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Les réseaux sociaux et la fin de la démocratie

Les autorités de l’Etat et les élus (et pas seulement ceux de la majorité) font face à une défiance d’une ampleur inédite, à laquelle il est bien difficile de trouver une réponse, tant les revendications sont à la fois hétérogènes et individualistes (une par sous-catégorie de la population), irréalistes et contradictoires (davantage de services publics, mais moins d’impôts ; plus de croissance, mais moins de concurrence ; plus de sécurité, mais moins de règles), et déconnectées d’enjeux aussi fondamentaux que le réchauffement climatique ou l’endettement du pays.  Olivier COSTA du CNRS

La puissance des réseaux

La puissance est telle qu’avec zéro moyen financier, on peut en quelques clics organiser une insurrection et rendre inutiles les syndicats, les associations ou les partis politiques.

La mort de l’argumentation

Impossible d’avoir un débat serein sur les réseaux sociaux : que lit-on ? J’en ai marre !  Je suis en colère ! On se moque de nous ! Macron dégage ! Bref, une forêt de points d’exclamation, colère contre colère, sans aucune argumentation. La croyance et l’émotion plutôt que la science et la connaissance.

Sphères étanches

Les réseaux sociaux sont devenus des agrégats de sphères étanches où des  likeminded (ceux qui pensent comme moi) auto-entretiennent leurs convictions et rejettent violemment la contradiction.

Convaincre est méprisant

Essayer de convaincre est vécu comme une agression, une marque d’arrogance, voire de mépris ! Les médias (et notamment France Info) donne autant de poids à la parole du chauffeur de taxi qui réclame 0 taxe qu’à la parole de l’expert de Bercy qui nous dit que la dette nous enferme dans une spirale infernale. Et dire le contraire, c’est mépriser le peuple.

Foule hurlante a toujours raison

Une foule qui lance des pavés a forcément raison. Et plus il y a de pavés, plus elle hurle, plus elle a raison. Car cette foule s’est auto-intronisée : « le peuple », c’est-à-dire les gentils contre les méchantes élites. Or 60% cette foule a voté pour les extrêmes, soient environ 40 % du corps électoral : donc cette foule n’est pas le peuple, mais qui le dit ?

L’impunité des réseaux sociaux

L’apparente impunité permet toutes les outrances : Eric DROUET a ainsi invité ses abonnés à prendre l’Élysée ! D’autres à tuer du policier… On peut salir, insulter, dénoncer son voisin, faire l’apologie de crimes, apparemment sans risque.

Inondation de fake news

Comme disait Luc Ferry, il faut 2 secondes pour diffuser une fake news et plusieurs mois pour la démonter. Une majorité de gilets jaunes est ainsi persuadée que la France a donné ses clefs à l’Onu, que Manuel Valls a supprimé notre Constitution, que des dizaines de manifestants ont été tués par la police. Affirmer le contraire, c’est être vendu au pouvoir en place ou aux banques !

Midi à sa porte

En cassant tout, ils ont obtenu un abandon de la casse carbone ; eh bien, nous aussi (lycéens), on n’a qu’à tout casser et on obtiendra ce que l’on veut. On vient de découvrir que brûler une voiture est plus efficace que de voter. Alors, brulons des voitures !

Tous pourris

Les experts ? Des menteurs. Les politiques ? Des profiteurs. Les journalistes ? Des vendus au pouvoir. Les élus ? Des voleurs. Il ne nous viendrait pas à l’idée de faire réparer notre chaudière par un chauffeur de taxi. En revanche, pour établir un budget rectificatif, monsieur tout-le-monde fera bien l’affaire. La compétence devient suspecte !

L’art de surfer sur la vague

Les partis sont les grands absents et risquent de disparaître : certains donc tente la récup en surfant sur la vague ; le plus insupportable de tous est sans doute le hurleur François RUFFIN.

Les responsables qui persistent à attiser le conflit ont tort d’estimer que la démocratie est un acquis définitif et qu’ils seront capables de ramasser la mise électorale au terme de la crise. Olivier COSTA.

La mort de l’intérêt général

La loi (si on se rappelle la déclaration des droits de l’homme et du citoyen) est l’expression de l’intérêt général. Les gilets jaunes l’ont complètement oublié. Ils veulent des sous, tout de suite et pour eux. Et s’il y a des victimes collatérales (plus de chômage par exemple), ce n’est pas leur problème.

Pauvre France.

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