Adam Smith Bentham Philosophie

Smith, Bentham et Mill – l’utilitarisme anglo-saxon

La philosophie des quatre chemins

Jeremy Bentham expose la pensée utilitariste en 1789 dans son ouvrage Introduction aux principes de la morale et de la législation. Constatant que chacun cherche à augmenter son bonheur et à diminuer sa souffrance, il y prône une morale visant à maximiser l’utilité, c’est-à-dire toute chose produisant du bonheur ou évitant de la souffrance du corps fictif que constitue la société. Une action doit donc être évaluée à l’aune du bilan de la somme des bonheurs qu’elle procure à la société diminuée de la somme des souffrances qu’elle lui cause.

L’utilitarisme fait l’objet de deux objections majeures :

  • il nie tout droit individuel et légitime par exemple la torture d’un prisonnier ou les jeux du cirque, pourvu que les aveux évitent une souffrance à la communauté supérieure à celle éprouvée par le détenu ou que la foule dans l’arène éprouve un plaisir plus grand que la souffrance de quelques martyrs,
  • additionner et comparer des plaisirs et des souffrances de natures différentes quantifiés sur une même échelle, souvent financière, parait discutable. Une telle logique a conduit, dans les années 1970, des constructeurs automobiles à renoncer à des modifications de fabrication permettant d’améliorer la sécurité de leurs véhicules après avoir comparé les coûts de production avec les gains attendus en termes de vies, de blessures et de dégâts matériels.

John Stuart Mill, fils d’un ami de Bentham, fit évoluer la pensée utilitariste pour répondre à ces deux objections dans De la liberté, en 1859, puis dans Utilitarisme, essai sur Bentham en 1861. Il défend la liberté individuelle, affirmant qu’elle maximise l’utilité sur le long terme dans la mesure où les individus qui réfléchissent sans se contenter de suivre les coutumes, peuvent faire progresser leur société. Les droits et les libertés individuelles sont ainsi considérés pour le bonheur qu’elles apportent à la communauté. Il reconnait en outre que les plaisirs ne peuvent pas être évalués sur une même échelle et admet que ceux sollicitant nos facultés spécifiquement humaines sont supérieurs à ceux émanant de satisfactions de désirs bestiaux. Bien qu’il s’en soit toujours défendu, Mill s’est écarté de l’utilitarisme de Bentham

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s