Martin Bormann fut l’un des plus proches conseillers d’Hitler. Inconnu du Führer avant 1933, il a gravi tous les échelons de la hiérarchie nazie jusqu’à devenir son dauphin. Le mystère Bormann réside dans les circonstances de sa mort : est-il mort en 1945 dans les ruines de Berlin assiégées par les Soviétiques ? Ou est-il mort au Paraguay après avoir emprunté la filière d’exfiltration mises en place par les nazis, comme Joseph Mengélé ou Klaus Barbie ?

J’ai lu pour vous le mystère de la mort Martin Bormann de Alain Decaux

Des fouilles réalisées en 1972, suite à des travaux de terrassement dans Berlin ouest, ont accrédité la première thèse. On aurait retrouvé deux squelettes, dont l’un portait des traces de verre coincées dans les incisives. Une capsule de cyanure, comme chaque nazi en portait sur lui ? Un médecin légiste aurait conclu, sans équivoque : le squelette serait celui de Martin Bormann. Problème : des témoins l’auraient vu au Paraguay, en Argentine ou en Bolivie. Aujourd’hui, le doute n’est plus possible : Martin Borman est mort en 45 en essayant de s’échapper du Bunker d’Hitler. Et pourtant…

J’ai lu pour vous le mystère de la mort Martin Bormann de Alain Decaux

Matin Bormann est né avec le siècle, a pu connu son père qui est mort lorsqu’il avait trois ans. Nationaliste de la première heure, il fait des pieds et des mains pour entrer dans l’armée. Il finit par arriver à ses fins, mais trop tard, la guerre est déjà perdue. Il rejoint alors les Freikorps de Ernst Röhm, milice d’extrême droite qui  exerce ses talents en Bavière contre les Spartakistes, des communistes révolutionnaires dirigés par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht pilotés en sous main par les Bolchéviks. Martin Bormann est déjà remarqué par son excès de zèle : il assassine avec un complice (Rudolf Höss : futur commandant du camp d’Auschwitz) un militant communiste (Albert-Léo Schlageter). Il prend un an de prison et, lorsqu’il en sort, rejoint le proto-parti nazi d’Adolf Hotler : le NSDAP : National Socialist Deutsche Arbeiter Partei.

D’abord chargé de gérer un fond d’entraide, il devient sans-emploi lors de l’accès d’Hitler au pouvoir en 1933. Il demande alors au secrétaire personnel du Führer, Rudolf Hess (celui qui l’a aidé à rédiger Mein Kampf), de lui trouver un travail : il devient l’adjoint de Hess. Il n’a alors plus qu’une ambition : devenir indispensable au Führer et, pour cela, éliminer tous les intermédiaires qui existent encore entre lui et Hitler. Il est chargé par ce dernier de construire une villa digne de ce nom dans les alpes bavaroises. Il tient les délais et livre un magnifique bâtiment qui lui vaut la reconnaissance du chancelier-président (depuis la mort du maréchal Hindenbug en 1934). Il construira (et offrira à Hitler à l’occasion de son anniversaire) le fameux nid d’aigle et débarrassera la campagne de tout édifice susceptible de gâcher la vue. Hitler sait maintenant qu’il peut compter sur lui.

Un évènement inattendu lui fait gravir la dernière marche du pouvoir : Hess (encore son chef) se rend clandestinement (sans en avertir le Führer) en Angleterre pour tenter d’arracher un compromis de paix. Il est accusé de trahison. Dès lors, il n’y a plus d’obstacle entre Bormann et Hitler. Il prend en charge le parti nazi où il prouve son efficacité, notamment pour récolter des fonds (venant des grands industriels) puis les faire fructifier.

Les chefs nazis qui entourent le Führer ne s’aiment pas, voire se jalousent. Bormann n’échappe pas à la règle. Personne ne l’aime, car chacun craint son ambition sans limite. En 43, il devient le secrétaire personnel d’Hitler, gère ses rendez-vous établit les ordres du jour. Il veut faire du parti nazi un élément incontournable des décisions politiques, quasiment un État dans l’État, voire l’État (Le Reich) lui-même en contrôlant notamment l’économie (organisée par Albert Speer) et l’armée (La Wehrmacht). L’attentat de 44 contre le Führer lui donne l’occasion de renforcer encore l’influence du parti en général et la sienne en particulier. Le désastre militaire finit par en faire le dernier rouage essentiel de l’administration nazie : c’est lui qui organise la défense des derniers carrés de territoire, prenant finalement l’ascendant sur Himmler, chef de la SS. Les décrets et les lois sont écrits par Bormann en personne, notamment celui constituant la Volkensturm (la tempête du peuple).

Les derniers jours

L’ambiance dans le bunker de la chancellerie n’est pas si morose. On se saoule, on danse. Eva Braun organise des fêtes sous la pluie d’obus qui s’abat sur les têtes. On discute aussi du meilleur moyen de mettre fin à ses jours : une balle dans la tête ou du poison ? Hitler a perdu le sens de la réalité. Il pousse sur des cartes d’état major des divisions qui n’existent plus, s’inquiète de l’approvisionnement du Reich en pétrole… Les Soviétiques déjà sont entrés dans Berlin, mais le Führer pense pouvoir renverser la situation. Il est pris de folles colères, insulte ses incapables de généraux qu’il aurait dû faire pendre depuis longtemps. Dehors, la Volkenstrum (les derniers appelés) se fait massacrer. Les balles résonnent dans le bunker et les crânes explosent, déposant sur les murs de béton des bouts de cervelle sanguinolents. Hitler essaie le cyanure sur sa chienne, puis s’enferme dans son bureau en compagnie d’Eva Braun. L’aide de camp attend les deux coups de feu puis ouvre la porte sur les deux cadavres qu’il fait incinérer aussitôt. Madame Goebbles a empoisonné ses 7 enfants puis a demandé à son mari de l’achever d’un coup de révolver. Il s’exécute puis retourne l’arme contre lui. Bormann, quant à lui, choisit la fuite. Ensuite, c’est la confusion : il aurait suivi une voie de chemin de fer en compagnie de trois autres fuyards. Puis le groupe se serait scindé en deux : le groupe Bormann prenant vers le nord et le groupe Axmam vers le sud. Mais ce dernier, apercevant une patrouille soviétique, serait revenu sur ses pas et aurait finalement les traces encore fraîches de Bormann : il serait tombé sur deux cadavres, sans doute de Bormann et de son acolyte Stumpfegger ! On n’en sait pas plus. Personne n’a la certitude de son décès. On pense même qu’il serait vivant. D’ailleurs, il est condamné à mort (par contumace) au procès de Nuremberg l’année suivante. On le voit dans l’Argentine de Perón, à qui il aurait secrètement confié le trésor des Nazis. Il est partout sur la planète, notamment en Bolivie ou au Paraguay. Il n’y a plus Un Bormann mais des dizaines de Bormann…

En 72, on exhume deux squelettes à l’endroit même ou les deux nazis seraient tombés ! Le prothésiste est formel : il reconnait le bridge qu’il a fabriqué pour Bormann en 42. Mais les bruits continuent de plus belle. La naissance (en 1998) du test ADN aurait dû sonner le glas des spéculations : les tests confirment que les restes étaient bien ceux de Bormann et Stumpfegger. Mais bien entendu, les rumeurs ont la dent dure. On conteste la précision des test ADN. Les chasseurs de nazie ne sont pas convaincus. La traque continue. Il aurait aujourd’hui 117 ans. Il est donc raisonnable de conclure à son décès probable.

Un article de l’Express

Un Belge assure que le criminel de guerre nazi Martin Bormann, officiellement déclaré mort en 1945, a vécu au Paraguay et en Bolivie après la guerre où il l’a rencontré vivant sous l’identité d’un religieux, dans un entretien publié samedi par le quotidien la Derniere Heure. Collaborateur condamné à mort en Belgique en 1946, Paul van Aerschodt, 88 ans, vit sous le nom de Pablo Simons à San Sebastian, en Espagne, où l’a rencontré un journaliste du quotidien, Gilbert Dupont. Paul van Aerschot soutient avoir rencontré Martin Bormann « à quatre reprises vers 1960 » à La Paz, en Bolivie, où il s’était réfugié en 1947 « grâce à un visa obtenu en quelques jours à l’intervention d’un père Antezana ». Ses déclarations devraient relancer la controverse sur la mort du dignitaire nazi secrétaire d’Adolf Hitler, officiellement déclaré mort en 1945, et raviver la polémique sur le soutien de l’église aux criminels nazis en fuite.

Bormann venait du Paraguay. Il préparait avec une vingtaine d’officiers un coup d’État pour renverser Peron en Argentine », a-t-il raconté. « Bormann était resté un fanatique (…) Sous le nom d’Augustin von Lembach, il se faisait passer pour un père rédemptoriste et portait la soutane noire, ce qui le faisait bien marrer. Il célébrait des communions, des mariages, des funérailles et administrait les derniers sacrements

Paul van Aerschodt

Selon le journaliste, Paul van Aerschodt « a une mémoire stupéfiante ». Il a dit ignorer ce qu’était devenu Martin Bormann, mais a fait le choix de ne pas le dénoncer. Paul van Aerschodt a également croisé un autre dignitaire nazi, Klaus Barbie, arrêté en Bolivie en 1983, jugé en France en 1987 et mort à Lyon en 1991. A cette époque, Paul van Aerschodt gérait un restaurant à La Paz, le Corso, et résidait dans le quartier Florida de la capitale, où il a reçu les deux nazis. Arrêté à la fin de la guerre, Paul van Aerschodt s’est évadé de la prison de Charleroi en 1945 et a gagné l’Espagne où il a été détenu dans le camp pour étranger de Mirando de Ebro. Grâce à l’aide d’un religieux, il se rend en Bolivie via l’Argentine où il réside jusqu’en 1964 avant de rentrer en Espagne. Malgré sa condamnation à mort, Paul van Aerschodt a travaillé pour les Nations unies de 1969 au 31 décembre 1976. La Belgique a prescrit la peine de mort en 1976, ce qui lui a permis de revenir en Belgique où il séjourne quatre fois par an.

Là où le nazisme est né : Le Crépuscule des idéaux aux éditions THOT

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Joindre la conversation 2 commentaires

  1. […] arrivant au pouvoir (1933), le parti nazi chercha, sous l’impulsion de Martin Bormann, à contrôler tous les rouages de la société. Les organisations de jeunesse […]

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  2. […] de la Chancellerie du Reich à Berlin. L’ont rejoint les principaux dignitaires du régime, Martin Borman son secrétaire personnel, Joseph Goebbels, son ministre de la propagande, ainsi que des gradés de […]

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CATÉGORIE

Adolf Hitler, Nazisme