Histoire moyen-orient Mussolini

J’ai lu pour vous Le dernier empereur d’Éthiopie Haïlé Sélassié d’Alain DECAUX

Le dernier empereur d’Éthiopie est-il mort des complications d’une opération de la prostate en 1975, comme l’ont affirmé les médias de l’époque ? Celui qui a tenté de sauver l’indépendance de son pays jalousée par le Duce Mussolini n’a-t-il pas plutôt été assassiné par son envieux successeur ? Sans doute.

Le Négus ne fut pas n’importe quel empereur. Il était le Roi des rois, descendant direct du roi Salomon et de la reine de Saba. Salomon, si l’on en croit l’Ancien Testament, était le Roi des Hébreux, bâtisseur du Temple (dont il reste aujourd’hui encore un mur à Jérusalem), fils de David qui vers l’an 1000 avant Jésus-Christ avait terrassé Goliath le Philistin. Bref Haïlé Sélassié n’était pas n’importe qui puisqu’il était d’essence divine. C’était un monarque de Roi Divin, incontestable et incontesté, digne représentant d’une dynastie (dite « Salmonide ») vieille de 3000 ans ! A tel point que l’Éthiopie avait traversé les siècles en conservant son indépendance, contrairement à ses voisins passés sous tutelle des grandes puissances européennes.

J’ai lu pour vous Le dernier empereur d’Éthiopie Haïlé Sélassié d’Alain DECAUX

L’Éthiopie a toujours suscité la convoitise italienne : frustrée de ne pas disposer, contrairement à ses voisins, notamment la France et l’Angleterre, d’Empire digne de son statut de puissance européenne. L’Italie, après l’Érythrée, a toujours cherché à s’emparer de cette proie a priori  facile, notamment en 1892, lors de la bataille de d’Adoua, défaite calamiteuse des Italiens qui restera comme une tâche sur le rouleau de l’histoire de la péninsule. Le Négus s’appelle alors encore Tafari. Il accède au trône en 1930 et prend le nom de « Haïlé Sélassié » : « le pouvoir de la Trinité ». Car nous sommes en terre chrétienne, ne l’oublions pas. Haïlé Sélassié est un empereur moderne. Il tente de faire entrer son pays moyenâgeux dans le XXème siècle. Et pour commencer il réussit, en 1923, à faire accepter l’Éthiopie à la société des nations (SDN) voulue après la première guerre mondiale par le président américain Wilson et créée par le Traité de Versailles en 1919. Le Négus pense ainsi mettre son pays à l’abri des convoitises italiennes. Mais c’est sans compter l’appétit d’ogre de Mussolini qui déclare :

La Société des Nations est très efficace quand les moineaux crient, mais plus du tout quand les aigles attaquent. Mussolini.

Et il a raison. Lorsque les troupes italiennes du Duce pénètrent en 1935 en territoire éthiopien, les réactions internationales sont faiblardes. Hitler est au pouvoir en Allemagne depuis 1933 et inquiète l’Europe entière qui a ainsi les yeux tournés ailleurs. Hailé Sélassié se retrouve seul à la tête de son armée avec des arcs et des flèches pour frapper les blindés italiens qui ont juré d’effacer la honte d’Adoua. Le Négus tente de plaider sa cause à Genève, siège de la SDN. Mais qui est prêt en 1936 à risquer la guerre pour cet obscure pays d’Afrique ? Quelques applaudissements polis. Voilà ce qu’il a obtenu. Les représentants italiens ont bien entendu quitté la séance. Hailé Sélassié sait que la première manche perdue et il se réfugie en Angleterre, attendant patiemment son retour au premier plan, à la faveur des déconvenues italiennes : avec l’invasion en 1941 par les Alliés de la péninsule, le Négus prend une revanche bien méritée et en profite pour annexer l’Érythrée.

Bien avant Nasser, Hailé Sélassié fut l’image d’une Afrique émancipée, fière de ses racines. Il plaida pour l’autonomie de peuples, encourageant au passage les mouvement indépendantistes (comme le FLN) qui virent le jour à la fin de la guerre. Sa réussite sur le plan international contraste avec son bilan un peu terne sur le plan des institutions. L’Éthiopie a conservé, tout au long son règne, une structure essentiellement féodale, laissant dans la misère des millions de paysans. La colère grandit. 3000 ans de monarchie de droit divin s’effondrèrent sous les coups de boutoir d’un coup d’État militaire désireux de faire de l’Éthiopie l’avant-garde du marxisme en Afrique ! C’était le 12 septembre 1974. Un an après, le Négus est retrouvé mort…

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