Lettre à François RUFFIN – l’homme qui rêvait d’être Robin-des-Bois

Cher François,

Nous avions tant aimé ton « Merci Patron » qui dénonçait à juste titre le comportement d’un patron-voyou. Ce reportage avait fait de toi une Star. Tu étais sorti du confort facile de ta forêt de Sherwood pour défier avec tes armes cinématographiques le terrible shérif de Nottingham, en l’occurrence Bernard Arnault, PDG de LVMH. Le triste Sire avait dû sortir son porte-feuille, tel un Prince Jean détroussé. La démonstration était faite : « vous êtes un salaud parce que vous êtes un patron ». Avec le corollaire bien connu : je suis un gentil parce que je suis du peuple.

Salaud : Homme méprisable, qui agit de manière déloyale. (Terme d’injure. On trouve aussi la forme salop. Au féminin on emploie la forme salope.) Larousse.

Cher François RUFFIN, nous avions tant aimé… Quel gâchis ! Ton obsession quasi-manichéenne à considérer que le monde se partage entre les gens de biens (dont tu fais partie) et le gens de mal (dont font partie les élites, les patrons, les journalistes, les bon élèves…) a détruit ce qui était beau en toi.

François. Tu n’es plus aujourd’hui que haine, pour tout ce qui ne pense pas comme toi, qui ne te ressemble pas, y compris physiquement. Cette haine déborde de ton langage, se lit sous ta plume, suinte sur les grands écrans où tu projettes ton dernier Opus « J’veux du soleil ». Peut-être es-tu dans le théâtre, ce qui t’excuserais un peu ? Mais ta manie à vouloir faire « peuple » dès qu’une caméra apparait semble dire le contraire.

Comme l’a dit Spinoza dans l’éthique, que nous t’invitons à lire, les passions tristes que tu cultives (haine, ressentiment, jalousie, tristesse…) t’empêchent de voir clair, de construire. Ton programme n’est que destruction.

Face à Mélenchon et Marine Le Pen qui ont joué sur le registre de l’émotion, Macron a mené une campagne rationnelle, prônant l’apaisement. Il utilise un vocabulaire spinozien en évoquant les passions tristes que sont la peur, l’envie, le défaitisme. À cela, il oppose un optimisme et un volontarisme qu’on retrouve chez Spinoza. Tous deux sont lucides sur l’être humain mais pensent qu’il y a moyen de l’améliorer. Frédéric LENOIR sur Spinoza.

Parmi les forces qui peuplent l’Univers, tu serais à ranger parmi les forces réactives décrites par Nietzsche : celles qui n’existent qu’en s’opposant, qu’en critiquant, jamais en construisant ex-nihilo. Car tu n’aimes pas les gens qui construisent, qui réussissent, y compris lorsque cette réussite est le fruit d’efforts, de sacrifices, lorsqu’elles entrainent dans leur sillage les petites-gens que tu aimes tant défendre.

Cher François RUFFIN, serais-tu victime, comme tant avant toi, du terrible l’effet tunnel ? Tout signal, toute information, toute thèse qui viennent contredirent tes théories stratosphériques sont inconsciemment mises de côté par ton cerveau atomique. Ce n’est pas ta faute. La médecine a bien expliqué ce phénomène. En revanche, tout témoignage qui encourage ton courant de pensée est retenu par ta tête de linotte, vient grossir le flot de ton discours. C’est pour cela que tu vas chercher sur les ronds-points les plus miséreux des miséreux et que tu cherches à nous démontrer que ces gens sont la France tout-entière. C’est pour cela que tu évites de dire que la France est, parmi les développés, celui qui redistribue le plus et celui dans lequel les inégalités sont les plus faibles. Sais-tu que sur 1000 € dépensés par l’État 571 € le sont pour des prestations sociales, ce qui constitue, mais tu le sais bien, un record mondial. Mais ceci affaiblirait la portée de ton argumentation qui doit rester alarmiste.

Alors cher François, continue de dire que la famine est à nos portes, que l’école est pourrie, que la police est politique, que le système de santé est le pire au monde, que les patrons sont tous des salauds et que les pauvres sont tous des gentils et que la vérité est en toi. Certes, il y a en France des gens qui souffrent.

Un dernier conseil : relit aussi à l’occasion Fox Mulder qui disait à ce propos que la vérité, souvent, est ailleurs….

Amitiés.

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