Qu’est ce que le populisme ? Une définition

Tout le monde en parle, mais personne ne sait exactement de quoi il s’agit. Le mouvement des gilets jaunes, qui est un mouvement populaire (Du latin Populus : le peuple), nous aide-t-il à y voir un peu plus clair ?

Qu’est-ce que le populisme ? Une définition.

Le populisme est une stratégie (ou une idéologie) politique qui considère que seul le (petit) peuple est bienveillant et légitime. Le populiste postule que seule la parole du peuple est homogène et pertinente. Bien que majoritaire, cette parole est injustement écartée du débat public par les élites malveillantes, trop éloignées des réalités. En effet, les institutions démocratiques auraient été construites par ces élites malveillantes à leur profit. L’idéologie populiste vise donc à renverser (s’il le faut par la force) cette hiérarchie pour installer une dictature du peuple (on disait autrefois une dictature du prolétariat).

Le populiste est manichéen

Le monde simpliste du populiste se divise en deux blocs homogènes et antagonistes avec ;

  • le bloc du bien (le peuple, les ouvriers, les artisans, les paysans, les infirmières…), victimisé, caractérisé par sa pureté, sa bienveillance, sa solidarité, sa défense des valeurs, sa fraternité… ;
  • le bloc du mal (les élites, les médias, les riches, la finance, la mondialisation), caractérisé par sa cupidité, son égoïsme, le mensonge, la manipulation…

Petit manuel du parfait populiste

Le populiste doit être passé maître dans l’art de la victimisation. Il ne doit pas avoir peur de soutenir des contre-vérités (la dette est une invention des élites). Il doit s’adresser aux foules avec des mots simples qui claquent (pouvoir d’achat, élites, corruption…) et les répéter en boucles. Il doit présenter deux ou trois idées (pas plus) simples, comme le RIC, la hausse du SMIC, qui répondent aux attentes légitimes ou non. Il doit se présenter comme seul défenseur des intérêts du peuple, contre ceux qui le spolient, le manipulent. Il n’a a priori aucune arrière-pensée, mais en fait il en a énormément.

Le populiste menace la démocratie

Le populiste (à ce qu’il dit) ne vise que l’intérêt du peuple. Il est son porte-parole et doit donc le réduire à un ensemble homogène, car il est difficile de défendre les milliers d’idées contradictoires qui serpentent au cœur de la foule. Tout ceux qui franchissent la rouge ligne directrice (les deux ou trois idées simples) sont aussitôt qualifiés de traitres, menacés et deviennent des ennemis. Plusieurs gilets jaunes viennent de le découvrir à leurs frais.

Le populisme, c’est l’inverse du débat démocratique

Le populiste impose sa ligne directrice. Bien que se présentant comme défenseur du peuple, il lutte contre toute idée concurrente, y compris celles qui viendraient de ce même peuple, s’il le faut par le mensonge. Le populiste n’aime pas le débat car il détient la vérité. Et la vérité ne se discute pas. Pourquoi un grand débat ? Pourquoi débattre de la vérité ? 1+1 = 2 ! ça ne se débat pas.

Il est compliqué de s’opposer à un populiste

Car s’opposer au populiste, c’est s’opposer au peuple bon et majoritaire. C’est s’afficher ouvertement comme mauvais et minoritaire. Par ailleurs, le populiste use du phénomène de groupe : lorsque l’on fait partie d’un groupe, il est compliqué d’exprimer son point de vue, sous peine d’en être écarté, d’être menacé. Ainsi, dans l’Allemagne nazie des années 30, la masse, y compris éclairée, a adhéré aux idées les plus nauséabondes. En meute, on préfère corriger sa perception pour ne pas être exclu. Certains pourtant osent contre-dire la parole officielle (par exemple Ingrid Levasseur ou Jacquelne Mouraud). Ils sont immédiatement disqualifiés. Les autres répètent les mots d’ordre.

Même ceux qui ne connaissaient pas le principe du RIC, il y a trois semaines, semblent se découvrir une véritable passion pour le référendum d’initiative citoyenne !

La colère (ou la haine) comme carburant

Le combat permet de souder les troupes. La colère permet de dissuader les brebis galeuses. Et puis la colère est télégénique ! La haine est audimat-compatible ! Quoi de mieux pour attirer les téléspectateur qu’une voiture qui brûle, qu’un pavé jeté sur un CRS ? Nos médias, on le sait, ont un appétit insatiable de drames, se délectent d’informations « négatives ». Ils parlent volontiers d’une mise en examen, beaucoup moins d’un non-lieu. Les chaines d’information continue sont tombées dans le piège en proposant à à longueur de journées la colère jaune, en allant chercher sur les rond-points le plus malheureux des malheureux, en mettent en scène la souffrance réelle, les écorchés de la sociétés au milieu des braseros. Et on le sait, il n’y a rien de plus contagieux que la colère.

Quand la colère devient une vertu

Le gilet jaune en colère est forcément dans son droit. S’il est en colère c’est qu’il a subi une injustice. S’il casse, c’est qu’il soufre. S’il pille, c’est qu’il a mal à son porte-feuilles. Le coléreux est celui qui se lève contre l’oppression, il est le gentil David qui se dresse contre le méchant Goliath, il est Robin des bois en lutte contre le shérif de Nottingham. Le coléreux devient un justicié

Un antidote au populisme ? Le rôle des médias.

Les médias ont ici tout leur rôle. Ils doivent chercher à démonter la mécanique populiste. Comment faire pour démasquer l’imposture ? Le programme en quatre points :

  1. casser la vision simpliste manichéenne de la société qui n’est pas divisée en deux blocs homogènes : il y a aussi des élites sensées et des gens du peuple peu fréquentables ;
  2. éviter d’alimenter le moulin à paroles qui se met en marche dès que l’on reprend en boucles sur les chaines d’info les idées trois idées simplistes du populiste ;
  3. éviter la dramatisation à outrance en parlant, de manière régulière, aussi de ce qui va : par exemple, les Français sont soignés et éduqués (entre autres) gratuitement ; 57% du budget de la France va dans les prestation sociales ; 10 % des plus riches payent 70% de l’impôt ; l’écart entre les plus riches et le plus pauvres en France est le plus faible des pays de l’OCDE;…
  4. traquer et démonter les fake news.

En conclusion

L’histoire nous la montré. En période de crise, la nature humaine cède facilement aux sirènes populistes, qu’ils soient d’extrême droite (Italie fasciste, Allemagne nazie) ou d’extrême gauche (Union soviétique de Lénine, Chine de Mao, Cambodge de Pol-Pot, Corée du Nord, Cuba). Ce qu’elle nous a aussi montré, c’est que ça se termine toujours mal…

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3 commentaires

  1. Les élus de tout niveau (500 000 en France ! lu ce midi dans le Daubé d’hier), eux aussi, se considèrent comme les seuls représentants légitimes du peuple, et tolèrent mal d’autres représentants ou paroles que les leurs… Ils n’accueillent d’ailleurs pas très bien l’idée du « grand débat ». Et ils s’accrochent à leur pré carré en clivant aussi la société en 2 camps : ceux qui sont légitimes et prétendument représentatifs pour parler (les élus du peuple), et ceux qui ne le sont pas et qui devraient fermer leur gueule (les gilets jaunes, les associations…)
    – Les populistes ne sont peut être pas très démocratiques dans la forme, mais les questions que posent les gilets jaunes c’est « est ce que notre démocratie est vraiment bonne pour le peuple ? » (pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple), voire « vivons nous vraiment en démocratie ? ». Ils viennent rappeler que la démocratie ne défend pas forcément l’intérêt général… Et ce sont de bonnes questions !
    – Le RIC passion nouvelle : oui, certes. Les intellectuels que nous sommes peuvent regretter le niveau souvent bas des réflexions des gilets jaunes et leur manque de culture politique, mais il ne faut peut être pas reprocher aux classes populaires de ne pas être des intellectuels… Lors de la révolution de 1789 le peuple s’est emparé d’idées qui avaient été élaborées précédemment par les bourgeois éclairés et qu’ils ignoraient. C’est la rencontre des 2 qui a fait évoluer la société. Ce mécanisme me paraît assez naturel.
    – La colère : je crois qu’il faut quand même essayer de la comprendre, de voir d’où elle vient. La posture populiste que tu critiques « il est le gentil David qui se dresse contre le méchant Goliath » vaut-elle mieux que la posture bourgeoise « ils nous font chier et peur tous ces gens en colère et qui cassent tout sur leur passage, empêchant les honnêtes gens de vivre tranquillement ». Là aussi c’est un clivage qu’il faudrait arriver à dépasser.
    – Oui, les médias ont une gde part de responsabilité dans le processus. A noter qu’en temps normal ils sont aussi pour la plupart de fervents défenseurs de l’ordre établi. Quelque part ils sont un peu amoraux.
    L’enjeu c’est l’éducation et militer pour la pensée complexe, contre la pensée simplificatrice. Mais c’est difficile. La nature en effet va plus facilement vers la simplicité (« plus facile, plus attrayant est le côté obscur » disait Yoda, ou qq chose comme ça…)

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  2. « On est pas dans une crise morale, on n’est pas dans une crise politique, financière ou religieuse, on est dans une crise évolutive. On est en train de mourir à l’humanité pour naître à autre chose… Si nous pouvions, ne serait-ce qu’entrouvrir la vraie porte de l’avenir, notre présent s’en trouverait singulièrement allégé ; nous comprendrions peut-être enfin ce que nous vivons et le sens troublant du chaos qui semble dominer la vie actuelle sur terre…

    Une nouvelle conscience, plus haute que le mental, une conscience de vérité, dans laquelle les dualités et limitations du mental, l’avidité de l’ego, n’existent plus, a déjà fait son apparition dans l’atmosphère de la terre. Elle transformera la matière, et fera de notre vie terrestre une « vie divine ». Nous sommes chacun une partie de la réponse, « un métier à tisser », une part de la réalisation… Tout ce qui constitue notre vie est le moyen : nos « bonheurs » et nos « malheurs », nos « réussites » et « nos échecs ». La sincérité d’être est déterminante : un mélange d’acceptation de soi tel que l’on est, et d’un besoin intense d’aller vers autre chose, un inconnu à découvrir dont nous avons tellement besoin : une soif ! un feu ! Un calme, une paix dans le corps et le mental pour ouvrir la porte à notre âme afin qu’elle prenne la direction des opérations. Sa petite voix nous parle. Nous apprenons à la reconnaître de « victoires » en « défaites » ; au bon moment, ou après coup. L’important est d’abord de la reconnaître parmi toutes les suggestions qui nous traversent et, d’expériences en expériences, lui laisser prendre sa place de guide… avec Elle tout devient léger, naturelle, évident. La dureté c’est le sempiternel tourbillon de peurs et d ‘envies de notre ego, nos certitudes, nos habitudes, nos paresses, nos encombrements et notre mécanique mentale. En nous, en notre corps, un vieux monde disparaît et un nouveau se manifeste de plus en plus, il nous faut apprendre à le reconnaître. C’est à la fois collectif et très individuel : ce qui est vrai pour l’un, peut ne plus l’être pour l’autre, et ne pas encore l’être pour un autre. Quand nous laissons notre Conscience agir, nous percevons l’autre dans sa dynamique évolutive sans jugement ni comparaison et nos progrès se diffusent, se répandent et nous rendent chaque fois plus vrai, plus fort, plus accompli. Bhawani . »

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  3. Encore un mot dont on détourne le sens , le populisme c’est les idées du peuple!

    Voici l’article 2 de la constitution française:

    -La langue de la République est le français.
    -L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
    -L’hymne national est la « Marseillaise ».
    -La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».
    -Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

    Que le peuple soit d’extrême droite, communiste, centriste, blanc, noir, jaune, roux… le pouvoir lui appartient, personne n’est en droit de contester le peuple.

    -Les volontés du peuple ne sont pas écoutés , es-ce la faute du peuple qui ne vas pas dans le sens de ses élus ou de nos élites ( c’est eux qui s’appellent comme cela!) qui dans leur toute puissance les meprisent ?
    -Nos élites sont elle plus puissante que le peuple qu’elles sont sensés représenter?
    -Le pouvoir appartient il au peuple?
    – le fait d’élire des représentants qui voteront des lois sans prendre en considération le peuple es-ce démocratique ?

    A mes yeux, la démocratie représentative est un mot valise qui offre un semblant de pouvoir aux français: Demos=peuple kratein=commander.

    la République française n’est pas une dictature non plus, mais force est de constater qu’elle n’a de démocratique que le mot!

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