J’ai lu pour vous La vie devant soi de Romain Gary (Emile Ajar)

Profitant du regard de Mohamed, dit « Momo, » un enfant d’immigré tendre et désabusé, Romain Gary nous plonge au cœur des quartiers déshérités de Paris, au sixième étage d’un vieil immeuble sans ascenseur, où vit une étrange communauté : « quatre enfants de putes » (au sens littéral du terme), des gosses d’une dizaine d’années au plus, sous la patronage de madame Rosa, une vieille juive rescapée des camps, qui après s’être « défendue » avec son cul pendant des années, s’est reconvertie, faute de clientèle, en nounou. Il y a là Banania, un petit noir toujours de bonne humeur, Moïse et le Viet-Namien adopté récemment par un restaurant. Autour de cet assemblage hétéroclite, gravite un tas de personnages hauts en couleurs, dont madame Lola, un ancien champion de boxe sénégalais qui vend ses charmes du côté des Halles, monsieur Hamil, presqu’aveugle et adorateur de Victor Hugo, le docteur Katz qui aimerait placer la pauvre madame Rosa à l’hôpital.

Momo est l’aîné. Et entre lui, le petit arabe, et madame Rosa, la vieille juive, c’est une histoire d’amour. Madame Rosa l’a élevé comme son fils et peut-être plus. Il connait les prières juives et jamais ne l’abandonnera. Madame Rosa est attachée « au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Et c’est pour ça qu’elle exige de disposer de sa vie comme de sa mort. Elle ne veut pas qu’on l’envoie à l’hôpital où on vous force à vivre, où vous pouvez agoniser sur votre croix pendant de longues années, pire que le Christ, comme cet  Américain, champion du monde des légumes, qui a vécu ainsi pendant 17 longues années… Momo, qui de son côté ne veut pas aller à l’assistance publique,  l’assistera jusqu’à la mort, la cachant dans son « trou de juif » et même au-delà…

L’avis des Chavonnes

Un livre dont on ne sort pas indemne. Une incroyable humanité au milieu de la misère, de la prostitution, de la drogue, de la maladie et de la merde de madame Rosa, un voyage qui fait du bien, émouvant, drôle, jamais pleurnichard malgré le malheur qui cerne la petite communauté. C’est Momo qui parle, qui utilise maladroitement des termes compliqués entendus dans la bouche de monsieur Hamil, puis qui grandit sous nos yeux, se structure…

Bon moi j’ai rien vu dans ma vie et j’ai pas tellement le droit de dire ce qui est effrayant et ce qui ne l’est pas plus qu’autre chose , mais je vous jure que Madame Rosa à poil , avec des bottes de cuir et des culottes noires en dentelles autour du cou , parce qu’elle s’était trompée de coté , et des niches comme ça dépasse l’imagination , qui étaient couchées sur le ventre , je vous jure que c’est quelque chose qu’on peut pas voir ailleurs , même si ça existe . Par-dessus le marché , Madame Rosa essayait de remuer le cul comme dans un sex-shop , mais comme chez elle , le cul dépassait les possibilités humaines. La vie devant soi- Romain Gary.

Un prix Goncourt 1975 bien mérité.

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