Depuis une quarantaines d’années, je m’interroge sur les raisons pour lesquelles le nucléaire est tellement décrié, cloué au piloris par les écolos en tout genre. Voilà une énergie qui fournit au réseau une base solide, stable en fréquence, sans émettre le moindre gaz à effet de serre et qui nous permet à nous Français de nous targuer de la première place en Europe en termes d’émissions de CO2 par habitant. Le nucléaire a fait dans l’histoire bien moins de morts que le charbon ; que ces morts soient liés à l’extraction minière ou à la pollution de l’air immédiate (particules, SO2 , NOx, métaux et HAP) ou différée (effets de serre lié au CO2). Le nucléaire tue notablement moins que le gaz naturel qui éventre chaque semaines de nombreux immeubles et canalisations partout en France. Le nucléaire, en outre, c’est de l’énergie assurée pour plusieurs centaines d’années. Bien sûr, il y a eu Tchernobyl et Fukushima. Mais lorsque l’on s’intéresse un peu à la technique, on se rend compte que les RBMK russes d’une part et les réacteurs à eau bouillante japonais, d’autre part, ont des faiblesses de conception que n’ont pas nos REP (réacteurs à eau pressurisés). Par ailleurs, les deux accidents réunis totalisent 250 morts en comptant large (voir les référence un peu plus loin) alors qu’on atteint plusieurs dizaines de milliers de morts avec les alternatives. Le nucléaire c’est aussi des trains qui roulent sans émettre le moindre atome de carbone, un chauffage propre notamment dans les centre-villes pollués. Alors pourquoi tant de haine chez nos amis Verts ? Et puis, je suis tombé sur un article d’un vert hétérodoxe : Michael Shellenberger.


Michael Shellenberger, un écolo que n’aime pas les écolos.

Michael Shellenberger a été désigné «  héros de l’environnement  » par Time Magazine en 2008. C’est un écolo, mais un écolo d’un nouveau genre, un peu à la mode Hulot. C’est un écolo « pragmatique » ou plutôt un eco-moderniste. Il ne rejette pas a priori le progrès, encore moins le nucléaire, ni la croissance économique. Un écolo pro-nucléaire !? Voilà qui méritait que l’on s’arrêtât quelques minutes pour lire cet original, cet OVNI venu de la planète écolo dont il a sûrement été expulsé pour hérésie ou sortie de route dogmatique.

Michael Shellenberger vient de l’extrême gauche couleur verte. Il fut un pur et dur, végétarien, sandiniste, anti-nucléaire forcené et défenseur zélé des ENR (Energies renouvelables). Il est aujourd’hui revenu d’une vision morbide de l’écologie, qui voit l’espèce humaine comme au mieux une bactérie, au pire un parasite qu’il convient d’éliminer. Michael Shellenberger est un optimiste. Il considère que l’homme a tout a fait sa place sur terre et que le nucléaire est un atout majeur dans le jeu des énergies qu’il convient de conserver. Que dit-il ?

Le nucléaire représente une source d’énergie infinie, abondante. C’est l’énergie la plus propre et la plus sûre ! Michael Shellenberger.

Quel chemin parcouru ! Pourtant, Michael Shellenberger reste les pieds sur terre et n’hésite pas à dénoncer l’industrie nucléaire lorsqu’elle fait de mauvais choix. Ainsi, avec l’EPR, l’industrie a péché par Hybris : elle s’est prise pour Dieu en voulant rendre une copie parfaite, trop parfaite et donc trop couteuse et trop difficile à réaliser. Le niveau de sécurité du parc actuel (paliers P4 et N4 notamment) a depuis longtemps été éprouvé (250 années réacteurs d’expérience) et il n’y avait pas besoin de faire toujours plus, un peu comme Boeing avec son 737 Max.

En finir avec la mauvaise image du nucléaire

Pour Michael Shellenberger, le nucléaire souffre de l’image que lui ont laissé Hiroshima et Nagasaki. Peu importe les avancées que le nucléaire a permis à la médecine, les images des enfants brûlés par la bombe ont pollué l’inconscient collectif. Aujourd’hui, dans cet inconscient, nucléaire = Hiroshima + Tchernobyl + déchets = MORT. Le commun des mortels, étouffé par ses biais cognitifs, refuse d’aller plus loin ; d’examiner comment les déchets sont gérés, pourquoi un Tchernobyl n’est pas possible en France. Michael Shellenberger précise deux chiffres surprenants :

On estime à deux cents le nombre de morts par radiation provoquées par Tchernobyl. Fukushima, c’est zéro mort. La pollution à Paris c’est 2500 morts par an ! L’écart entre la perception du nucléaire et sa réalité est plus vaste que sur n’importe quelle autre technologie dans le monde. Michael Shellenberger


Michel Schellenberger dénonce le greenwashing

Michel Schellenberger démonte les totems des écolos. Il compare les 200 morts liés directement au nucléaire aux plusieurs millions (reconnus par l’OMS) liés par exemple à la biomasse !

Le nucléaire a sauvé (en Europe) autour de deux millions de personnes en ne brûlant pas d’énergies fossiles. Michael Shellenberger .

L’éolien : la fausse-bonne solution

Michel Schellenberger met en garde contre les faux-espoirs qu’entretiennent les tenants maladifs des ENR (éolien et solaire notamment). Il donne l’exemple de l’Allemagne qui, après avoir arrêté son parc nucléaire, a investi massivement dans les ENR : 400 milliards d€ ! Problème, le cout de l’électricité a augmenté de 50% et ses émissions de CO2 sont toujours aussi élevées, car il a fallu compenser l’arrêt du nucléaire par un recours massif aux énergies fossiles (gaz naturel notamment).

Les déchets : un faux-problème.

Michel Schellenberger les déchets représentent des quantités minimes : une piscine olympique pour 50 ans d’exploitation de parc nucléaire français. On se fait moins de soucis pour les petits Africains qui démantèlent nos panneaux solaires ou le sixième continent de plastique qui flotte au milieu du pacifique !

La décroissance ? Un mirage aux alouettes


Michel Schellenberger pose une question simple : connaissez-vous beaucoup d’individus autour de vous prêts à renoncer aux loisirs, à son mode de vie ? Quelques-uns sans doute. Mais les autres ? Ils ne rêvent que d’une chose : consommer ! D’ailleurs les revendications ne sont-elles pas toujours dirigées vers une augmentation du pouvoir d’achat, des pensions, des primes, du carburant peu cher… Personne ou presque en vérité n’est prêt à renoncer. Quel Président pourrait se faire élire sur un programme décroissant, c’est-à-dire prônant moins de consommation, moins de voitures, de voyages, de smartphones, de vacances au Pérou, d’ananas à la cantine, de chocolat et de café, de vidéo ou de musique en streaming, mais aussi moins de services publics ? Il ferait 3 %.

Et Greta Thunberg ?

Michel Schellenberger juge le programme de Greta Thunberg, qui promeut le retour au moyen-âge, comme puéril, même s’il admire le côté passionné de la jeune suédoise, il ne croit pas une seconde à la sincérité des manifestants qui se filment avec leur smartphone. et pensent à leur prochaine vacances.

En synthèse

Un avenir est possible sans renoncer à notre mode de vie à la condition qu’on laisse sa chance au nucléaire comme énergie de transition.

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