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Les gilets jaunes et la Révolution

Les gilets jaunes sont-ils les sans-culottes de 2018 ? Non. Pourtant les parallèles sont nombreux, comme nous allons le voir, à commencer par l’état désastreux des finances publiques. D’ailleurs, les gilets jaunes aiment utiliser les termes qui ont fait l’histoire de 1789, comme « Cahiers de doléances », « Peuple », « États généraux » ou « Assemblée constituante ».  

La paix sociale achetée à grands coups d’emprunts depuis 74

Novembre 2018. les caisses sont vides.

L’Etat, comme en 1789, constate que ses caisses sont vides. Cet endettement n’est pas récent : le dernier budget à l’équilibre date de 1974. Depuis, toutes les avancées sociales ont été financées par l’emprunt, c’est-à-dire par les générations suivantes. La paix sociale a été achetée en vidant la caisse. Et ça a marché… pendant 50 ans. Mitterrand ainsi s’est fait lire sur des promesses non-financées, comme la retraite à 60 ans. Martine Aubry a ajouté des dettes aux dettes en introduisant les 35 heures. Ces promesse, et bien d’autres, creusent encore aujourd’hui le déficit : 2000 milliards d’euros : 100 % du PIB. Aujourd’hui pour maintenir le « modèle social’, tout gouvernement doit  trouver de l’argent. Le principal problème du gouvernement est donc celui-là : comment financer le modèle français ?

Plusieurs solutions

Pour trouver de l’argent, il y a plusieurs pistes :

  • La première qui vient à l’esprit (comme en 1789), consiste à taxer les riches. Le problème (que l’on n’avait pas en 1789) est qu’il n’y a rien de plus volatil que le capital. Dans la compétition mondiale, l’impôt est devenu une arme de guerre. Le pays le plus attractif attire les capitaux. Nul doute que trop d’impôts (sur les riches) devient contre-productif et donc tue l’impôt : un clic et les milliards d’euros traversent la frontière. Ces milliards ne payaient pas assez ? Ils ne paieront plus du tout.
  • La deuxième solution est le recours à l’emprunt : certains en ont abusé depuis 1974 en comptant sur les générations suivantes.
  • La troisième est d’augmenter les taxes.  Le président vient d’essayer et s’est heurté à la crise des Gilets jaunes.
  • La dernière enfin est de réduire la voilure du modèle social. C’est-à-dire (par exemple) revenir sur le niveau des pensions. C’est pas simple et peut conduite à une crise du même type.

Juin 1789 – les états généraux

En 1789, Louis XVI eut le même soucis. Plus de sous dans les caisses ! Il réunit alors le 24 janvier 1789 les États-Généraux, seul organe compétent en termes d’impôts. Necker, son ministre du budget, l’équivalent de Gérald Darmanin, propose d’augmenter les taxes. Pas très original… Refus catégorique du tiers-état. Mirabeau, porte-parole du peuple, en est alors l’étendard. Louis XVI n’y voit alors qu’une petite crise passagère. Il fait évacuer la salle des menus-plaisirs de Versailles, sans que rien ne soit réglé. Necker n’a plus de solutions. Le tiers-état fait le serment de donner une constitution à la France lors de se réunion au jeu de Paume.  Le désordre menaçant la sécurité de l’Etat, un recours à la force n’est plus exclu. Camille Desmoulins appelle aux armes (en faisant son fameux discours sur la saint-Barthélémy du peuple) ce qui conduit à la prise de la Bastille. On coupe des têtes (la première étant celle du gouverneur de la forteresse), on pille, on brûle. A coup sûr, on imagine que « casser du Riche (de l’Aristocrate) » amènera le paradis sur terre. Robespierre arrive au pouvoir : les caisses sont toujours aussi vides. En effet, les « riches » se sont exilés et ne payent donc plus d’impôts du tout. Alors on pille les biens de l’Église et on coupe de nouvelles têtes comme celle de du Roi (1793) et de la Reine. Les caisses étant toujours vides et la gauche ultra des sans-culottes étant de plus en plus revendicatrices, Robespierre met en place le régime de la Terreur (1794). Il coupe des têtes encouragé par Marat qui en réclame 100 000. Il finit lui-aussi sous le couperet de la guillotine (1794).

Gracchus Babeuf (le premier communiste), auteur de la Conjuration des égaux, est guillotiné à son tour (1797).  Barras devient Directeur. Les caisses sont toujours vides. Pas moyen de répondre aux revendications légitimes de la gauche. Il fait voter une amnistie pour les exilés en espérant le retour des capitaux et en appelle à un jeune général pour ramener l’ordre : Bonaparte. Il lui promet de l’ordre mais lui demande en échange de ne pas venir lui réclamer des comptes. Il fait tirer sur la foule et le calme revient sur Paris. Il prend la tête de l’armée d’Italie et ses victoires permettent enfin de remplir les caisses de l’État mais au détriment des libertés individuelles. Après Waterloo, on revient à la case départ qui s’appelle Restauration.

Bref, quand il n’y a plus de sous, il n’y a plus de sous. 

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