J’ai écouté pour vous Mathieu Bock parlant de son livre L’empire du politiquement correct.

Un québecois qui dynamite le prêt-à-penser se promène en ce moment sur nos plateaux de télévision et dans les studios de radios pour nous dire tout le mal qu’il pense de… la télévision, la radio et les médias en général qui cultivent le « politiquement correct » jusqu’à l’absurde. Cette culture , pour notre cousin d’outre-Atlantique, génère une aseptisation totale du débat publique ou tout propos « hors-norme » est qualifié de dérapage. Les médias s’arrogent ainsi le doit de juger a priori qui est du bon côté et qui est du mauvais.

Ce québecois s’appelle Mathieu BOCK. Il est sociologue et se revendique de la droite conservatrice. Son franc parler fait du bien au pays de la bien-pensance et de l’auto-censure. Il vient de sortir un livre que nous allons nous empresser d’acheter : l’Empire du politiquement correct.

L’empire du politiquement correct de Mathieu BOCK

Dans L’Empire du politiquement correct, Mathieu BOCK se demande qui s’est arrogé le droit d’affirmer qu’une opinion est acceptable dans l’espace médiatique. Par exemple, dire que l’Islam ne peut pas se fondre dans nos valeurs démocratiques, c’est pas correct, c’est faire preuve de racisme ! Qui a imposé de postulat et un tas d’autres ?

Lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est raciste, c’est souvent pour ne pas entendre les arguments qu’il nous présente. Mathieu BOCK.

Selon Mathieu BOCK, la quintessence du politiquement correct est incarnée par la directrice d’OXFAM France Cécile DUFLOT qui dénonce la politique de Macron qui vise à prendre aux pauvres pour prendre aux riches. Rien de plus caricatural, mais qui résonne bien dans l’espace public dimensionné pour ce genre d’assertion.

Le débat public est a priori encadré, limité par des préjugés, oppressé par des lobbies d’offusqués professionnels . Si vous sortez du pré carré vous êtes qualifiés de « controversés », victime de dérapage. Peu importe vos arguments, ils ne sont pas écoutés. Vous pouvez avancer que l’islam organise la domination de l’homme sur les femmes et donc que l’égalité est un vœux pieux, personne ne vous fera crédit. Vous serez inscrit dans la colonne des méchants sans autre forme de procès.

Le champ politique n’est plus le lieu où l’on échange des arguments. Il est désormais un terrain de bataille où s’affrontent le bien contre le mal, les personnalités respectables contre celles qualifiées de sulfureuses, les raisonnables contre les extrémistes. Mathieu BOCK

Mathieu BOCK donne ainsi l’exemple de cette personne Trans-genre harcelée lors d’une manifestation sur l’Algérie début avril 2019 dans les rues de Paris. Nul part sur les médias a-t-il entendu un chroniqueur s’interroger sur l’origine de ces agissements. Il a juste été informé que « des hommes » s’en sont pris à cette pauvre femme. Dire que l’Islam est pour quelque chose dans ce fait divers reviendrait à stigmatiser une communauté. Peu importe que ce soit vrai il ne faut surtout pas le dire à l’antenne. Il n’y a donc plus de débat.

Nous sommes contemporains de la fin de la démocratie apaisée. Si la vie politique occidentale est redevenue passionnelle, pour le meilleur ou pour le pire, c’est qu’elle porte désormais sur l’existence même des nations qui la composent et de la civilisation dans laquelle elles s’insèrent. Mathieu BOCK

Mathieu BOCK remarque aussi la promptitude des médias à dénoncer les exactions lorsqu’elles viennent de l’extrême droite et leur complaisance lorsqu’elles viennent de l’extrême gauche forcément justifiées par une lutte sociale légitime. Il note la difficulté que rencontre ces mêmes médias pour reconnaitre l’antisémitisme « de gauche » mais aussi la proximité entre l’extrême gauche et l’islamisme.

Le philosophe québécois, pourfendeur du multiculturalisme, interroge ici le politiquement correct, la pensée unique et l’empire auto-consacré du Bien.


L’empire du politiquement correct de Mathieu BOCK – la quatrième de couverture

Et si nous lisions l’actualité du monde à l’envers ? Et si la bienpensance n’était pas l’antidote mais la cause de la crise que traversent les démocraties occidentales ? Et si, par-delà les colères sociales, les silences qu’une minorité impose à la majorité alimentaient la contestation populaire ?
En observateur averti et en penseur accompli, Mathieu Bock-Côté décrypte ici les lois explicites et implicites qui régentent la vie publique. Il passe au crible les critères de la respectabilité politique. Il analyse le traitement médiatique réservé à un Alain Finkielkraut, un Michel Onfray ou encore un Éric Zemmour en France, mais s’intéresse aussi à la régression de la liberté d’expression dans le monde anglo-saxon. Qu’est-ce qui distingue un infréquentable d’un modéré, un extrémiste d’un humaniste, un analyste d’un polémiste ? La conversation civique est mise à mal, ce qui n’est pas sans effet sur le clivage traditionnel entre la droite et la gauche en plus d’alimenter ce qu’on appelle la révolte populiste.
Après avoir brillamment révélé les failles et les faillites du multiculturalisme, Mathieu Bock-Côté revient avec un maître-ouvrage sur le grand malaise démocratique d’aujourd’hui où le politiquement correct a remplacé la censure d’hier.

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