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L’Europe, le populisme, l’AFD, Gauland et Hitler

L’Allemagne de Merkel n’a rien à voir avec la République de Weimar des années 30. Le contexte notamment est différent : l’Allemagne des années 30, humiliée par le diktat du traité de Versailles (1919), se vit imposer (par Clemenceau notamment) des dommages de guerre exorbitants, impossibles à honorer, la condamnant à la misère et le chômage, puis à l’hyper inflation. Le Chaos social, accentué par la crise de 29 et le retrait des capitaux américains, avait permis à Hitler de cristalliser les mécontentements en dénonçant deux coupables (fusionner en un seul) : le communiste et le Juif. Ces deux-là, à la tête des partis de gauche, des journaux étaient pour Hitler les premiers responsables de la défaite allemande qu’ils avaient, depuis le début (1914), voulue au nom de l »Internationale », en provoquant notamment des grèves dans les usines d’armements. Hitler, alors Caporal sur le front, avait été blessé et reconduit vers l’arrière. Il avait alors constaté que les Juifs étaient « bien planqués » et paradaient dans les ministères ou les banques. Cette classe dirigeante était indifférente aux problèmes du petit-peuple et ne pensait qu’à s’enrichir à l’ombre des milliers de tombes des vrais allemands qui tombaient comme des mouches dans les tranchées. Sur ce terreau fertile avait germé son anti-sémitisme. La bourgeoise, effrayée par le péril rouge venu de l’Est (les ligues spartakistes de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht) donna en 1933 ses suffrages à celui qui promettait de redonner à l’Allemagne sa fierté, de redonner l’Allemagne aux Allemands en chassant les étrangers et la classe dirigeante internationale noyautée par les Juifs.

Celui qui ignore l’histoire est condamné à la revivre.

2018. Que dit Herr Gauland, Président de l’AFD (Alternativ Für Deutschland), le parti d’extrême droite qui monte :

Cette classe mondialisée siège dans les grandes entreprises internationales, dans des organisations comme l’ONU, dans les médias, dans les start-up, les universités, les ONG, les fondations, les partis et leurs appareils, et parce qu’elle contrôle l’information, elle donne le “la” sur les plans politique et culturel. Ses membres vivent dans les grandes villes, parlent anglais, et parce qu’ils passent d’un job à un autre entre Berlin, Londres et Singapour, fréquentent les mêmes appartements, les mêmes restaurants, les mêmes magasins et les mêmes écoles privées. Ce milieu est socialement homogène mais culturellement divers. La conséquence est que le lien entre cette nouvelle élite et sa terre d’origine est faible. Ces gens-là se sentent comme des citoyens du monde vivant dans une société parallèle. La pluie qui tombe sur leurs terres d’origine ne les mouille pas. Ils rêvent d’un monde unique ou d’une république mondiale. (…) Face à cette classe mondialisée se dressent deux groupes hétérogènes qui ont formé une alliance au sein de l’AfD.

  • D’un côté, une classe moyenne à laquelle appartient aussi notre tissu de PME, qui ne peut pas facilement délocaliser ses usines en Inde, pour y produire à bas coût ;
  • De l’autre, des citoyens lambda dont les jobs sont payés au lance-pierre ou n’existent tout simplement plus, qui ont durement travaillé toute leur vie et qui n’ont plus qu’une misérable retraite pour vivre. Ce sont ces gens pour qui la terre d’origine représente encore une valeur et qui sont les premiers à s’en voir dépossédés face à l’afflux des immigrés. Eux ne peuvent tout simplement pas partir et jouer au golf ailleurs.

Herr Gauland Président de l’AFD, le 6 octobre 2018

C’est une petite clique internationale déracinée qui attise la haine entre les peuples et qui ne veut pas qu’ils vivent tranquillement. Ce sont des gens qui sont chez eux partout et nulle part, qui vivent aujourd’hui à Berlin, qui pourraient vivre demain à Bruxelles, après-demain à Paris, puis à Prague, Vienne ou Londres, et qui se sentent partout chez eux. Ces gens-là sont les seuls à être des éléments internationaux car ils peuvent mener leurs activités partout, à la différence du peuple qui ne peut les suivre, car le peuple, lui, est enchaîné à son sol, à sa terre d’origine, il est dépendant de ce que peut lui offrir son État, sa nation. Le peuple ne peut pas suivre. Le paysan est attaché à sa terre. Le travailleur est lié à son usine. Quand ça va mal, où peut-il trouver mieux ?

Adolf HITLER, le 10 novembre 1933

Le Juif n’est pas nommé dans le discours d’Hitler, mais ses partisans avaient compris de qui il parlait. Hitler dénonçait ces gens « sans racine », ces citoyens du monde qui n’avaient aucun sentiment national, aucun attachement à l’histoire allemande, qui vivait un peu comme des parasites, sautant d’un pays à l’autre. Il leur opposait le peuple allemand qui était obligé de travailler sa terre qu’il ne pouvait délocaliser.

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Gauland patron de l’AFD 92 députés au Bundestag

Herr Gauland dit la même chose. Il ne vise pas les Juifs. Il vise la classe politique en général, l’élite qui vit dans une sorte de stratosphère mondiale sans se préoccuper de ce qui se passe en bas. Il leur oppose le travailleur attaché à son usine qui n’a que la force de son courage ou sa petite retraite, pour survivre et qui subit (à l’opposé des élites) de plein fouet l’impact la mondialisation dont l’immigration est une conséquence.

Allemagne : portés par la crise des migrants, les dirigeants de l'AfD jubilent
Alice WEIDEL – co-présidente de l’AFD – 39 ans

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