Reportage exceptionnel sur France. Des images d’archives colorisées, des témoignages d’anciens de la Hitlerjungend, nous montrent comment le régime nazi, sous l’impulsion de Baldur von Schirach, est devenu l’instrument d’endoctrinement de la jeunesse et le réservoir de soldats fanatisés du Reich.

J’ai vu pour vous Jeunesses Hitlériennes (Hitlerjungend) sur France 2

Dans les années 20, toutes organisations (catholiques, communistes, nationalistes) disposaient de camps de jeunesse. C’était pour les enfants l’occasion de sortir du cercle familial, de se confronter aux autres, mais aussi l’occasion d’aventures. Le parti nazi (dès 1922) avait lui-aussi sa propre organisation, d’abord appelée Jungsturm Adolf Hitler avant de gagner son titre définitif. Comme les autres organisations, les jeunesses hitlériennes étaient d’abord la possibilité de se retrouver entre jeunes, de pratiquer le sport et  s’endurcir. Hitler n’y prêta dans un premier temps que peu d’attention.

Mais à l’occasion d’un rassemblement organisé par leur chef Baldur von Schirach, les jeunesses hitlériennes étalèrent leur discipline et leur fanatisme. Hitler prit alors conscience du potentiel  de l’organisation, réservoir quasi inépuisable de fanatiques totalement dévoués qui avaient fait le serment de mourir pour leur demi-dieu.

En arrivant au pouvoir (1933), le parti nazi chercha, sous l’impulsion de Martin Bormann, à contrôler tous les rouages de la société. Les organisations de jeunesse n’échappèrent pas à la règle : les jeunesse hitlériennes absorbèrent progressivement toutes les autres organisations (dont les scouts) jusqu’à devenir l’unique organisation de jeunesse, dont les effectifs passèrent de quelques milliers de membres à la fin des années 20 (5000 en 1923) à plusieurs millions dans les années 30 (2 250 000 en 1933 et huit millions en 1936). D’abord facultatives, elles devinrent obligatoires. En 1936, on comptait 5 millions de membres. Les témoignages des anciens des HitllerJungend montrent que les jeunes adhéraient volontiers aux jeunesses hitlériennes, sans contrainte, voire avec enthousiasme.

Incorporés dès l’age de 6 ans, les jeunes Allemands étaient malléables, buvaient les paroles des anciens. Ils n’avaient connu que le IIIème Reich, sa doctrine raciste. Sans aucune autre référence, ils étaient dépourvus de tout esprit critique et acceptaient sans objection la politique officielle du parti. On ne peut contester une idée que si on a été initié aux alternatives, ce qui n’était, en l’espèce, pas le cas : l’incorporation dès le plus jeune âge coupait l’influence des parents et l’interdiction des organisations religieuses (cantonnées aux seuls célébration du culte) prévenait toute influence chrétienne. Toutes matières, scientifiques ou littéraires, étaient bannies de l’enseignement. Place aux exercices militaires et à l’esprit de compétition. On encourageait le « par cœur », préférant les têtes bien pleines (des slogans du parti) qui ne posaient pas de questions aux têtes bien faites toujours prêtes à contester les ordres. Obéissance aveugle aux ordres mêmes s’ils paraissent absurdes ! Bref, la Hitlerjungend était en fait un pré-service militaire qui formait les prochaines machines à tuer les ennemis du Reich : dont les communistes et les juifs.

Image associée

les jeunesses hitlériennes pour protéger ma famille (des juifs)

 

 

J’ai vu pour vous Jeunesses Hitlériennes (Hitlerjungend) sur France 2

Les témoignages d’anciens font état d’un réel enthousiasme, d’une véritable adhésion de la jeunesse : celui (ou celle) qui avait eu la chance de serrer la main du Führer gagnait une place privilégiée au sein de la famille. C’était comme touché Dieu.

1939. Avec la guerre qui approche, l’entraînement devient de plus en plus militaire : on apprend, de manière toujours ludique, à manier les armes, à se battre, à tuer. A partir de 1940, Arthur Axmann remplace Von Schirach.

1941. Opération Barbarossa. Hitler veut exterminer les peuples de l’est. La Wehermacht enfonce les lignes soviétiques et avanct vers Stalingrad et Moscou. Derrière ces unités combattantes, d’autres unités, les Einsatzgruppen, assurent « le nettoyage ». Elles ont pour mission d’arrêter et d’exterminer les Juifs, les Communistes et les Tziganes. C’est la Shoah par balles. Les Hitlerjungend sont bien représentées dans ces groupes. Mais beaucoup ne supportent pas d’achever ainsi en masse des femmes et des enfants et sont victimes de traumatismes. Ce phénomène conduira les Nazis à trouver d’autres formes d’extermination comme les chambres à gaz.

1942. Les déboires de la Wehmacht sur le front de l’Est sont peu relayés dans l’opinion. L’armée allemande, aux yeux de cette jeunesse entièrement manipulée, est invincible. Aussi ne comprend-elle pas comment des avions alliés parviennent à bombarder les villes allemandes. Les hommes étant au front, les jeunesse hitlériennes sont alors utilisées pour assurer l’urgence : elles se transforment en pompiers, en facteurs, en ouvriers pour remplacer les effectifs partis en guerre.
A partir de 1943, les effectifs de la Wehrmacht fondent comme neige au soleil. Sur tous les fonts, les Allemands reculent. Les premiers contingents d’adolescents sont alors intégrés, dans la Waffen SS, dont la tristement célèbre XII ème division de Panzers (Hitlerjungend division) qui se rend coupable d’exaction à Lille puis en Normandie. C’est cette division qui résiste six semaines à l’avancée des forces américaines qui pensaient prendre Caen en 24 heures !

Berlin 1945. Hitler est enfermé avec les principaux chefs nazis dans son Bunker. Les Soviétiques sont aux portes de Berlin et font pleuvoir sur la Capitale du Reich en ruines des tonnes d’acier. Les Hitlerjungend sont alors mobilisées de plus en plus jeunes pour organiser la défense du dernier carré de gravats : les soldats ont parfois 10 ans, des garçons comme des filles, qui se battent comme des forcenés enfermés dans leur système de pensée. Des centaines tombent inutilement alors que la guerre est perdue depuis bien longtemps. Juste avant de se suicider, Hitler passe en revue quelques braves adolescents à qui il remet la croix de fer.

L’après-guerre est difficile à gérer : il s’agit de rééduquer ces jeunes  totalement fanatisés qui ont perdu leur gourou. Ils ne savent qu’adorer le Führer et tuer. Il faut tout leur apprendre et en particulier l’esprit critique. Les Alliés vont alors établir un programme spécifique pour venir en aide à cette jeunesse pour qu’elle constitue l’armature de la république fédérale d’Allemagne (RFA).

J’ai vu pour vous Jeunesses Hitlériennes (Hitlerjungend) sur France 2

Un témoignage

Celui de Simon, un allemand de Prusse orientale qui avait quatorze ans lorsque la guerre commence. Il est Juif et sa famille a été décimée. Il s’enfuit vers la Pologne, puis la Russie mais est rattrapé par les unités de Wehrmacht. Il est fait prisonnier mais assure qu’il est allemand. Il est alors incorporé aux jeunesse Hitlériennes où il apprend à haïr les juifs. On pratique sur lui les mesures réglementaires et on établit qu’il est Aryen de première classe ! Il traversera ainsi les années de guerre, bien caché au sein des unités du diable.

 

Là où le nazisme est né : Le Crépuscule des idéaux aux éditions THOT

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Joindre la conversation 1 commentaire

  1. […] estime à 48 heures la résistance de la Volkensturm, un mélange pathétique de vétérans et d’adolescents de la Hitlerjungend, en charge de la défense de la capitale du Reich. Keitel n’est guère plus optimiste. […]

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CATÉGORIE

Adolf Hitler, Nazisme