J’ai lu pour vous Le nucléaire et la question des déchets – un article de la SFEN

La France maîtrise la technologie du recyclage des combustibles nucléaires et dispose d’une filière complète de gestion des déchets radioactifs aux méthodes rigoureuses.

Un article de la SFEN

La France maîtrise la technologie du recyclage des combustibles nucléaires.

Aujourd’hui, 10 % de l’électricité nucléaire française est produite à partir de matières recyclées (combustible MOX à base d’oxydes de plutonium et d’uranium appauvri). La filière s’est fixée pour objectif de doubler ce taux d’ici 2030 (combustible MOX et reprise du recyclage de l’uranium de retraitement à partir de 2023).

Pour valoriser les matières nucléaires réutilisables et réduire les volumes de déchets finaux, la filière nucléaire a développé des solutions technologiques permettant le recyclage de 96 % des matières issues du combustible usé (plutonium et uranium dit de retraitement). Ces matières sont utilisées pour produire de nouveaux combustibles (MOX et combustible à l’uranium de retraitement enrichi).

La technique du recyclage permet de diviser par 5 le volume des déchets ultimes à vie longue (produits de fission, actinides mineurs). Ces derniers, dits déchets HAVL, sont conditionnés dans des matrices vitrifiées et des conteneurs en acier, sous une forme sûre et stable pour plusieurs centaines de milliers d’années, ce qui facilite les opérations d’entreposage et de stockage. La France dispose d’une filière complète de gestion des déchets radioactifs aux méthodes rigoureuses

Qu’est-ce que l’ANDRA ?

La France dispose d’un établissement public dédié, l’ANDRA, dont les activités sont contrôlées, comme pour tous les exploitants nucléaires, par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). L’ANDRA réalise et publie un Inventaire national des matières et déchets radioactifs produits en France par quelques 1 200 producteurs (industrie électronucléaire, laboratoires, centres de recherche, industries, hôpitaux, défense, etc.).

Déchets de très faible, de faible et de moyenne activités à vie courte (90% du volume total)

L’ANDRA a déjà mis en place des solutions de stockage pour 90 % du volume de déchets radioactifs produits en France (déchets de très faible, de faible et de moyenne activité à vie courte). Ces déchets, qui représentent une quantité réduite (de l’ordre de 2 kg par an et par personne) et un faible niveau de radioactivité, sont conditionnés et stockés en surface dans trois centres gérés par l’Andra. Ils continueront d’être surveillés le temps de la décroissance de leur radioactivité.

Déchets de moyenne et haute activités à vie longue (MAVL + HAVL = 10%)

Pour les 10 % restants (MAVL et HAVL), l’ANDRA étudie la création d’un centre de stockage (appelé Cigéo) situé dans une formation géologique stable, capable de confiner la radioactivité de ces déchets sur de très longues échelles de temps. Pour rappel, les déchets HAVL sont issus du recyclage des combustibles usés. Ces déchets sont très radioactifs et à durée de vie longue ; ils ne représentent toutefois que 0,2 % des déchets radioactifs produits en France.

Sait-on démanteler les centrales nucléaires ?

Au début des années 1990, les pratiques internationales étaient de privilégier le démantèlement d’une centrale nucléaire en mode différé, pour permettre la décroissance naturelle de la radioactivité de l’installation et donc faciliter son démantèlement. Une nouvelle méthode, inscrite dans la loi et promue par l’ASN, impose désormais que le démantèlement soit réalisé dans un temps aussi court que possible pour maintenir les compétences et transmettre de la mémoire des installations. Actuellement, neuf anciens réacteurs de production d’électricité sont en cours de démantèlement en France (ex : Brennilis en Bretagne).

On sait démanteler les réacteurs de la technologie utilisée pour notre parc nucléaire actuel, les réacteurs à eau pressurisée. Ainsi le réacteur de Main Yankee aux Etats-Unis a été totalement démantelé. En France, le chantier de démantèlement du réacteur de Chooz A dans les Ardennes, démarré en 2007, est conforme au planning et au budget. Son achèvement est prévu en 2022. Ces chantiers sont très réglementés, afin de réduire l’impact environnemental et d’assurer la sécurité des intervenants et prennent en moyenne 15 ans, après la délivrance du décret d’autorisation. L’enjeu n’est pas la faisabilité, mais les moyens d’optimisation des opérations pour gagner en efficacité.

Pour les trois autres technologies de réacteurs, qui sont en démantèlement aujourd’hui, un certain nombre de verrous technologiques ont été franchis ; d’autres défis font l’objet de programmes de R&D.

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