cinéma Culture

Gabrielle RUSSIER – Mourir d’aimer – Un film d’André Cayatte (1971)

Le 1er septembre 1969, jour de la rentrée des classes. Gabrielle RUSSIER, professeur de Lettres, broyée par l’infernale machine judiciaire, se donnait la mort, la veille de son procès en appel et aussi de la rentrée des classes. Son crime ? Avoir aimé Christian, son élève. En 1970 Charles Aznavour lui rendit hommage avec Mourir d’aimer, la bande originale du film D’André Cayatte.

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Annie Girardot en 1970 dans Mourir d’aimer d’André Cayatte

Les éditions des Chavonnes vous offrent ce que le Grand Charles aurait aussi pu écrire :

Gabrielle- On s’aimait, c’était tout.

  • La nuit comme seule délivrance,
  • Plus de cris et plus de souffrances,
  • Le noir pour soulager ma vie,
  • Loin de la fureur et loin du bruit ;
  • Jugée d’avance par la morale,
  • Brisée par la presse à scandales,
  • Parce qu’on s’aimait par dessus tout,
  • Parmi les chiens, parmi les loups ;
  • Quatre murs sales d’une prison,
  • Pour avoir aimé un garçon,
  • Neuf semaines dures sans liberté,
  • Pour seul crime d’avoir aimé ;
  • En finir enfin Gabrielle,
  • Plutôt que ce terrible appel,
  • L’avenir dira qu’ils ont eu tort,
  • Ils regretteront alors ma mort ;
  • Qu’un gaz salvateur me libère,
  • En irriguant bien mes artères ;
  • A bout de force, les yeux rougis,
  • Lassée au bord de l’asphyxie,
  • Sur le carrelage abandonnée,
  • Sciemment je me laisse emportée,
  • Soulagée, libre de cette fin,
  • Une fin plus douce que mon destin.

On s’aimait, c’est tout…

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Une des rares photos de Gabrielle RUSSIER

La situation est très grave pour moi, pour les enfants, si je suis virée de l’éducation nationale, écrit Gabrielle Russier. Je ne comprends plus rien, ni de ce que j’entends ni de ce que je lis. Je suis tout abîmée intellectuellement et physiquement. (…) Je vais faire tout mon possible pour « tenir » jusqu’à l’appel. Gabrielle RUSSIER.

 Ce n’était pas du tout une passion. C’était de l’amour. La passion, ce n’est pas lucide. Or, c’était lucide. Les (deux ans) de souvenirs qu’elle m’a laissés, elle me les a laissés à moi, je n’ai pas à les raconter. Je les sens. Christian ROSSI – son amant.

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