J’ai lu pour vous Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique de Kant (1784)

1784. La Révolution n’a pas encore commencé, mais les premiers soubresauts secouent déjà les fondations de la vieille monarchie française. Les Lumières de Voltaire, Rousseau et les autres commencent à éclairer les esprits lorsque Kant écrit son Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique.

J’ai lu pour vous Idée d’une histoire universelle d’un point de vue cosmopolitique de Kant (1784)

Kant, depuis son Allemagne natale, voit toute l’agitation qui s’empare de l’Europe, les progrès de la science et de la pensée, l’histoire qui avance. Et il se pose une question : Y a -t-il un sens général ? Y a-t-il une fin déterminée vers laquelle l’histoire des hommes se dirige ? La nature n’a telle pas toujours imposé à l’homme un chemin ? N’a-telle pas réfléchi à un parcours depuis l’époque reculée où il vivait comme un animal sans Loi (à part celle du plus fort) jusqu’à cette société civile dans laquelle il a organisé la vie en groupe ? Un parallèle avec la notion d’entropie en physique est évident : le premier principe de la thermodynamique montre en effet que la nature inéluctablement suit un chemin prédéterminé (mais dans un sens inverse) d’un état ordonné vers un état désordonné.

Quelques obstacles

Kant suppose que l’homme est libre de ses choix, qu’il dispose d’un « libre-arbitre ». Comment alors, avec une telle hypothèse, considérer que le chemin soit tracé d’avance ? Peut-être n’est-il pas si libre que ça…

En cherchant le sens de l’histoire, Kant rencontre une seconde difficulté : il faudrait qu’il en connaisse les moindres détails. Kant propose alors de se limiter au sens « général » ; il propose une métaphore atmosphérique, faite d’une succession irrégulière d’événements apparemment chaotiques (tempêtes sécheresse, pluies,…) qui n’empêche pas l’histoire générale des plantes (germination, croissance, fructification…). Les actions individuelles des hommes (mariages, divorces, morts…) n’empêchent pas non-plus leur histoire universelle d’avancer vers un but.

Kant se demande aussi pour quelle raison l’histoire ne se dirige-t-elle pas en ligne droite. Pourquoi faut-il qu’elle emprunte les cases du communisme, du nazisme avant d’arriver au paradis sur terre ? La nature de l’homme, à mi-chemin entre l’animal impulsif et l’être complètement raisonnable, explique sans doute ces détours.

En synthèse

Pour Kant,, l’histoire suit les lois naturelles vers un but précis. L’homme peut l’aider, ou quelque fois la ralentir, grâce à sa raison, mais ne peut la contrarier sur le long terme.

Quitter la nature

Kant semble avoir puisé pas mal d’idées chez Rousseau : il considère en effet, comme l’auteur du Contrat social, que l’homme s’est organisé en société non par altruisme, mais parce qu’il s’est rendu compte qu’en groupe organisé il était plus fort. L’état de nature était un état de guerre perpétuelle de tous contre tous. Le groupe est devenu synonyme de sécurité. C’est donc par pur égoïsme (naturel chez lui) que l’homme a décidé de s’associer à ses semblables. La nature de l’homme a fait son œuvre et elle va continuer.

Le Contrat social

La vie en groupe nécessite une organisation. L’homme doit apprendre à respecter son semblable, pour que les faibles ne soient pas naturellement écrasés par les forts, car ce serait un retour à l’état de nature où l’homme est un loup pour l’homme (Hobbes). Il faut donc un Contrat social pour contraindre par la loi les individus à renoncer à leur pouvoir individuel de nuisance. C’est donc poussé par son instinct naturel l’homme écrit les Lois, fonde un État, une police et une justice.

Le commerce c’est la paix

Les liens qui se tissent entre les hommes par le commerce les rendent interdépendants. Nuire à ses clients, à ses fournisseurs, c’est se nuire à soi-même. Par le commerce, sans le vouloir, les hommes font communauté. Le libre-échange n’est pas que matériel car il permet aussi la diffusion des idées, notamment celles théorisées par les les Lumières.

La société des nations

Avec la constitution de l’Etat, l’homme est parvenu à prévenir la guerre entre les individus. En revanche, la guerre entre États reste possible. L’homme cherche donc un moyen d’éviter ces immenses souffrances potentielles que constitueraient une guerre entre Etats. Kant a-t-il anticipé la création de l’ONU ? En attendant, les échanges entre État assurent la même fonction que le commerce entre les individus : ils créent l’inter-dépendance et garantissent, jusqu’à un certain point, la paix.

Pour Kant, l’histoire se moque donc des petits soubresauts. Elle suit un plan général inscrit dans la nature, qui l’emmène vers une société de plus en plus organisée où la paix et la liberté prennent une place de plus en plus importante.

Kant est un optimiste.

Marx reprendra cette idée en considérant que le bout du chemin se trouve dans le communisme, fin inéluctable inscrite dans les contradictions de la société capitaliste.

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