On a lu pour vous Louise Michel – La Commune. Histoire et souvenirs

Le pouvoir est maudit, c’est pour cela que je suis anarchiste. Louis Michel

Sur notre site partenaire : La philosophie des quatre chemins

I – L’agonie de l’Empire

Alors que l’Empire déliquescent de Badinguet, alias Napoléon III, ne tenait plus que par la répression et par la peur qu’inspiraient sa police et sa justice aux ordres, alors que les tensions avec l’Allemagne devenaient de plus en plus vives, alors que les naïfs criaient A Berlin ! que des intellectuels se mobilisaient pour la paix et que les ouvriers de toute l’Europe revendiquaient leur lien fraternel, la guerre fut déclarée le 15 juillet 1870.

Bien des symptômes avaient jalonné cette agonie de l’Empire. Le 28 septembre 1864 à Londres naquit l’Internationale, liant tous les déshérités par-delà les frontières. En France, elle se déclina en un conseil fédéral, un comité central, des clubs et des comités de vigilance dans chaque arrondissement de Paris. L’Empire effrayé considéra l’Internationale comme une société secrète et poursuivit les internationaux déclarés ennemis de l’Etat. A partir de mars 1868, les procès se succédèrent. Les peines, d’abord clémentes, devinrent de plus en plus lourdes et l’amende de 100 francs se transforma en un an de prison au fil des procès. Les derniers condamnés ne purgèrent pas leur peine compte tenu des événements qui suivirent. Malgré cette répression, travailleurs allemands et français s’échangeaient des lettres appelant à la fraternité.

Au début de l’année 1870, le meurtre d’un journaliste de 21 ans, Victor Noir, par le cousin de l’Empereur, ajouta à la colère populaire. Pierre Bonaparte, souhaitant regagner les bonnes grâces de Napoléon III, avec qui il était brouillé depuis qu’il lui avait publiquement reproché sa mésalliance, projeta en gage d’apaisement d’éliminer Henri Rochefort, virulent député d’opposition exprimant ses critiques dans son journal La Marseillaise. Bonaparte avait envoyé à Rochefort une lettre injurieuse le mettant au défi de passer chez lui pour organiser un duel à l’épée. Cette invitation était visiblement un piège du fait de son caractère fort peu protocolaire, un duel étant habituellement organisé non par les adversaires eux-mêmes mais par leurs témoins. Alors qu’il attendait Rochefort armé d’un pistolet, Bonaparte fut dérangé pour une toute autre affaire : Paschal Grousset, journaliste et opposant à l’Empire, lui envoyait ses témoins, comme il est d’usage, pour le provoquer en duel. Déçu et agacé par ce contretemps, le prince tira sur ses visiteurs, tuant Victor Noir et, par maladresse, laissant la vie à son compagnon. Devant l’émotion populaire, Pierre Bonaparte fut arrêté pour lui éviter le lynchage. A son procès, il prétendit avoir répondu à un soufflet de sa victime et ne fut condamné qu’à 25 000 francs d’indemnité à la famille. L’enterrement de Victor Noir rassembla une foule en colère de 200 000 personnes encadrée par 100 000 militaires prêts à noyer tout début d’émeute dans le sang. Malgré la tension extrême et la volonté de certains de faire route vers Paris, Victor Noir fut comme prévu enterré au cimetière de Neuilly et l’Empereur ne vacilla pas.

Pour détourner l’attention de ses desseins belliqueux, l’Empire organisait de fausses tentatives d’attentats. Des mouchards fournissaient des bombes à des opposants avant de les faire saisir par la police lors de perquisitions opportunes. Ainsi, à Blois, des opposants furent condamnés aux travaux forcés au moment où la guerre fut déclarée.

Dès les premiers jours de combat, alors que l’armée française se vantait de sa parfaite préparation, il s’avéra vite que tout manquait : vivres, munitions, médicaments. La désorganisation était telle qu’un général ne trouva pas ses soldats à son arrivée à Belfort. La totale incompétence de l’état-major conduisit à un enchaînement de défaites jusqu’à ce que l’armée française fût prise en étau à Sedan et qu’après un dernier bain de sang, l’empereur se rendît le 2 septembre 1870.

La suite ici

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s