Pourquoi les expériences d’extrême gauche se terminent-elles mal en général ?

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Sur le papier, il n’y a rien à dire. Défendre les opprimés. Prendre aux riches pour donner aux pauvres. Qui pourrait-être contre ? Supprimer les inégalités, les privilèges pour que tout le monde dispose du même niveau de vie. Voilà un beau programme. Aussi peut-on se poser la question suivante :

Pour quelles raisons les expériences d’extrême gauche, communistes, finissent-elles mal en général ?

L’histoire l’a montré. Toutes les expériences visant à niveler les revenus se sont soldées par des échecs cuisants et la plupart du temps sanglants. De Robespierre à Pol-Pot, de Fouquier-Tinville à Staline, de Saint-Just à Castro, de Jacques Hébert à Maduro, de Marat à Kim Jung Un, force est de constater que les chemins empruntés par les expériences communistes sont jonchés de morts. Pourtant, tout part d’idées excellentes.

Il n’y a qu’en France que le mot « bourgeois » a pris une importance quasi métaphysique. Flaubert a consacré des pages cruelles au bourgeois et Marx a récupéré le mot pour désigner les propriétaires du profit. Tout cela a fini par démoniser, non seulement une classe sociale, mais tous les gens « normaux » qui cherchent à s’installer, se marier, fonder une famille, devenir propriétaire d’une petite maison, avec peut-être un petit jardin à cultiver. Tout ce qui est innocent et normal est devenu suspect, en particulier en France. Personne n’a riposté en montrant la beauté de la vie bourgeoise, qui accomplit une forme d’épanouissement de l’homme. Roger SCRUTON.

La Révolution Française de 1789

Robespierre, grand admirateur de Rousseau, n’avait en tête que l’égalité. Il voulait, comme beaucoup d’autres à l’époque, en finir avec la Monarchie de Droit divin incarnée par louis XVI. Et c’était bien légitime. Tout avait bien commencé avec l’abolition des privilèges le 4 aout 1789 et la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen.

Pourquoi diable cette belle aventure s’est-elle terminée dans le sang ? Pourquoi Robespierre a-t-il mis en place un terrible régime de terreur dont le seul programme sembla évoluer, jours après jours, vers une volonté farouche de couper toujours plus de têtes ? Marat en réclama 100 000 ! Comme ça ! Sans doute parce que c’était un chiffre rond. La Révolution a fini par manger ses propres enfants, car sur sa gauche, on trouvait toujours plus extrême que soi. Il fallu que Bonaparte fisse tirer sur la foule pour que le bain de sang s’arrêtât.

La Révolution, comme Saturne, dévore ses propres enfants. Vergniaud.

La Révolution bolchévik

De même en 1917, Lénine eut peu près les mêmes idées en tête : il se réclamait volontiers des Jacobins de 1789 et voulait débarrasser la Russie de ses Tsars. Le 5 septembre 1918, il mit en place la Terreur rouge ! Ce fut le début des camps de travail, des exécutions et des famines.

Pour quelles raisons son successeur (Staline) figure-t-il sur la liste des plus grands criminels du XXème siècle ? Pourquoi a-t-il mis en place une police politique terrible, ancêtre du KGB, confisquant ainsi la moindre once de liberté ? Pour quelle raisons le régime soviétique a-t-il conduit à l’appauvrissement général de la population ? Et pourquoi ces murs aux frontières de l’Union ? Pour prévenir toute évasion ? Il n’y a pas besoin de construire des murs autour du paradis.

Mao, Pol-Pot, Kim Jung Un et Maduro

Autant de noms associés aux régimes les plus liberticides. Le premier, avec sa Révolution Culturelle (1966-68), est le plus grand meurtrier de tous les temps devant Hitler. Le second a organisé le plus gros génocide de l’histoire en pourcentage de la population concernée. Le troisième et le quatrième prennent le même chemin. Ne peut-on pas se réclamer du communisme et de l’humanisme en même temps ?

Et les autres

Hongrie, RDA, Pologne, Cuba,… Comment expliquer que ce qui paraît être du bon sens sur le papier se transforme systématiquement en catastrophe sur un terrain tapissé de cadavres ?

Une tentative d’explication

Les thèses d’extrême-gauche ne prennent pas en compte la nature humaine. Elles supposent que tout homme est humble, bienveillant, prêt à des sacrifices pour le bonheur de son prochain. La volonté inébranlable de la recherche du bonheur individuel ne fait pas partie, dans ces thèses, de la nature humaine. Elles en sont persuadées : chaque homme se contente de ce qu’il a. Elles estiment que chaque individu est prêt à s’effacer devant la communauté et que seul compte pour lui l’intérêt général. Bien sûr tout cela est faux. Pour Rousseau, seule la Loi se soucie de l’intérêt général, pas l’individu.

En effet, s’il n’est pas impossible qu’une volonté particulière s’accorde sur quelque point avec la volonté générale, il est impossible au moins que cet accord soit durable et constant ; car la volonté particulière tend, par sa nature, aux préférences, et la volonté générale à l’égalité.
Jean-Jacques Rousseau – 1712-1778 – Du Contrat Social, II.1 – 1762

Le communisme tend toujours vers la paupérisation

On peut le regretter, mais c’est ainsi. L’homme est ainsi fait qu’il cherche avant tout à maximiser son bonheur et à minimiser son malheur. Rousseau et Helvétius en France et surtout les philosophes anglais comme Bentham ou Smith l’ont montré depuis longtemps. Charité bien ordonné commence par soi-même. L’homme se sert, sert ensuite sa famille, son voisin, son compatriote. Si les Martiens existent, nul doute qu’ils seront servis en dernier ! Cette recherche du bonheur individuel (ou de sa famille) est le moteur qui pousse l’homme à se surpasser. Casser ce moteur et il ne restera rien. Si l’effort n’est pas récompensé alors il meurt.

Dans toutes les expériences précitées, la recherche du bonheur individuel a été interdite, bannie, repoussée aux frontières du Paradis. L’individu a dû s’effacer devant la communauté : on a vu apparaître les uniformes, des rassemblements pour clarifier la primauté du groupe sur l’individu. Chaque individu, quels que soient ses mérites, reçut la même (minuscule) part du gâteau. Résultat, il s’est mis en veilleuse. Il ne chercha plus à se surpasser mais il se contenta d’attendre sa part du gâteau, son revenu universel. Tous ses régimes se sont donc caractérisés par un effondrement de la production des richesses. Conscient du phénomène, Lénine a mis un temps en place la NPA (1921) visant à autoriser un peu de liberté dans l’économie. La production a redémarré puis s’est à nouveau effondré à la fin de l’expérience.

Les faits sont là. La Russie est menacée de famine. Tout le système du communisme de guerre est entré en collision avec les intérêts de la paysannerie. (…) Nous nous sommes trop avancés dans la nationalisation du commerce et de l’industrie, dans le blocage des échanges locaux. Est-il possible de rétablir dans une certaine mesure la liberté du commerce ? Oui, c’est possible. C’est une question de mesure. Nous pouvons revenir quelque peu sur nos pas sans détruire pour cela la dictature du prolétariat. Lénine 1921.

Le communisme a besoin d’une police politique

Les individus restent des individus. Leur nature qui les poussent vers le bonheur est toujours-là, présente au fond d’eux malgré les discours officiels. Il cherche donc naturellement à échapper aux règles. Dans toutes les expériences communistes, la dimension policière est devenue capitale. La police fut le garant du bon fonctionnement de l’Etat pour prévenir toute « déviation bourgeoise ». Bref, le communisme fut systématiquement synonyme de privation de liberté.

Trotsky avait bien vu ce paradoxe : il avait avancé que la nécessité d’un police politique alors que la dictature du prolétariat était en place était la preuve de l’échec du modèle communiste.

Voilà pourquoi les expériences d’extrême gauche, communistes, finissent mal en général.

Qu’en dit Roger Scruton ? Auteur de l’Erreur et l’orgueil

La grande erreur de la gauche est de croire que parce qu’on n’aime pas quelque chose, on peut la balayer d’un revers de main. On n’aime pas la propriété qui conduit à des abus : il faut donc la détruire. Ça donne le goulag. Roger Scruton – Auteur de l’Erreur et l’orgueil

Il n’y a qu’en France que le mot « bourgeois » a pris une importance quasi métaphysique. Flaubert a consacré des pages cruelles au bourgeois, et Marx a récupéré le mot pour désigner les propriétaires du profit. Tout cela a fini par démoniser, non seulement une classe sociale, mais tous les gens « normaux » qui cherchent à s’installer, se marier, fonder une famille, devenir propriétaire d’une petite maison, avec peut-être un petit jardin à cultiver. Tout ce qui est innocent et normal est devenu suspect, en particulier en France. Personne n’a riposté en montrant la beauté de la vie bourgeoise, qui accomplit une forme d’épanouissement de l’homme. Roger Scruton – Auteur de l’Erreur et l’orgueil

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