Bakounine et Marx

Les Révolutions Françaises (1789 – 1830 – 1848 – 1870) et Russe (1917) ont enfanté des théories utopistes, variations autour de l’idée du Communisme, dont l’objectif était de fonder des mondes meilleurs où l’oppression de l »homme par l’homme aurait totalement disparu.

Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres. Bakounine.

Le XXème siècle fut celui des expérimentations. Dans les années 50, la moitié du globe se réclamait de l’une ou l’autre des théories. Force est de constater aujourd’hui que ce fut un échec généralisé, pour ne pas dire un désastre tant elles ont couté de vies humaines. Tout partait pourtant d’une vision humaniste du monde, en plaçant au centre le partage, la solidarité, la bienveillance. Hô Chi Minh, à titre d’exemple, outre l’indépendance du Viet Nam, ne réclamait rien d’autre. Pourtant, son régime, comme ses frères (Comité de Salut Publique de Robespierre, Cambodge de Pol Pot, Union soviétique de Staline et successeurs, RDA d’Honecker, Chine de Mao, Cuba de Castro, FLN de Ben Bella, Phalanstères d’Owen, Corée du Nord et Vénézuela aujourd’hui… pour n’en citer que quelques-uns) s’est métamorphosé en dictature sanguinaire.

Parmi les enfants de ces Révolution, il y eut, Proudhon, Fourrier, Marx et bien entendu Bakounine.

Bakounine contre Marx

On le présente souvent comme fondateur de l’anarchisme. Rendons à César ce qui appartient à César : le véritable fondateur est Français et s’appelle Pierre-Joseph Proudhon.

La plus haute perfection de la société se trouve dans l’union de l’ordre et de l’anarchie. Pierre-Joseph Proudhon.

Au milieu du XIXème siècle, Paris était un véritable laboratoire d’idées. Ce fut à Paris que trois grands hommes se rencontrèrent : Marx, Proudhon et Bakounine. Sur l’athéisme, ils s’entendirent comme larrons en foire.

Dieu ne peut être ni bon, ni méchant, ni juste, ni injuste. Il ne peut rien vouloir, ni rien établir, car en réalité il n’est rien, et ne devient le tout que par crédulité religieuse. Bakounine.

En revanche, Marx prêchait un communisme étatique et centralisé alors que Proudhon lui préfèrerait une société libertaire fondée sur une association volontaire des individus, sans hiérarchie. Bakounine épousa les thèses de Proudhon, sans rejeter totalement celles de Marx, avec qui il continua un temps à travailler.

Mais Bakounine n’était pas qu’un théoricien. Il aimait la barricade. Naturellement, il participa aux soulèvements qui agitaient alors l’Europe : 1848 en France, mais aussi Prague. Il passa donc par la case prison avant de participer à la Première Internationale.

Bakounine et Marx étaient d’accord sur le principe de la lutte des classes et sur la nécessaire fin du capitalisme, outil d’oppression des peuples au profit de quelques-uns. En revanche, ils se déchirèrent sur la question de l’État : contrairement à Marx qui voulait un État dirigiste fondé sur le principe de la dictature du prolétariat, Bakounine (comme Proudhon ou Fourier) refusait toute autorité, y compris celle d’un etat, même communiste.

N’est-il pas évident que tous les gouvernements sont les empoisonneurs systématiques, les abrutisseurs intéressés des masses populaires ? Bakounine.

Ce fut le début de la brouille entre les deux hommes, Bakounine ne supportant plus l’autoritarisme de Marx. La rupture fut consommée en 1872, lorsque les thèses de Marx devinrent majoritaires et emmenèrent le monde révolutionnaire avec elles.

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