Impôt ? le voleur n’est pas celui que l’on croit !

Un récent voyage en Scandinavie nous a permis de constater à quel point le Français a perdu le sens de l’impôt. Chez nos amis du Nord, l’impôt est vécu comme le premier geste citoyen, celui qui permet à une société démocratique de vivre, de financer ses services publics. Du côté de Göteborg, on considère l’impôt comme un devoir dont on s’acquitte volontiers car il est le garant du ciment de la société, de la défense de l’intérêt général, et un merveilleux outil de redistribution.

Chez nous autres, les Gaulois, l’impôt est vu au mieux comme une confiscation, au pire comme une punition. Quant à l’Etat, c’est un voleur !

 » Je fais du black (et je m’en vante), car sinon ça va dans les poches de l’État ! Un passant qui passe.

Voici une citation que chacun a entendu au détour d’un carrefour, au comptoir d’un bistrot ou à l’occasion d’une discussion entre amis. Car l’État, pour le passant qui passe, est une sorte de voleur qui a des poches énormes qu’il cherche à remplir avec l’argent les honnêtes gens. Et l’État garde tout pour lui : il n’utilise pas le fruit de son forfait pour financer les services publics, les prestations sociales ou la construction d’infrastructures. Non, il engraisse les parlementaires, les hauts-fonctionnaires et en garde une bonne partie pour lui !

Tant que nous verrons l’Etat ainsi, nous n’aurons aucune chance de penser une société du vivre-ensemble. LEDC.

Pourquoi cette haine de l’impôt ?

Un peu d’histoire pour commencer. L’impôt, tel qu’il existe aujourd’hui, trouve son origine dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, plus particulièrement dans ses articles 13 et 14 :

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

Art. 13. Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.

Art. 14. Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée. 

Le passant qui passe doit ainsi prendre conscience que les services dont il a bénéficié et dont il continue à profiter ont un coût. L’État lève l’impôt pour financer l’école de ses enfants, les forces de police, les routes sur lesquelles il circule, les trains dans lesquels il monte, les médecins qu’il consulte, etc. Si « poches de l’Etat » il y a, elles sont depuis longtemps crevées : car l’État est plutôt en déficit. Rappelons que sur 1000 € dépensés par l’Etat, 575 vont dans les prestations sociales. Lorsque l’État collecte 1000 € d’impôt, il en dépense 1005 !

L’impôt est bien le moyen le plus sûr :

  • de défendre l’intérêt général ;
  • de redistribuer les richesses (par sa progressivité).

Le passant qui passe en se vantant de  » faire du black  » vole la communauté car l’impôt qu’il ne paye pas sera payé (injustement) par un autre ; cet autre sera certainement son enfant qui assumera le déficit qu’il aura laissé.

Le voleur n’est donc pas celui que l’on croit. Celui qui fait du black vole ses propres enfants.

-*

Publicités

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s