Le temps d’échapper aux bombardements américains. Phnom-Penh fut vidée de ses âmes par Angkar (l’organisation en Khmer) . Le programme de retour à la terre et de rééducation massive des élites était engagée. Il allait faire deux millions de morts. Les gens de la ville furent mis aux travaux forcés, tous égaux dans la misère, la boue et la famine.

La Cambodge vit sa classe moyenne décimée : les médecins, les ingénieurs, les professeurs, les magistrats… furent systématiquement éliminés. 20 000 personnes périrent au S-21 sous la direction de Ducth. 14 seulement survécurent.

Il fallut attendre une intervention vietnamienne en 1979 pour que cessât le massacre. Pol-Pot retourna dans la clandestinité. Le nouveau régime pro-vietnamien le condamna à mort (par contumace) mais ne put jamais exercé la sentence. Ce fut la malaria qui eut raison de lui en 1998 !

DSC_0475

Bâtiment principal au S-21

 

Publicités

Joindre la conversation 1 commentaire

  1. […] en matériels le sud Viet-Nam). Des milliers de morts parmi les populations civiles.  Salot-Sar (Pol-Pot) en profita pour mettre sur pied une Révolution nationale dont il fut le brother number […]

    J'aime

    Réponse

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

CATÉGORIE

Histoire