Nietzsche Philosophie

J’ai lu pour vous GENEALOGIE DE LA MORALE de Friedrich NIETZSCHE (1887)

Dans la « Généalogie de la morale », Nietzsche cherche à identifier l’origine de nos valeurs, à caractériser ce qui, aujourd’hui, nous permet de distinguer une action « bonne » d’une action « mauvaise ».

Nietzsche et les gilets jaunes

Si Nietzsche était toujours vivant, il aurait vu dans le mouvement des gilets jaunes, le triomphe des forces réactives, celles qui n’existent qu’en s’opposant, incapable de créer par elle-même. Nietzsche aurait vu dans La glorification implicite des faibles (forcement bons) et la condamnation des forts (forcément méchants)  l’inversion des valeurs introduites à partir du IIIème siècle par le christianisme « heureux les pauvres… » de saint Augustin.

J’ai lu pour vous GENEALOGIE DE LA MORALE de Friedrich NIETZSCHE (1887)

L’inversion des valeurs

Dans la « Généalogie de la morale », Nietzsche cherche à identifier l’origine de nos valeurs, à caractériser ce qui, aujourd’hui, nous permet distinguer une action « bonne » d’une action « mauvaise ». En effet, il semble que l’on ait perdu le fil conducteur, la genèse. Pourquoi, par exemple, qualifie-t-on, de « mauvaise » cette pulsion débridée, et purement sexuelle, qui nous pousse à désirer la femme du voisin ? À quel titre traitons-nous de « pervers » (contre-nature étymologiquement) l’individu qui se régale d’images érotiques, alors que ce dernier ne fait que suivre son instinct dicté par la nature ?

Pour Nietzsche, nous avons, au fil du temps, inversé les valeurs. Ce qui était « naturel » est devenu mauvais (et contre-nature pou pervers). Le tournant, semble-t-il, s’est opéré entre le premier et le troisième siècle après Jésus-Christ. Les faibles, les esclaves, rongés par le ressentiment et la jalousie, ont réussi à instiller, dans la morale du peuple, le poison de la culpabilité : « bon » est devenu un synonyme de faible ; « méchant » synonyme  de fort et de puissant.

Premier responsable : le christianisme

Pour illustrer, citons Saint Luc (6, 20-26) : Jésus s’était arrêté dans la plaine, et la foule l’entourait. Regardant alors ses disciples, Jésus dit :  » Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. » L’invention du péché originel (comme si faire l’amour était un péché) est venu compléter le dispositif en conférant, à la culpabilité, un statut héréditaire. L’homme est devenu ainsi coupable par essence. Cette force réactive (selon la définition de Nietzsche) qu’est le christianisme a donc cherché à chasser le naturel en nous, à nous priver de force créatrice, de la volonté de puissance (terme de Nietzsche), en faisant la part (trop) belle aux faibles, en égalisant les forces.

Le triomphe des forces réactives

À l’inverse de la sélection naturelle, qui permet le renouvellement des espèces vers des êtres toujours plus adaptés, le christianisme, en faisant triompher les faibles, tend à faire de l’homme un être abâtardi, sans possibilité d’épanouissement. Toute tête dépassante doit ainsi être coupée ! Dépourvu de forces actives (toujours selon la définition de Nietzsche), le dernier homme périra, empêtré dans ces contradictions, écrasé par la culpabilité et incapable de toute initiative, espérant seulement un au-delà meilleur. La négation de soi, le refoulement des instincts naturels, notamment l’appétit sexuel, conduit à la culpabilisation des êtres (voir ce qu’on a raconté sur la masturbation pendant des siècles) qui exercent alors sur eux-mêmes leur propre cruauté. Tout ce qui nous rappelle notre passé animal, les poils, les bruits de la digestion, les odeurs corporelles, devient honteux.

Le prêtre

Le prêtre est l’apothéose de cette réaction contre-nature : il refuse toute pulsion de vie, se prive des plaisirs, exerce sur lui-même sa force destructrice, parfois par des sévices corporels. Quoi de moins naturel dans cette attitude pourtant vénérée comme « idéale » par des millions de catholiques ? Mais la nature étant chassée de ces pauvres diables, elle revient bien entendu au galop, et un galop, pour le coup, pas très catholique.

Notre culture française baigne dans le christianisme

Nos valeurs, y compris chez les plus fervents athées, sont directement inspirées des valeurs chrétiennes. Nous passons notre temps à jalouser ceux qui ont réussi, à vilipender les hommes qui préfèrent les blondes, à condamner la femelle adultère, la polygamie, nous haïssons le corps, ses odeurs, ses poils, bref nous apprenons à nous dégoûter de tout ce qui fait un homme (ou une femme) ; nous glorifions les faibles, les sœurs Emmanuelle, les abbés Pierre, admirant les hommes nus aux mains ouvertes.

La fin de l’humanité

Nietzsche aurait vu ici l’arrêt de la sélection naturelle, le triomphe final des « ratés », et bientôt la fin de l’espèce devenue incapable de s’adapter aux défis nouveaux.

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