cinéma

J’ai vu pour vous La promesse de l’aube

Je fis alors la promesse de redresser le monde et de le déposer aux pieds de ma mère. Romain Kacew (plus connu sous le pseudonyme Romain Gary)

Alors qu’il n’était qu’à l’aube de sa vie, Romain avait ainsi fait cette promesse naïve à sa mère Nina. Ils survivaient alors tous les deux dans les bourrasques grises de Wilno, ville glacée de Pologne. C’était en 1924. Ils avaient fuit leur Lituanie natale lorsque le père était parti. Nina gagnait misérablement sa vie en confectionnant des chapeaux pour dames. La Pologne n’était pour elle qu’une étape, car Nina ne connaissait qu’un seul pays au monde : la France, patrie de Victor Hugo, refuge mondial de la culture. De jalousies en dénonciations calomnieuses, Nina se trouva dépouiller de tout, repartant de zéro sous le regard haineux de la populace qui ne voyait en elle qu’une étrangère juive. On pouvait tout enlever à Nina, sauf sa volonté farouche de se battre, de montrer au monde sa vraie valeur et celle de son fils. Car Nina en était sûre : son fils serait un jour quelqu’un qu’on saluerait de bien loin, un officier français, un ambassadeur, un écrivain…

La prochaine fois qu’on insultera ta mère, je veux qu’on te ramène sur un brancard ! ! Un peu de son courage était passé en moi.

Romain, subjugué par le courage inébranlable de cette mère dure comme de l’acier, finit par y croire aussi… Il fit alors cette fameuse promesse de l’aube à sa mère.

Avec l’amour maternel, la vie vous fait une promesse qu’elle ne tiendra pas…

Laissant la neige du nord, le couple s’installa enfin en France, à Nice, avec comme seuls richesses, une mâle enfermant des reliques du Tsar. Mais il y avait le bleu de la Méditerranée et ça changeait tout. Nina, armée de son inoxydable caractère, trouva chez un brocanteur rapidement de quoi vivre du travail et puis mieux que ça. Elle se fit une place dans le microcosme niçois, devenant gérante d’hôtel. Tout ce qui ressemblait à un mâle en quête de passade amoureuse fut cramé aux portes de la grotte intime par les feux ardents de Nina : elle avait connu les hommes et avait un compte à leur rendre. Ce fut le pauvre Zaramba qui en fit les frais, un peintre à chérubins qui lui tourna un peu trop autour. Romain aussi devait être protégé. Nina renvoya vertement la bonne un peu trop sensuelle, un peu trop entreprenante, qui éveillait en lui les sens qu’elle cherchait à étouffer…

J’ai vu pour vous La promesse de l’aube

L’avis critique des éditions des Chavonnes

Un film merveilleux, une Charlotte Gainsbourg qui mérite l’Oscar, un Pierre Niney toujours juste. Des froideurs de Pologne au soleil de Nice, de la moiteur africaine aux cendres de Londres, tout dans ce film est un régal. A voir absolument.

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