12 mars 1938 – il y a 80 ans l’Anschluss

12 mars 1938 : il y a 80 ans, Hitler faisait main basse sur l’Autriche, son pays natal, au nom du droit à l’unité du peule allemand.  Février 2014, Poutine faisait de même en Ukraine. Persuadés l’un et l’autre de l’inaction des démocraties paralysées par la peur de la guerre, les deux dictateurs ont gaité les populations locales acquises à leur cause puis avancé leurs pions sans crainte : au pire, ils essuieraient de vagues protestations diplomatiques, des déclarations indignées à la tribune de la SDN, pour le premier, de l’ONU, de l’autre. Ces deux évènement ont montré les limites de la diplomatie bienveillante et pacifique : en 1938, ni la France, ni la grande Bretagne n’étaient prêtes à sacrifier une goutte de sang pour les Autrichiens (puis plus tard pour les Tchèques des Sudètes). En 2014, il en fut de même pour la Crimée. A dictateurs déterminés et dotés d’arsenaux destructeurs, rien n’est impossible.

Les Sudètes désignent les populations germanophones situées en Bohême et en Moravie. Le 15 septembre 1938 débute la crise des Sudètes. Adolf Hitler souhaite annexer la région des Sudètes à l’Allemagne. Les accords de Munich, signés le 29 septembre 1938, abonderont dans ce sens. L’internaute.

L’Anschluss

Hitler est au pouvoir depuis 5 ans. Il cumule les fonctions de président et de Chancelier (depuis le mort du Président Hindenburg), a remilitarisé l’Allemagne malgré les interdits du traité de Versialles de 1919, commencé à épurer le pays. De l’autre côté du Rhin, on sent bien que chaque jour qui passe fait de l’Allemagne un ennemi plus puissant. On a renoncé aux indemnités de guerre (prévues par le même traité), on a laissé les troupes Allemandes prendre position dans la Ruhr. Bref, on laisse faire, paralysé par un opinion publique traumatisée par le souvenir de la Grande-Guerre. on se planque derrière la ligne Maginot en espérant ainsi arrêter le flux dévastateur qui s’annonce. Hitler a les mains libres : il le sait.

En février, il convoque  Kurt von Schuschnigg, le chancelier autrichien pour mettre un de ses fidèles dans les pattes : Seyss-Inquart, du parti nazi, doit être nommé ministre de l’Intérieur.

Vous avez tout fait pour empêcher une politique amicale. L’histoire de l’Autriche n’est qu’une suite ininterrompue de trahisons. Ce paradoxe historique doit maintenant parvenir à son terme, qui devrait être depuis longtemps échu. Et je puis vous l’affirmer ici, monsieur Schussnigg : je suis absolument résolu à ce que cela cesse. Le Reich allemand est l’une des grandes puissances et personne n’osera élever la voix s’il décide de régler le problème de ses frontières.  Adolf Hitler à Schussnigg

Schussnigg est alors seul face à la grande Allemagne qui masse à ses frontières des milliers d’hommes en armes. Il tente de sauver l’indépendance de l’Autriche en cherchant un plébiscite par la voie du referendum. Mais, face aux menaces de plus en plus précises d’interventions militaire,  il abandonne vite. En désespoir de cause, il appelle  à l’aide les grandes démocraties qui restent sourdes. le 11 mars 1938, les troupes allemandes, soutenues par le parti nazi local, entrent en Autriche sans avoir tiré un seul coup de fusils.

Le  15 mars 1938, un soldat allemand se voit offrir des fleurs dans les rues de Vienne.
Anschluss

La France et l’Angleterre n’ont pas bronché.

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