Littérature

On a lu pour vous L’archipel du Goulag d’Alexandre Soljénytsine

Sur notre site partenaire : la philosophie des quatre chemins

Dans L’Archipel du Goulag, qu’il qualifie d’essai d’investigation littéraire, Alexandre Soljénitsyne brosse un tableau qu’il souhaite le plus complet possible de la répression soviétique entre 1918 et 1956. Il en aborde tous les aspects et évoque un nombre considérable de détenus qu’il a croisés ou dont il a entendu parler pendant et après sa détention.

En lien avec :

PREMIÈRE PARTIE : L’industrie pénitentiaire

1- L’arrestation – L’arrestation d’un homme peut prendre de nombreuses formes. Les méthodes classiques consistent à tambouriner à la porte en pleine nuit en criant « vous êtes arrêté ! » ou à perquisitionner le logement puis à emmener le suspect. Mais il arrive également qu’un homme que vous ne connaissez pas se dise être votre ami et vous attire à l’écart de la foule pour discuter. On peut vous arrêter dans un train ou sur votre lit d’hôpital. Lors des arrestations de masse, de simples appels suffisent. Dans l’esprit de l’interpelé, qui n’a généralement commis aucun délit, tourbillonnent : « Qu’est-ce que j’ai fait ? », « Pourquoi moi ? », « C’est une erreur, je vais m’expliquer et ça va s’arranger. » Toute fuite serait un aveu. Par un mécanisme psychique inexplicable, personne ne crie lors de l’arrestation ou en chemin vers la prison pour alerter les autres citoyens. Ce serait pourtant la seule chose qui gênerait le travail des agents de la sécurité d’Etat.

L’auteur, capitaine de l’Armée Rouge, fut arrêté sur le front au bord de la Baltique en février en 1945 pour sa correspondance avec un camarade d’école combattant sur le front ukrainien. Il ne cria pas non plus lorsque de retour à Moscou, il dût conduire son escorte, ignorant le chemin, jusqu’à la Loubianka, siège du NKVD.

2- Histoire de nos canalisations – Les canalisations désignent les voies que les hommes libres empruntent pour devenir des détenus. Les flots qui les ont parcourues n’ont jamais cessé. Fin 1917 Lénine donna le ton en ordonnant de « nettoyer la terre russe de tous les insectes nuisibles. » L’absence de code pénal ne fut pas un obstacle, l’esprit révolutionnaire suffisait. L’auteur propose une liste de ces flots que le manque d’archives disponibles rend forcément incomplète :

Dans les premières années après la révolution furent arrêtés, emprisonnés, déportés, parfois fusillés :

  • les Cadets, membres du parti constitutionnel-démocrate, les membres de partis d’inspiration socialiste-révolutionnaire, et ceux de milieux modérés, intellectuels et universitaires, considérés proches des Cadets,
  • les insectes nuisibles désignés par Lénine, parmi lesquels des propriétaires d’immeubles, d’anciens fonctionnaires, des ouvriers considérés comme tirant au flanc, des professeurs, des étudiants, des intellectuels, des télégraphistes, des chemineaux, des officiers, des ecclésiastiques…
  • les social-traitres : socialistes-révolutionaires, anarchistes, mencheviks pour leur esprit bourgeois, ceux qu’on accusait de complot contre l’Etat,
  • les paysans refusant la réquisition de leur récolte et dont les soulèvements furent matés,
  • les anciens membres de partis non bolcheviks.

La suite ici

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s