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L’anti-zadiste Jean-Jacques ROUSSEAU

Dans un Etat de droit, les oppositions doivent s’exprimer de manière légale. Sébastien Lecornu

Tout est dit dans ce bref Tweet du secrétaire d’Etat. Jean-Jacques Rousseau, il y a deux siècle, l’exprimait un peu différemment

Il n’y a donc point de liberté sans Lois, ni où quelqu’un est au-dessus des Lois. Jean-Jacques ROUSSEAU

Pour Rousseau, la liberté réside dans le respect de la loi que l’on s’est prescrite. Cette loi doit être l’expression unique de l’intérêt général.

Une société de zadistes : une société sans loi

Dans Le Léviathan, Hobbes affirmait que l’homme est un loup pour l’homme. C’est à dire qu’il est son propre et pire ennemi.

Tout ce qui résulte d’un temps de guerre, où tout homme est l’ennemi de tout homme, résulte aussi d’un temps où les hommes vivent sans autre sécurité que celle que leur propre force et leur propre capacité d’invention leur donneront. Dans un tel état, il n’y a aucune place pour un activité laborieuse, parce que son fruit est incertain ; et par conséquent, aucune culture de la terre, aucune navigation, aucun usage de marchandises importées par mer, aucune construction convenable, aucun engin pour déplacer ou soulever des choses telles qu’elles requièrent beaucoup de force; aucune connaissance de la surface de la terre, aucune mesure du temps ; pas d’arts, pas de lettres, pas de société, et, ce qui le pire de tout, la crainte permanente, et le danger de mort violente ; et la vie de l’homme est solitaire, indigente, dégoûtante, animale et brève. Hobbes. Le Léviathan.

En effet, dans une société sans loi, le plus fort, le plus intelligent impose sa volonté au plus faible. Ce plus fort est ensuite renversé par le plus fort suivant, ou par un groupe de plus faibles qui aurait uni ses forces, dans une succession sans fin de guerres civiles. Sans sécurité, il n’y a pas de société possible. Le garant de la liberté de tous est donc respect de la loi. C’est ce que propose Rousseau dans son contrat social : l’homme doit renoncer à son pouvoir de nuisance, tel que décrit dans le Léviathan par Hobbes. En échange, il reçoit la sécurité offerte par le groupe. La loi définit aussi le périmètre de la violence légale, confiée à une force de l’ordre (public) dans le seul but de défendre l’intérêt général.

Lorsqu’un groupe de zadistes, aussi nombreux soit-il, impose son choix à la société tout entière, par exemple dans le cas de Notre-Dame-des-landes, il enfreint les règles du contrat social. Lorsque le gouvernement renonce à son projet d’aéroport, il ne respecte pas la loi qu’il s’est prescrite et renonce donc à sa liberté.

La construction de la volonté générale

Pour Rousseau, une République (la chose publique) ne peut être régie que par un seul principe : l’intérêt général. Le législateur, représentatif de toutes les sensibilités, est là pour voter les lois selon cet unique principe. La sensibilité minoritaire doit alors s’incliner ! La minorité, dans le cadre du contrat social, a obligation de respecter la décision de la majorité. La décision s’impose à tous. La démocratie est bien la dictature de la majorité sur la minorité dans le cadre d’un contrat social.

La justice comme unique outil de contestation

Nul lobby, nul groupuscule n’est au-dessus de la loi. On peut contester bien entendu une loi, un projet d’intérêt général. On a même le devoir de le faire pour faire usage de sa liberté d’expression. Les enquêtes publiques sont d’ailleurs là pour ça ! Mais la justice ne peut être assimilée au droit du plus fort (ou du plus bruyant dans la cas qui nous préoccupe). Sinon, les plus forts (ou les plus bruyants) auraient toujours raison. D’ailleurs, certains lobbies à fort pouvoir de nuisance (comme la CGT) ont tendance à oublier ce principe de base. 30 000 ou même 100 000 individus dans la rue ne représentent  qu’eux mêmes leurs intérêts et certainement pas l’intérêt général. Si la volonté individuelle se heurte à l’intérêt général, elle doit alors s’effacer. L’instinct animal doit faire place à la justice.

Ce passage de l’état de nature à l’état civil ­produit dans l’homme un changement très remarquable, en substituant dans sa conduite la justice à l’instinct. Jean-Jacques Rousseau

Les forces de l’ordre garantes de l’intérêt général

Ils [la police] essaient de nous faire descendre et nous menacent. Je ne veux pas descendre [de mon arbre]. Nous sommes là pour montrer qu’on ne veut pas qu’on empoisonne la Terre mère, on est dans un vieux chêne qui a vécu bien plus longtemps que nous. Un zadiste.

Les arguments sont faibles. La police, comme déjà précisé, est là pour faire respecter la loi (pas celle du zadiste perchée), mais celle votée par le législateur qui a ainsi exprimé la volonté du plus grand nombre. Voici ce que rousseau opposerait aux Zadistes :

Quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie pas autre chose sinon qu’on le forcera à être libre. Jean-Jacques Rousseau

La minorité agissante reste une minorité et doit être contrainte par les forces de l’ordre à obéir à la loi ; ainsi ces minorités seront contraintes à rester libres.

Lorsque l’écologie devient une religion

Chez notre zadiste, il semble que la terre soit « notre mère ». Notre caillou fait de magma, de roches semble soudain vivant. La terre a clairement un statut divin, conférent au combat écologiste des couleurs religieuses. L’écologie est donc bien une religion.

L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. Jean-Jacques ROUSSEAU.

Mais aussi

La liberté est le droit de faire ce que les lois permettent. Montesquieu.

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