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Les états d’âmes de Nicolas HULOT

La biodiversité, « tout le monde s’en fiche ! Nicolas HULOT.
Notre ministre de l’écologie, par ailleurs n°3 du gouvernement, a bien raison. Il aurait pu ajouter que l’effet de serre, tout le monde s’en fiche aussi. On écoute attristé les chroniques quotidiennes sur la fonte des glaciers, la montée des mers, l’acidification des océans, la destruction des barrières de corail,.. et puis on allume son chauffage, on prend l’ascenseur, on s’assied dans le confort accueillant de sa voiture, seul, comme des millions de parisiens, pour nous rendre sur un lieu de travail bien top éloigné. On oublie d’éteindre son ordinateur et puis on allume la climatisation en réfléchissant à nos prochaines vacances au bout du monde. Car c’est humain, on pense d’abord à soi, au court terme, éventuellement à son voisin, mais certainement pas aux ours polaires ou aux générations qui viendront et qui ne sauront pas à quoi ressemble un papillon…
La biodiversité, « tout le monde s’en fiche ! Que pèse un moineau dans la balance de nos intérêts alors que sur l’autre plateau sont entassés nos smartphones, nos congélateurs et autres machines à laver ? Qui sacrifierait son yaourt quotidien, son hamburger pour un crapaud sonneur ?  Et puis les oiseaux ont cette pudeur de mourir en silence et à l’abri des regards. Des millions disparaissent mais personne ne voit son cadavre. On n’a jamais vu un tas d’abeilles mortes ou un cimetière d’écrevisses argentées… Alors effectivement, tout le monde s’en fout.
Et pourtant… LEDC soutient Nicolas HULOT dans son combat contre l’indifférence. Notre Don Quichotte de l’écologie doit persévérer et attaquer encore les moulins égoïstes.

ARTICLE DU HUFFINGTON POST ici

ENVIRONNEMENT – La biodiversité, « tout le monde s’en fiche ». Nicolas Hulot, auteur de ce cri de détresse devant l’Assemblée nationale, présente ce vendredi 18 mai ses pistes pour tenter de protéger un monde du vivant frappé d’un déclin à la rapidité inédite. L’urgence est criante : destruction de milieux naturels, pollutions persistantes, surexploitation des ressources, boom des espèces invasives, climat déréglé etc. accélèrent toujours plus la disparition de populations animales et végétales. La France possède un patrimoine très riche, avec notamment plus de 16.500 espèces endémiques (à 4/5e en outre-mer), ce qui lui confère aussi « une responsabilité internationale », note l’Observatoire national de la biodiversité (ONB). Mais les chiffres brossent un bien sombre tableau.

Déclin « vertigineux »

Une étude choc a récemment montré le déclin « vertigineux » des oiseaux des campagnes : -60% de moineaux friquet en 10 ans, moins un tiers d’alouettes des champs en 15 ans… selon le CNRS et le Muséum d’Histoire naturelle. En 2016, près d’un tiers des espèces évaluées dans les listes rouges nationales étaient éteintes ou menacées. Les chauve-souris par exemple, utiles insectivores et pollinisateurs, ont perdu près de la moitié de leur effectif entre 2006 et 2014. Selon l’Observatoire, seules la moitié des zones humides, 43% des eaux de surface, et 22% des milieux naturels d’intérêt européen sont en bon état. Autant d’écosystèmes ou espèces qui ne peuvent plus rendre des services pourtant vitaux à l’homme, qu’il s’agisse de fournir eau, nourriture, pharmacopée, de polliniser les cultures, stabiliser les sols ou éviter les crues.

Béton et goudron

Pointée du doigt, l’artificialisation des sols a fait perdre depuis 2006 à l’agriculture et aux milieux naturels une surface équivalente au département de la Seine-et-Marne, en grande partie sous la forme de surfaces goudronnées, selon l’ONB. Prairies et pâturages paient le tribut le plus lourd, mais les cours d’eau sont aussi de plus en plus fragmentés par des ouvrages (15 obstacles à l’écoulement pour 100 km de cours d’eau en 2017). En présentant sa vision, en juillet 2017, Nicolas Hulot l’avait affirmé :  » L’objectif ‘zéro artificialisation des terres’ doit demeurer (…). Ne serait-ce que pour garantir la souveraineté alimentaire ». Le nouveau ministre avait annoncé « une pause » dans les grands projets d’infrastructures, pour raisons budgétaires.

Pesticides généralisés

Depuis, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été abandonné. Mais d’autres se poursuivent. Celui du canal Seine-Nord a été relancé, et l’Etat vient de faire appel d’une décision de justice retoquant la zone d’aménagement d’Europacity, au grand dam des opposants à ce projet de mégacomplexe commercial au nord de Paris. La France est aussi le 2e utilisateur de produits phytosanitaires en Europe, et championne des dérogations aux interdictions. « La surveillance met en évidence la présence généralisée de pesticides dans les milieux aquatiques », avec « les teneurs les plus élevées dans les zones de grandes cultures, arboriculture et viticulture », note l’Insee dans son bilan environnement pour 2017.

Grosses bêtes

Mais il y a aussi quelques nouvelles positives: la « hausse constante » depuis 10 ans des moyens affectés à la biodiversité (plus de 2 milliards d’euros en 2014), une prise de conscience citoyenne, énumère l’ONB. Des espèces se portent mieux : la loutre, le castor… Mesures et lois se sont aussi succédé, bien que pas toujours appliquées. Hulot, qui évaluera « cet été » son maintien au gouvernement, veut voir les progrès. Mercredi 16 mai sur BFMTV, il a loué le rôle de la France en faveur de l’interdiction des néonicotinoïdes et du glyphosate. « On va changer d’échelle notamment dans les nouvelles formes de production agricole », assure-t-il. « Il faut que dans les collectivités, les citoyens, chacun d’entre nous s’interroge sur sa responsabilité ». Il doit présenter ce vendredi plusieurs « axes de mobilisation », avant consultations et adoption d’un plan en juillet, pour que « la France prenne sa part de responsabilité, qu’on arrête d’empoisonner la nature, d’artificialiser les sols ». En attendant, il a déjà entrepris de favoriser deux grosses bêtes médiatiques, le loup et l’ours, quitte à s’aliéner les éleveurs d’ovins. « On dit bravo et merci » pour les ours, souligne Jean-David Abel, de France Nature Environnement, qui cependant prévient le gouvernement: « Il ne faut pas en faire l’arbre qui cache la forêt ».

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