Geneviève LEGAY : l’intérêt du statut de victime

Passer son temps à lever des drapeaux multicolores, écrire des slogans sur des draps de lit, hurler des injures à la face des policiers, c’est sympa mais pas très efficace.

Lire aussi : le très pratique statut de victime

Astuce : si vous souhaitez que votre message soit grandement amplifié, repris par la terre entière, diffusé sur tous les supports possibles et imaginables, il vous faut conquérir du Graal : le statut de victime.

Geneviève LEGAY l’a bien compris. Elle n’avait rien à faire à Nice ce 23 mai dans le cœur d’une manifestation interdite par le préfet. A l’insu de son plein gré, bousculée par les agents de la force publique, elle s’est retrouvée à terre. Bingo ! En nos temps modernes où la chute du moindre chaton se retrouve sur les réseaux sociaux, la bousculade a fait le tour de la toile. Et voilà notre Geneviève non-plus « participante à une manifestation interdite » mais « victime de violences policières » ; son grand âge ajoutant à l’émotion. On croit rêver. Elle s’attendait à quoi ? Que les agents de la force publique lui envoie un faire-part ? Les injections réglementaires ayant eu sur elle l’effet d’un pet sur une toile cirée, les fonctionnaires ont simplement fait leur travail. Pour la cause qu’elle défend, son statut de victime est devenu un extraordinaire amplificateur : il lui a ouvert les plateaux de télévision, la Une des grands médias. Mélenchon aurait tant aimé être à la place de Geneviève LEGAY. Il court après un tel statut de victime depuis le début de la crise : il n’attend que ça, la bavure policière qu’il pourrait monter en épingle.

Geneviève LEGAY ne crie plus dans le vide : elle parle dans un micro, est devenue une cause à défendre, la gentille qui se bat contre l’affreux système. Elle est David contre Goliath, Robin-des-Bois contre le shérif de Nottingham, forcement dans le camp du bien.

Eh bien non. Geneviève LEGAY est condamnable pour avoir participé à une manifestation interdite. Elle n’est pas au-dessus de lois. Elle savait ce qu’elle risquait. Elle ne fait pas automatiquement partie du camp des gentils parce qu’elle est âgée et a été bousculée. Par symétrie, la police n’est pas automatiquement à inscrire dans la colonne des méchants. La force publique est par notre Contrat social (relire ROUSSEAU sur ce sujet), mais aussi via la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, seule détentrice de la violence légale : pour faire respecter l’ordre républicain, il faut des forces de l’ordre, c’est comme ça. Et contre des pavés, il leur faut plus que des pistolets à bouchon ou des matraques en mousse, contrairement à ce que souhaiterait notre Défenseur des Droits de l’homme du haut de son bureau en velours. Geneviève LEGAY a subi une charge de police dans un contexte qui le justifiait. Fin de l’histoire.

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