cinéma

J’ai vu pour vous Amen de Costa Gavras

Excellent film de Costa-Gravas qui dénonce les relations ambigües entre les Nazis et le Vatican, entretenues pendant la seconde guerre mondiale.

J’ai vu pour vous Amen de Costa Gavras

Kurt Gerstein est un officier nazis qui a rejoint la SS presque par hasard : il est avant tout chimiste, spécialiste du traitement des eaux. Il a mis au point un système de désinfection permettant aux troupes sur le front de disposer d’eau potable. Son système fonctionne notamment avec un gaz puissant : le Zyklon B. Son invention va attirer les convoitises des artisans de la Solution Finale. Kurt Gerstein est aussi un chrétien convaincu. Horrifié par le décret prévoyant l’élimination physique des personnes déficientes mentales, il alerte Ricardo, le Nonce apostolique en poste à Berlin. Ils parviennent, en mobilisant les milieux chrétiens, à faire reculer les Nazis. Kurt Gerstein commence à douter sérieusement du bien fondé des théories du Führer… Il n’est pas au bout de ses surprises : une visite en Pologne (Belzec et Treblinka) est pour lui l’occasion de constater que son Zyklon B a été détourné pour une toute autre application : les chambres à gaz où sont exterminées des centaines de Juifs. Là encore il tente d’alerter le Pape par l’intermédiaire de Ricardo qui a un accès privilégié à Pie XII. Il cherche à engager le pape dans une démarche de condamnation sans ambiguïté des crimes nazis. Rien à faire :  « Mon frère, les débiles étaient chrétiens… Pas les Juifs. On ne peut donc rien faire… » tandis que la hiérarchie vaticane se vautre dans le luxe, des millions de Juifs, tziganes, homosexuels meurent asphyxiés…

Pie XII est peint comme un personnage hésitant, ne sachant quelle attitude adopter : faut-il protester ouvertement en courant le risque de voir les foudres nazies s’abattre sur les fidèles des pays occupés ? Faut-il agir dans l’ombre ?

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Il y a beaucoup à dire sur l’attitude de l’église pendant la guerre. A-t-elle sauvé des Juifs ? A-t-elle exfiltré des Nazis ? A-t-elle été complice des crimes nazis ou simplement spectateur ? A-telle soutenu les nazis pour faire rempart au communisme ?

Amen donne un bon éclairage.

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Une brève histoire de PI XII et des Nazis

Il a vécu la première guerre mondiale en Bavière. Ce fut là qu’il assista aux premiers soubresauts de la révolution communiste menée par les Spartakistes de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht qui faillit renverser le pouvoir en place. Il en gardera un souvenir amer. Les Rouges furent chassés de la rue par les milices SA d’Ernst Rhöm, bientôt encartées dans le parti Nazi. Il repartit pour Rome où il devint une sorte de correspondant entre le Pape Pie XI et l’Allemagne d’Hitler (à partir de 1933). Il devint Pape en 1939, à la veille de la seconde guerre mondiale. Voulait-il maintenir la paix à tout prix ? N’y a-t-il pas cru (comme beaucoup à l’époque) ? En tout cas, il mena une politique (coupable ?) prudente, silencieuse, complaisante de neutralité du Vatican. Il aurait été rapidement (1942) été informé de la Solution Finale (par Kurt Gerstein ?). Sa réponse, semble-t-il, fut pour le moins modérée. dans son homélie de Noël 1942, il oublie des nommés les coupables…

Les centaines de milliers de personnes, qui, sans aucune faute de leur part, et parfois pour le seul fait de leur nationalité ou de leur race, ont été vouées à la mort ou à une extermination progressive. Pie XII – Homélie de noël 1942

Navigant en eaux troubles, il emmena son embarcation dans des océans d’ambiguïté, protégeant les juifs de Rome, mais ne condamnant jamais fermement les crimes nazis, alors que, dans le même temps, il vitupérait contre les Communistes.

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Pie XII – le pape de la seconde guerre mondiale

Kurt Gerstein sur HERODOTE.NET

Gerstein, un ingénieur des mines né en 1905. Il dénonce le nazisme au nom de sa foi protestante dans les années 1930 et passa de nombreux mois dans un camp d’internement. En 1940, il trouva le moyen de se faire engager comme lieutenant dans les SS (abréviation de Schutzstaffel, escadron de protection), avec l’intention d’en dévoiler les agissements coupables. Cette milice d’élite à la réputation sinistre, dirigée par Heinrich Himmler, était chargée de toutes les sales besognes au service du nazisme. La résolution de Kurt Gerstein s’en trouva renforcée lorsqu’il eut connaissance de l’assassinat de sa nièce, Bertha, une handicapée sacrifiée au nom de l’eugénisme. Avec des milliers d’autres handicapés, dès 1940, elle fut gazée dans de fausses salles de douches, les SS utilisant pour ce faire le gaz d’échappement de camions. L’intervention des chrétiens allemands permit d’interrompre le programme d’euthanasie. En 1942, lorsque l’heure vint de l’extermination des Juifs et des gitans, Kurt Gerstein, sous couvert de lutter contre le typhus, dut approvisionner des camps de Pologne en gaz mortel (les SS étaient passés à l’acide prussique de la marque Ziklon B, plus efficace que les gaz d’échappement). Horrifié par ce qu’il vit dans les camps de Belzec et Treblinka, il n’eut de cesse de les dénoncer à des personnes de confiance. Rencontrant par hasard dans un train, un soir d’août 1942, l’attaché d’ambassade de Suède, il lui raconta toute la nuit ce qu’il avait vu. L’attaché tenta mais en vain d’alerter son gouvernement. Les révélations de Kurt Gerstein, principal témoin oculaire de la Shoah (l’extermination des Juifs) vinrent à l’oreille des résistants de Pologne qui avertirent leurs chefs en exil à Londres. Elles permirent d’étayer les informations qui circulaient déjà en Occident sur les camps de la mort. Des journaux et des responsables en firent état. Mais nul n’osait trop y croire et tout cela ne servit à rien ou presque. À la fin de la guerre, Kurt Gerstein se rendit aux troupes françaises. Transporté à Paris, à la prison militaire du Cherche-Midi, il rédigea un rapport détaillé sur les camps. Quelques jours après, on le retrouva mort dans sa cellule. Suicidé de désespoir ou assassiné par des officiers SS de la prison ? Le mystère demeure. Ses Confessions ont constitué l’un des principaux documents à charge lors du procès des chefs nazis à Nuremberg, après la guerre. Elles sont revenues sur le devant de l’actualité en 1985 lorsqu’un révisionniste français (Henri Roques) prétendit les démonter dans le cadre d’une soutenance de thèse à l’université de Nantes. Kurt Gerstein a été condamné par les Alliés, qui lui ont reproché d’avoir continué à servir la SS après avoir découvert l’horreur des camps. C’est seulement vingt ans après sa mort qu’il a été réhabilité.

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