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J’ai lu pour vous Qu’est ce « Les Lumières » d’Emmanuel KANT (Was ist Aufklärung ?)

La Révolution française n’a pas encore commencé mais déjà, dans les salon, les idées bouillonnent autour de concepts que la morale imprégnée par la religion réprouve. Nous sommes en 1784. Diderot et D’Holbach mettent en cause l’existence même de Dieu. Voltaire y voit un grand Horloger. Montaigne, deux siècles plus tôt, se disait catholique par fidélité (à son pays et son Roi). Bref, en cette fin de XVIIIème siècle, il devint possible de sortir de la scolastique (la philosophie imposée par l’église) et d’utiliser sa raison pour réfléchir sans préjugés. « Osez penser disait! » Horace avant Jésus-Christ ! Une invitation qui semble tomber aujourd’hui sous le sens mais qui pendant les 1000 années de monarchie absolue fut révolutionnaire. Car remettre en cause le dogme, c’était remettre en cause les pouvoirs établis : la Monarchie et son allié le clergé. On sortait d’une période obscure pour entrer dans celle des Lumières.

J’ai lu pour vous Qu’est ce les Lumières d’Emmanuel KANT (Was ist Aufklärung ? )

Du fond de sa Prusse orientale, du côté de Königsberg, Emmanuel Kant (1724-1804) décide de tenter de répondre à cette question. Nous sommes à Berlin en 1784. Pour Kant, l’homme s’est lui-même enfermé dans un système de pensées qui a organisé sa soumission : en s’imposant une puissance supérieure organisatrice (Dieu), il s’est cantonné dans une position inférieure, une sorte de minorité intellectuelle qui l’a dispensé de réfléchir sur les vrais sujets et de diriger sa propre vie. L’homme s’est trop laissé guidé par les dogmes. Pour Kant, il est temps de réagir : les Lumières consistent à sortir de l’immaturité pour passer enfin à l’age adulte (penser par soi-même), sans se laisser imposer une conduite par un autre (un prêtre, un  professeur, un banquier, un médecin..)

Les Lumières permettent à l’homme de sortir de l’immaturité dont il est lui-même responsable. L’immaturité est l’incapacité d’employer son entendement sans être guidé par autrui. Cette immaturité lui est imputable non pas si le manque d’entendement mais si le manque de résolution et de courage d’y avoir recours sans la conduite d’un autre en est la cause. Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! voilà donc la devise des Lumières (Aufklärung). Kant.

Des hommes qui se conduisent comme du bétail

Nous avons trop longtemps accepté d’être conduits comme le berger conduit son bétail, parfois à l’abattoir… Cette acception s’explique par notre nature lâche et paresseuse : c’est très fatiguant de penser par soi-même et plus confortable de se laisser porter par les guides qui font le travail à votre place. Contester un ordre est épuisant, voire dangereux ! Bref on manque de courage. Et puis il y a tant de bonnes âmes qui, par (fausse) charité (intéressée), vous épargnent les taches fastidieuses. Ils vous nourrissent d’idées toutes faites et vous montrent les clôtures au-delà desquelles il est (soi-disant) dangereux de s’aventurer. Pour Kant, il est urgent de franchir ces clôtures et d’apprendre à marcher, sans avoir peur de quelques chutes : elles permettent en effet à l’individu de se forger. Kant vise bien entendu le dogme chrétien et les prêtres, gardiens du temple, qui ont empêché pendant des siècles tout progrès scientifique : depuis les Grecs, 1000 ans d’obscurantisme ! Il fallut attendre Copernic (XVème siècle) pour redécouvrir l’héliocentrisme de  Philolaos de Crotone (Vème siècle avant JC).

Le faire-savoir

Non-seulement il faut réfléchir, utiliser sa raison pour se fabriquer ses propres idées, mais aussi exprimer publiquement ses opinions ! C’est l’usage public de la raison. Mais attention ! Kant ne franchit pas le Rubicon : . On peut réfléchir, débattre des ordres du supérieur, y compris publiquement, mais il faut, en toutes circonstances, obéir à son devoir, à la Loi.

Le devoir est la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi. Kant.

Comme le dira De Gaule plus tard : Les manifestations d’accord, mais la chienlit non ! Le devoir avant tout !

On ne peut démontrer l’existence de Dieu, mais on ne peut s’empêcher de procéder suivant le principe de cette idée et d’accepter les devoirs comme des commandements divins. Kant.
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