Littérature

J’ai lu pour vous mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand (Livres I à XII)

Né à l’aube d’une époque agitée pour l’Aristocratie Française (1768), François-René de Chateaubriand apporte, dans les livres I à XII de ses Mémoires d’outre-tombe, un regard original sur la Révolution française et de ses différentes répliques que furent le Directoire, le Consulat, le premier Empire et la Restauration : le regard d’un petit aristocrate breton, profondément chrétien. François-René mit du temps à s’émanciper de l’autorité paternelle, enfermé, au cours de sa jeunesse, avec ses sœurs Lucile et Julie, dans une tour du château familiale de Combourg (Saint-Malo) puis au collège de Dol près de Rennes. Il décrit à longueurs de pages, avec un style parfois poétique, ses promenades solitaires (inspirées des rêveries du promeneur solitaire de Rousseau) sa tendresse pour sa sœur Lucile (la « sylphide »), son amour de la nature, mais aussi son spleen qui l’amena au bord du suicide. Il fut sauvé par une arme au mécanisme capricieux. Pour Chateaubriand, un signe de Dieu !

Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d’une grive perchée sur la plus haute branche d’un bouleau. A l’instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel. J’oubliai les catastrophes dont je venais d’être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j’entendis si souvent siffler la grive. Quand je l’écoutais alors, j’étais triste de même qu’aujourd’hui. Mais cette première tristesse était celle qui naît d’un désir vague de bonheur, lorsqu’on est sans expérience; la tristesse que j’éprouve actuellement vient de la connaissance des choses appréciées et jugées. Le chant de l’oiseau dans les bois de Combourg m’entretenait d’une félicité que je croyais atteindre; le même chant dans le parc de Montboissier me rappelait des jours perdus à la poursuite de cette félicité insaisissable. François-René de Chateaubriand – Mémoires d’outre-tombe.

J’ai lu pour vous mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand (Livres I à XII)

Il rejoignit la Capitale à la veille des États généraux (juin 1789). Après un bref épisode militaire, il fut présenté à Louis XVI par son frère. On assiste à ses discussions enflammées avec Malsherbes, le futur défenseur du roi déchu. Et se désola de la prise de la Bastille (juillet 1789), de l’écroulement de la Monarchie et de la cruauté sanglante des sans-culotte qui ne voyaient pour les Aristocrates que deux issues possibles : pendu au bout d’une corde à la première lanterne venue ou la tête séparée du corps se baladant plantée sur un pic. Trop de sang était alors versé pour le romantique Chateaubriand. Voyant que ses jours étaient en danger, il décida de partir sur les traces de La Fayette, du côté du Nouveau monde, où il rencontra les colons américains, mais aussi les tribus indiennes. Une source d’inspiration pour son futur Génie du Christianisme. Ce fut de l’autre côté de l’Atlantique qu’il apprit la fuite de Varennes (1791). Il décida alors de rentrer pour s’engager dans les armées émigrées qui tentaient de restaurer, depuis la Belgique, la Monarchie. Malade, affamé, sans ressource, il manqua de perdre la vie avant d’être pris sous son aile par un couple britannique. A Londres, il se lia d’amitié avec de nombreux Aristocrates français qui, comme lui, avaient fui la mère-patrie alors dominée par Robespierre et son régime de Terreur (1792). A Londres, commença sa carrière d’écrivain. Il assista à la montée en puissance du nouvel homme-fort de la France : Bonaparte. Il découvrit également les auteurs Anglais en vogue. La fin de son exile prit fin en 1800.

Je me félicite aujourd’hui d’avoir essayé du naufrage, entrevu la guerre, partagé les souffrances des classes les plus humbles de la société, comme je m’applaudis d’avoir rencontré, dans les temps de prospérité, l’injustice et la calomnie. J’ai profité à ces leçons: la vie, sans les maux qui la rendent grave, est un hochet d’enfant. François-René de Chateaubriand – Mémoires d’outre-tombe.

 

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