Charles Fourier Philosophie

J’ai examiné pour vous Charles Fourier (1772-1837) et les Phalanstères

Les Phalanstères : un autre manière de démontrer que les idées utopiques de gauches, belles sous la plume, finissent mal en général…

Charles Fourier (1772-1837) est un enfant de la Révolution : il a 17 ans lorsque Camille Desmoulins lance sa « saint-Barthélémy » du Peuple qui conduit à la prise de la Bastille. C’est sur ce terreau fertile aux idées nouvelles que Charles Fourier échafaude son projet : créer des mini-sociétés, d’un millier d’individus environ, vivant en autogestion : il a compris en épluchant une pomme que le commerce, c’est-à-dire l’ensemble des intermédiaires entre le producteur et le consommateur, est une véritable abomination. Pour Fourier, ce commerce, mais aussi le profit et la propriété privée sont les trois facettes d’un même mal : le vol qui est à l’origine de la misère du peuple.

J’ai examiné pour vous Charles Fourier (1772-1837) et les Phalanstères

Fourrier veut créer une société qui soit en accord avec la nature humaine, pour que l’individu s’y sente bien. Pour Fourier, les passions humaines se déclinent à partir de trois passions principales (nous verrons que c’est ce point de départ qui est chez Fourier complètement erroné) :

  1. la composite qui pousse les hommes à travailler en commun ;
  2. la cabaliste à l’origine des tensions entre les hommes ;
  3. la papillone qui, comme son nom l’indique, pousse les hommes toujours vers d’autres plantes pour butiner toujours plus vert.

La solution : le Phalanstère

Les fondations du Phalanstère doivent donc tenir compte de ses trois passions pour qu’il devienne à terme une mini-société parfaite. Il faut, pour Fourrier, 1620 sociétaires (combinaisons possibles des passions). Chaque jour, les activités doivent être différentes. L’homme doit alternativement cultiver son corps (efforts physiques) et son esprit (les activités artistiques). Le partage est la doctrine principale. Il n’y a pas de hiérarchie, ni de classes dans le Phalanstère. C’est une sorte de coopérative où tout est mis en commun. La famille est bannie. Les enfants sont à tout le monde. Les intermédiaires sont bien entendu supprimés ; la pomme va directement du producteur au consommateur. Il n’y a plus de pénurie (enfin sur le papier).

Pourquoi ça ne marche pas ?

Toutes les expériences ont échoué. Sous l’impulsion de Owen, 5000 Phalanstères ont fleuri en Amérique pour mourir les unes après les autres. Pourquoi ? Parce que le diagnostic initial de Fourrier est complètement erroné : l’homme n’est pas bienveillant par nature.

L’homme est un loup pour l’homme. Hobbes

L’homme cherche en priorité son bonheur. Et ici l’adjectif possessif est important ! L’homme a tendance naturellement à privilégier son intérêt avant celui du groupe. Épicure, Démocrite et tous les atomistes, puis Helvétius, Rousseau ou la Rochefoucauld, puis les philosophes anglo-saxons (Adam Smith, Bentham) l’ont démontré depuis longtemps. Le partage dans contre-partie ne va pas de soi chez l’homme.

Par ailleurs, le Phalanstère nécessite un minimum d’organisation. Naturellement, des talents émergent et prennent en charge cette organisation. Une proto-hiérarchie réapparait.

D’autres comprennent que se lever le matin ou pas conduit au même résultat : la ration de carottes sera la même. La nature humaine aidant, certains préfèrent rester au lit. Bref, les tensions sont inévitables. Et le Phalanstère éclate.

Spinoza et Rousseau

Spinoza avait bien identifié les passions tristes qui taraudent l’âme humaine : la tristesse, la jalousie, la colère… Rousseau, conscient que l’homme n’est pas naturellement bon, avait établi les bases d’un contrat social, seule solution pour que les hommes vivent en communauté et en paix. Chacun renonce à son pouvoir de nuisance (ses passions tristes) et en échange reçoit la protection du groupe : ce contrat est possible car on établit les règles de vie en communauté : des Lois : la liberté est alors le respect des Lois que l’on s’est prescrites.

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