J'ai lu pour vous Le manifeste du parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels

1840. Les monarques sont tombés un peu partout en Europe sous les coups de boutoir de la grande bourgeoisie. En France, on s’est même essayé à la République. Mais les serfs de feu la société féodale ne sont sont pas libérés pour autant. En quittant les campagnes, ils se sont certes débarrassés des cordes dans lesquelles les Grands-Seigneurs les entravaient, mais ce fut pour en trouver d’autres : celles qui les attendaient dans les grandes manufactures, puis les grandes usines. Deux classes se sont alors constituées : celles des propriétaires des moyens de production (les capitalistes) d’un côté et celle des prolétaires (les ouvriers) de l’autre ; les premiers volant le travail des seconds. Le salaire est en effet une illusion. Il ne paie pas le travail à sa juste valeur. Avec le salaire, le prolétaire dispose du strict nécessaire pour conserver sa force de travail et se reproduire pour préparer la prochaine génération d’exploités. En ce sens, le travailleur n’est pas libre et le salaire est sa nouvelle entrave :

Le domaine de la liberté commence là où s’arrête le travail déterminé par la nécessité. Karl Marx.

Pour Marx, le travail est à la fois source de liberté (vis à vis de la nature) mais aussi d’aliénation (au Capital). Le propriétaire, quant à lui, ne travaille pas. Il se contente d’accumuler de la plus-value qui n’est autre que la spoliation d’une partie du travail des ouvriers. Cette plus-value lui permet d’accroitre encore son capital. Le prolétaire ne peut jamais de son côté acquérir de capital. A vitam æternam, il ne pourra vendre que sa force de travail. Et le système se fige ainsi en deux classes distinctes et ennemies.

Mais est-ce que le travail salarié, le travail du prolétaire lui crée de la propriété ? Nullement. Il crée le capital, c’est-à-dire la propriété qui exploite le travail salarié, qui ne peut s’accroître que sous la condition de produire du travail salarié supplémentaire et de l’exploiter à nouveau. La propriété, sous sa forme actuelle, se meut dans l’opposition entre capital et travail salarié. Les prolétaires n’ont que leur force de travail à vendre. Karl Marx.

Marx et Engels annonce la fin de l’histoire ; Le capitalisme créant sa propre négation, elle prendra la forme d’une société sans classe, uniforme sans salariat, où l’égalité sera intégrale : le communisme. Force est de constater qu’ils se sont trompés.

J’ai lu pour vous Le manifeste du parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels

Marx et Engels ont co-rédigé cette œuvre, destinée à poser des bases scientifiques solides sur lesquelles les Communistes pourraient s’appuyer. L’idée d’une Internationale ouvrière (« Les ouvriers n’ont pas de patrie ») était déjà présente dans le Manifeste qui dès le départ avait donc une vocation mondiale.

Ces ouvriers, contraints de se vendre au jour le jour, sont une marchandise au même titre que tout autre article de commerce. Karl Marx.

L’interprétation de l’histoire

Kant, puis Hegel voyaient dans le mouvement de l’histoire l’intervention d’une « Idée » abstraite, une sorte d’esprit qui emmènerait naturellement les hommes vers une société libre. L’histoire, pour Hegel, serait une succession de thèses et d’antithèses qui trouverait sa résolution dans une « synthèse » reflétant la vérité du monde (dialectique hégélienne). Ainsi, la Révolution s’est-elle opposée à la Monarchie ; Napoléon assurant la synthèse de l’ensemble avant d’être lui-même nié par la Restauration…

Rejetant cette attitude contemplative, Marx et Engels montrèrent au contraire que c’est le développement matériel des moyens de production (matérialisme dialectique) et la lutte des classes qui s’en suit qui seraient le moteur de l’histoire ; les hommes ont fait l’histoire doivent encore changer son cours par la révolution.

Les philosophes (notamment Hegel) ont seulement interprété différemment le monde, ce qui importe, c’est de le changer. Karl Marx.

L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. Karl Marx.

Contre la propriété privée

Rousseau avait dit que le premier homme qui avait enclos un terrain et avait dit « ceci est à moi » et avait trouvé des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile. Proudhon était allé plus loin en affirmant que :  » la propriété c’est du vol ». Marx enchaine en voulant abolir l’idée même de propriété privée

Vous êtes saisis d’horreur parce que nous voulons abolir la propriété privée. Mais, dans votre société, la propriété privée est abolie pour les neuf dixièmes de ses membres. C’est précisément parce qu’elle n’existe pas pour ces neuf dixièmes qu’elle existe pour vous. Vous nous reprochez donc de vouloir abolir une forme de propriété qui ne peut se constituer qu’à la condition de priver l’immense majorité de la société de toute propriété. Karl Marx.

Le capitalisme porte en lui sa propre négation

En regroupant les hommes au sein des usines, le capitalisme leur a donné une conscience de classe aux intérêts communs. Cette association porte en elle les germes de la Révolution violente qui conduira à la destruction du capitalisme que Marx voyait à très court terme…

Mais la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui la mettent à mort: elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes_les ouvriers modernes, les prolétaires. Karl Marx.

La société : superstructure de la classe dominante

Pour Marx la société, ses lois, sa police et sa justice sont depuis toujours au service de la classe dominante (la Bourgeoisie).

Le gouvernement moderne n’est qu’un comité administratif des affaires de la classe bourgeoise. Karl Marx.

Vive la révolution

Le Prolétariat doit prendre par la force les commandes de la société pour la forger en fonction de son propre intérêt (celui de la majorité). Marx et Engels rejettent les théories trop tièdes des utopistes comme celle de Proudhon : il ne faut pas s’arranger avec le pouvoir en place mais le combattre et l’anéantir. La dictature du prolétariat doit être la règle. Proudhon avait écrit Philosophie de la misère. En réponse Marx écrivit Misère de la philosophie.

Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l’intérêt général. Karl Marx.

Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Alors pourquoi ça ne marche pas ?

Marx avait établi des bases scientifiques, selon lui incontestables. Elles devaient libérer l’homme. Pourtant, tous les grands penseurs ‘Lénine, Mao, Ho Chi Minh, Castro…) qui ont essayé de mettre en pratique ces grandes idées ont contribué à fonder des sociétés dictatoriales et sanguinaires. Pourquoi ?

Marx avait semble-t-il oublié ce qu’est profondément l’homme. L’homme, comme l’a montré Rousseau, Freud, Nietzsche et bien d’autres, voit essentiellement dans ses actions son propre intérêt. Il est la vie qui cherche à persister dans son être. S’il associe dans un syndicat, un parti politique, c’est avant tout pour garantir la pérennité de son bien être. Il est prêt à faire la révolution si cette dernière lui est bénéfique.

Faites d’un prolétaire un bourgeois, et il troquera ces certitudes ouvrières pour celles d’un capitaliste.

Ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. Karl MARX.

Une dimension dictatoriale

Le régime communiste porte en lui une dimension forcément dictatoriale : toute contestation est a priori une remise en cause de la vérité qui, par définition, est unique (La Pravda signifie d’ailleurs « la vérité »). Elle doit donc être corrigée (rééduquée). Combien de millions de contestataires ont-ils garni les goulags et autre centres de rééducation ? La liberté est donc relative car elle exclut celle de penser

Un chef d’œuvre inefficacité

Le salaire ayant disparu, le travail n’est pas rétribué au mérite. Peu importe la valeur de l’individu, son ardeur au trail, sa récompense sera la m^me. Pourquoi dans ces conditions faire des efforts ? Aucun. La Chine de Mao (le grand bon en avant), l’Union soviétique de Staline (la collectivisation des terres), malgré des terres fertiles et des millions de paysans ont vécu les pires famines de histoire.

Une brève biographie de Karl MARX

Karl Heinrich Marx (1818-1883) fut d’abord journaliste (Gazette rhénane). Il fit la connaissance à Paris de Engels (fils d’un propriétaire de manufacture de Manchester), avec qui il crée, en 1847, la Ligue des communistes. Les deux amis apportèrent au mouvement les bases théoriques dont il avait besoin au travers du « Manifeste du parti communiste« . 1848 est l’année des Révolutions manquées, de Paris à Berlin, forçant Marx à se réfugier à Londres. Il en profite pour réunir la première internationale ouvrière et pour rédiger son œuvre majeurs Le Capital, dont le premier thème ne sera publiée qu’en 1867. Engels travaillera sur les brouillons pour publier les deux tomes suivants. Marx donna bien entendu naissance au mouvement qui porte son nom : le Marxisme qui prendra plusieurs formes, la plupart sanglantes et dictatoriales.

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