J’ai lu pour Sagesse et Folie du monde qui vient, comment s’y préparer de Luc FERRY et Nicolas BOUZOU

Parce que le débat public en France est dominé par les pessimistes, ceux qui pensent que c’était mieux avant, que la mondialisation est mauvaise. Nous ne le pensons pas, mais nous ne sommes pas pour autant des optimistes. Nous observons les faits pour dresser un constat lucide de l’état du monde et des pistes pour en faire quelque chose de bien. Dans l’histoire de l’humanité, on a déjà connu d’énormes problèmes de tous ordres – guerres, famines, épidémies – mais finalement, l’humain a toujours réussi à trouver des solutions. La somme des connaissances accumulées et les promesses de la troisième révolution industrielle nous donnent une occasion d’œuvrer dans le domaine du progrès.  Nicolas BOUZOU.

Luc FERRY et Nicolas BOUZOU nous proposent une lecture du monde actuel à contre-courant du pessimisme ambiant qui semble avoir envahi notre environnement. De France Info au Monde, de Media Part à Libération, la sphère médiatique entretient ce pessimisme en dressant, à longueur d’articles, un tableau erroné de l’état de notre démocratie, de l’Europe, de notre santé,… Comme le dit Luc Ferry :  » On ne fait pas de gros titres avec des trains qui arrivent à l’heure ! « .

Bernanos disait que si les optimistes sont des imbéciles heureux, les pessimistes ne sont en général que des imbéciles malheureux. Ce n’était pas très gentil, mais assez bien vu. Notre livre plaide pour qu’on échappe enfin à ces deux catégories de la bêtise humaine pour tenter d’abord et avant tout de comprendre le monde qui vient. Luc FERRY.

Luc FERRY et Nicolas BOUZOU ne veulent pas nous forcer à l’optimisme : ils cherchent juste à remettre les pendules à l’heure, établir des faits à partir de statistiques reconnues qui montrent que la qualité de vie (au sens large du terme : liberté, santé, démocratie, éducation..) en Europe aujourd’hui est de loin la meilleure que le monde ait connue. A titre d’exemple, il n’a jamais été aussi simple (même si les auteurs ne nient pas des difficultés) :

  • de se procurer des fruits frais ou des œufs bon marché ;
  • de se soigner ;
  • d’exprimer librement ses opinions ;
  • de vivre son homosexualité ;
  • de se promener dans la rue (le taux d’homicide n’a jamais été aussi bas) ;
  • de vivre âgé et en bonne santé (l’espérance de vie à 60 ans en bonne santé n’a jamais été aussi élevée) ;
  • de rouler sur nos routes sans risquer de se faire écrabouiller ;
  • de recourir aux aides sociales en cas de coup dur ;
  • de vivre son enfance sans être contraint aux travaux miniers ;
  • de voter si on est une femme ;

Nous proposons une analyse lucide et appelons une action politique courageuse. C’est tout à fait différent. Le pessimisme d’Alain Finkielkraut ou de Régis Debray me semble injustifié car il oublie les formidables progrès que l’économie de marché permet de réaliser dans la santé, les transports, la diffusion de la culture ou l’énergie. Nicolas BOUZOU.

La vision pessimisme est entretenue par des idées reçues souvent entachées d’erreurs de raisonnement. Nicolas BOUZOU donne ainsi l’exemple du cancer : la doxa dénonce l’augmentation des cas de cancers liés, soit-disant, à notre environnement. Nicolas BOUZOU rappelle que la cancérologie a montré que le pic d’apparition des cancers se situe autour de 66 ans. Or, l’espérance de vie a atteint 66 ans au milieu des années 70. Avant, on ne mourait pas de cancers mais de variole ! Le cancer est une maladie de gens âgés, classe d’âge qui n’existait pas (en termes statistiques) dans la première moitié du XXème siècle. Il est fort à parier que la victoire sur le cancer allongera l’espérance de vie et fera apparaitre d’autre maladies du type neurodégénérative. Lorsque l’on tue un monstre, un autre plus terrifiant nous attend dans la pièce suivante.

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Espérance de vie depuis 1948

Les inégalités se creusent ?

Autre exemple : les idées reçues veulent que les inégalités se creusent et que les aides sociales soient sans cesse rabotées au profit des méchants capitalistes. C’est tout simplement faux : les inégalités n’ont jamais en Europe été aussi faibles. L’extrême pauvreté a pratiquement disparu, les effectifs des classes moyennes ont grossi de manière exponentielle. Le système de redistribution en France impose que 51% du budget de L’État soient consacrés aux aides sociales, aux retraites (c’est un record mondial). Nicolas BOUZOU et Luc FERRY ne nient pas que des gens soient extrêmement riches. Mais ils ne veulent pas que ces cas particuliers occultent la réalité des chiffres.

Le graphique du Monde ci-dessous présente en effet ce qui ressemble à des inégalités qui se creusent (facteur 7). Mais il est en grande partie mensonger : les haut-revenus payent en effet jusqu’à 45% d’impôts sur le revenu et c’est très bien. Les faibles revenus touchent les aides sociales. Si on retrace le graphique en considérant ces deux paramètres, le facteur est réduit à 2.5 ! Ce qui est un record mondial. Voilà comment un média sérieux trompe la réalité des chiffres. Ceci dit, faire une Une avec des inégalités à 2.5 n’est pas très vendeur.

En synthèse

Luc FERRY et Nicolas BOUZOU nous invitent à voir lecverre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, à avoir confiance en l’homme, en sa capacité de relevé des défis par l’innovation qui nécessite un écosystème qui libère l’esprit d’initiative. La justice plutôt que le liberté !

Sur ce point, Luc FERRY cite abondement Robespierre qui à force de vouloir l’égalité parfaite a mis en place un système de Terreur (1792) dont l’objectif fut de couper (au sens propre) toutes les têtes qui dépassaient. Les multiples expériences communistes ont montré que l’égalité imposée (car elle ne peut être qu’imposée) a conduit à des sociétés appauvries par l’extinction de l’innovation, de la prise de risque, de l’esprit d’entreprise.

 Aujourd’hui, la quasi-totalité des intellectuels français sont issus de l’extrême gauche. Tout ce qui est resté, c’est la haine du libéralisme, de l’innovation et des géants du numérique. Ils sont passés du marxisme au pessimisme. Mais ça n’a rien à voir avec les faits. Ils s’en foutent, des faits. Ils sont dans l’idéologie. Mais ce libéralisme qu’ils détestent est la seule organisation économique capable de produire des richesses et de l’innovation. Luc FERRY.

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